Partir! Enfin partir! Plus de mines boudeuses!
Adieu la classe, adieu les maîtresses grondeuses,
L’éternelle leçon que prolonge l’ennui,
Et nos loisirs si courts durant ces longues heures,
Dont le _pensum_ taquin dérobait les meilleures,
Avant que ce beau jour eût lui.
Enfin, enfin, on peut causer, rire à son aise,
Travailler quand il plaît; si le travail nous pèse,
Remettre au lendemain; et, dans un doux repos,
Dans ce calme suave, appelé ne rien faire,
Mollement affaissée aux bras d’une bergère,
Perdre le jour en gais propos.
Plus de censeur chagrin qui toujours nous surveille,
Devine le secret qu’on murmure à l’oreille,
Jamais las de crier: Fanny, je ne veux pas,
Au lieu de m’écouter que l’on rie et badine;
A son babil en vain on met une sourdine,
Je sais bien que vous parlez bas.
Pourquoi toujours ainsi, comme un lutin qui rôde,
Ce regard inquiet allant à la maraude?
Lucile, on vous surprend bien souvent au miroir,
Le front dans votre main, sur l’effet d’une pose,
La grâce d’un bonnet, d’un chiffon blanc ou rose,
Pensive à rêver tout un soir.
Lise, vos petits airs de linotte en colère,
Et ces gestes mutins ont l’art de me déplaire!
Claire, ces jeux bruyants ne sont pas de saison,
.... Jamais vit-on pareille esclandre!
Finissez donc! Vraiment on dirait, à l’entendre,
Que le feu prend à la maison!
Et cent autres discours qui font tomber des nues!
Il faudrait, pour avoir des façons ingénues,
Singer ce bon Indou qui, d’un air endormi,
Marche comme à tâtons, n’osant ouvrir la bouche,
De peur, ô crime affreux, d’avaler une mouche,
Ou d’écraser une fourmi.
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