Le duc d'Audiffret-Pasquier vient de s'éteindre à l'âge de
quatre-vingt-deux ans, à Paris, où il était né en 1823. Depuis assez
longtemps déjà, il vivait effacé, après avoir joué un rôle politique
considérable pendant la première période du régime actuel. Député de
l'Orne à l'Assemblée nationale de 1871, il prit une place influente au
centre droit, dans le groupe orléaniste, et, comme président de la
Commission chargée de l'examen des marchés conclus pendant la guerre, il
prononça des discours véhéments qui le classèrent d'emblée au rang des
leaders de la majorité.
Il contribua très activement à la chute de M. Thiers, à la fusion des
deux branches de la famille de Bourbon et aux tentatives de restauration
monarchique; mais, celles-ci ayant échoué, il se rapprocha du centre
gauche libéral, vota la Constitution de 1875 et fut élevé à la
présidence de l'assemblée. Il devait plus tard devenir président du
Sénat, dont il avait été élu membre inamovible, en tête de la liste.
Bien qu'il n'eût aucun bagage littéraire, le duc d'Audiffret-Pasquier
appartenait, depuis 1878, à l'Académie française, où il hérita du
fauteuil de Mgr Dupanloup; suivant une de ses traditions, la Compagnie
avait voulu surtout honorer en lui l'éloquence parlementaire.
[Illustration: _Phot. Piriou, boul. Saint-Germain._ M.
d'Audiffret-Pasquier.]
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