LA SÉROTHÉRAPIE DE LA LÈPRE.

Aurions-nous un sérum antilépreux? Il le semblerait, d'après les

recherches que vient de faire connaître un médecin anglais, M. E. Rost,

dans le _British medical Journal_. Ce médecin a obtenu une léprine, une

lymphe curative, par la culture du bacille de la lèpre et il l'emploie

en injections sous la peau. Comme la tuberculine dans les cas de lupus,

la léprine détermine chez le lépreux une fièvre assez intense de

quelques jours de durée et des réactions locales au niveau des lésions.

Mais, après ce tumulte qui est éphémère, on observe des signes très

satisfaisants: les parties anesthésiées reprennent leur couleur et leur

sensibilité; les douleurs lancinantes et la pesanteur des jambes

disparaissent; les ulcérations se cicatrisent; les parties gangreneuses

se détachent; laissant derrière elles des plaies qui guérissent sans

peine. M. Rost a expérimenté sur une centaine de malades et a obtenu

quatre guérisons complètes. Chez les autres sujets, l'amélioration a été

telle qu'elle équivaut presque à une guérison, les progrès du mal ayant

été totalement arrêtés. Ces résultats sont très encourageants et il faut

espérer que la léprine tiendra les promesses qu'elle semble faire. La

lèpre est une maladie devenue très rare dans notre région; mais il reste

encore beaucoup de lépreux dans la région de la Méditerranée orientale,

dans celle du Pacifique, en Asie et dans les pays Scandinaves.

L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905 · 第 26 / 29 题