Conclusions que tire l'Empereur de son entretien avec le duc de
Vicence.--Il ne croit plus à l'imminence des hostilités et ralentit ses
préparatifs.--Il soupçonne plus fortement Alexandre de vouloir un
lambeau de la Pologne, mais réserve jusqu'à plus ample informé ses
déterminations finales.--Baptême du roi de Rome.--Coups de sifflet au
Carrousel: placards séditieux.--Tchernitchef relève ces
symptômes.--L'Empereur à Notre-Dame.--Discours au Corps législatif:
allusions à la Pologne.--Lauriston rappelé à la fermeté.--Difficulté de
trouver un moyen de se rapprocher et de s'entendre.--Les préparatifs de
guerre se développent en silence.--L'Europe moins inquiète.--La
diplomatie et la société en villégiature.--Stations thermales de la
Bohême.--Tableau de Carlsbad.--Madame de Recke et son barde.--Opérations
de Razoumowski.--La discussion continue à Pétersbourg.--Le dissentiment
entre les deux empereurs devient moins aigu et plus profond.--Influence
d'Armfeldt.--Alexandre prend le parti de ne plus traiter: il adopte à la
même époque le plan militaire de Pfuhl.--Ses raisons pour se dérober à
tout arrangement et perpétuer le conflit.--Il décline la médiation
autrichienne et prussienne.--Procédés évasifs et dilatoires.--Napoléon
s'aperçoit de ce jeu et constate en même temps de nouvelles infractions
au blocus.--Explosion de colère.--La journée du 15 août aux
Tuileries.--Audience diplomatique: la salle du Trône.--Prise à partie de
Kourakine.--Napoléon déclare qu'il ne cédera jamais un pouce du
territoire varsovien.--Son langage coloré et vibrant: ses comparaisons,
ses menaces.--Kourakine tenu longtemps dans l'impossibilité de placer un
mot.--Coup droit.--Trois quarts d'heure de torture.--_Travail avec Sa
Majesté._--Napoléon fait composer sous ses yeux un mémoire justificatif
de sa future campagne: importance de cette pièce: elle fait l'historique
du conflit et met supérieurement en relief le noeud du
litige.--Pernicieuse logique.--Raisons qui empêchent Napoléon de faire
droit aux désirs soupçonnés de la Russie.--Le duché de Varsovie et le
blocus.--La guerre est à la fois décidée et ajournée.--Napoléon se fait
une règle de prolonger avec Alexandre des négociations fictives, de
préparer lentement ses alliances de guerre et de donner à ses armements
des proportions formidables: il fixe au mois de juin 1812 le moment de
l'irruption en Russie.