Les hommes haussèrent les épaules:--«Oh! après ce temps-là! pour sûr.»

Puis l'un d'eux interrogea:--«C'est chez Grillon qu'il logeait?»--«Oui,

reprit l'autre; faut le reconduire, y aura de la braise.»

Ils remontèrent dans leur bateau et repartirent, s'éloignant lentement à

cause du courant rapide; et longtemps encore après qu'on ne les vit plus

de la place où les femmes étaient restées, on entendit tomber dans l'eau

les coups réguliers des avirons.

Alors Pauline prit dans ses bras la pauvre Madeleine éplorée, la câlina,

l'embrassa longtemps, la consola:--«Que veux-tu, ce n'est point ta

faute, n'est-ce pas? On ne peut pourtant pas empêcher les hommes de

faire des bêtises. Il l'a voulu, tant pis pour lui, après tout!»--Puis,

la relevant:--«Allons, ma chérie, viens-t'en coucher à la maison; tu ne

peux pas rentrer chez Grillon ce soir.--Elle l'embrassa de

nouveau:--«Va, nous te guérirons,» dit-elle.

Madeleine se releva, et, pleurant toujours, mais avec des sanglots

affaiblis, la tête sur l'épaule de Pauline, comme réfugiée dans une

tendresse plus intime et plus sûre, plus familière et plus confiante,

elle partit à tout petits pas.

La Maison Tellier · 第 31 / 41 题