Jeudi, l'Académie française appelait à elle, pour remplacer M. Eugène
Guillaume, M. Étienne Lamy, élu au premier tour de scrutin par 21 voix
contre 12 à M. Maurice Barrés.
[Illustration: Phot. H. Manuel. M. Étienne Lamy.]
Le nouvel académicien est peu connu du grand public, moins, par exemple,
que M. Maurice Barrés, qui fut son concurrent le plus redoutable dans
cette lutte. Leurs carrières, pourtant, offrent quelque analogie. Tous
deux firent un temps de la politique et la quittèrent un jour pour la
littérature. M. Étienne Lamy, en effet, de 1871 à 1881, a représenté à
l'Assemblée nationale, puis à la Chambre des députés, le Jura, son
département d'origine. Mais ses ouvrages, graves études historiques ou
traitée politiques, avec les hauts problèmes qu'ils soulèvent, sont peu
faits pour séduire les foules, malgré leur forme impeccable, châtiée.
Seuls, des sociologues, des historiens ont pu apprécier la sévère tenue
du _Tiers Parti_, de _l'Assemblée nationale et la Dissolution_, des
_Études sur le second Empire_, de la _France du Levant_; et, sans doute,
celui de ses ouvrages qui eut le succès le plus étendu, ce furent ces
savoureux _Mémoires d'Aimée de Coigny_, la «jeune captive» de Chénier,
qu'il édita plus récemment et qui avaient tout l'attrait d'un attachant
roman.