FIN.

Notes des Éditeurs:

[1] Ceux-là seuls qui ont étudié de près en Angleterre le

fonctionnement de la charité légale, peuvent dire ce que le

protestantisme a fait pour les pauvres en leur enlevant les sœurs de

chanté et les religieux hospitaliers. A eux de contrôler le tableau que

présente ici Dickens; fût-il chargé, il en reste assez pour juger la

philanthropie.

[2] Soulignons ce passage pour remarquer que Dickens était un de ces

penseurs mécontents de tout le monde, chez lesquels le jugement n’est

pas à la hauteur de l'imagination et de I’esprit. Critiquer,

ridiculiser à peu près tout sans réfléchir sur les conséquences de

leurs railleries, voilà leur préoccupation exclusive. Il prend ici à

part les marins; mais pour empêcher ces sortes de _digestion qu’ils

aiment_, qu’oppose-t-il de sérieux remède, en admettant que cela soit

vrai? Le lecteur donc ne se ferait que des idées fausses sur les hommes

et sur les choses, s’il s’en rapportait à ces exagérations, qui

n’ont pour premier but que celui de l’amuser par leur spirituel

agencement.

[3] Ainsi qu’en sera aisément convaincu le lecteur par la suite de ce

récit, Dickens tombe encore ici dans l'exagération. Qu'un enfant soit

maltraité, méprisé, persécuté parce qu'il est né de parents

indignes et dans des conditions malheureuses, assurément cela est de

toute injustice, puisque lui est innocent. Mais de ce que, par suite de

cette circonstance, il trouve dans ce monde des obstacles qu’un enfant

né d'une véritable famille honnête n’a pas à vaincre, en conclure

contre l'inhumanité des hommes et leurs institutions et leurs lois,

c’est de la déraison, c’est le renversement de tout ordre social,

c’est la démoralisation décrétée en 1793.

[4] Quelque fondée que puisse être particuliérement en Angleterre la

défaveur attachée au nom de _juif_, nous ne saurions approuver cette

qualification continuellement appliquée ici à un type de

scélératesse. Il n’y a pas seulement que des juifs dans les tavernes

de bandits et les bagnes. Le fils d’Israël croit à Dieu, à

l’immortalité de l'àme etc. Donc, englober tous les juifs dans la

même accusation à cause de quelques exceptions, c’est exagérer, plus

que cela, c’est manquer de justice. Fagin est étranger a toute

croyance; mieux valait par conséquent, et ce n’eût été calomnier

aucune croyance, simplement l'appeler l'_Apostat_ ou le _Rénégat_, etc.

Pareil être doit s’attendre à tout.

[5] Moulin mis en action par des hommes.

[6] Assises qui se tiennent quatre fois l’année pour juger certaines

causes civiles ou criminelles.

[7] Un des principaux marchés de Londres.

[8] Dickens omet toujours d’indiquer une condition première, pourtant

un moyen indispensable pour arriver à la perfection d’Olivier. Que

quoique né d’une mère coupable, cet enfant aime et pratique cependant

la vertu dans un certain degré, cela se peut, cela se voit quelquefois.

Mais que la nature seule produise cet effet sans l’aide d'aucune

espèce de religion (Dickens est muet sur ce point), que ce fruit

particulier et divin de la prière et de la grâce naisse et grandisse

ainsi de lui-même, comme une production spontanée de la nature, c’est

faux, c’est contraire à l'expérience de chaque jour.

[9] Pour peu que le lecteur connaisse de romans protestants, il ne

s’étonnera pas que toujours le beau rôle, la vertu la plus pure,

soient le lot des pasteurs ou ministres. Cette façon de soutenir

l’erreur est une sorte de calomnie qui n’est pas sans effet. Heureuse

encore cette Eglise abhorrée qu’ils appellent _papisme_, si

quelques-uns de ses prêtres ou religieux n’y figurent pas comme

d’hypocrites scélérats.

Olivier Twist: Les voleurs de Londres · 第 60 / 60 题