C'est d'après le recueil de Musset-Pathay que nous avons donné en
partie les paroles adressées par le roi de Navarre à Henri III, en
l'abordant à Plessis-lès-Tours. Elles sont peu connues, mais on ne
peut guère douter de leur authenticité, tant elles sont conformes, par
la pensée et par l'expression, au langage habituel de Henri. (_Page
285._)
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Voici le texte complet de la lettre reproduite en fac-simile:
«Monsieur de Batz, j'ai entendu avec plaisir les services que vous et
M. de Roquelaure avez faits à ceux de la Religion, et la sauveté que
vous particulièrement avez donnée, en votre château de Suberbies, à
ceux de mon pays de Béarn, et aussi l'offre, que j'accepte pour ce
temps, de votre dit château. De quoi je vous veux bien remercier, et
prier de croire que, combien que soyez de ceux-là du Pape, je n'avais,
comme vous le cuydiez, méfiance de vous dessus ces choses. Ceux qui
suivent tout droit leur conscience sont de ma religion, et moi je suis
de celle de tous ceux-là qui sont braves et bons. Sur ce, je ne ferai
la présente plus longue, sinon pour vous recommander la place qu'avez
en mains, et d'être sur vos gardes, pour ce que ne peut faillir que
n'ayez bientôt du bruit aux oreilles. Mais de cela je m'en repose sur
vous, comme le devez faire sur
«Votre plus assuré et meilleur ami.
«HENRY.»
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Le portrait placé au frontispice a été _révélé_ dans les _Châteaux
historiques de la France_. Il fait partie de la galerie des tableaux
du château de Sully-sur-Loire.
Le roi de Navarre «approche de la trentaine; l'œil est vif, le teint
clair, la bouche narquoise, la barbe terminée en pointe, ce qui était
encore la mode à ce moment». La date approximative de 1580 peut être
placée au bas de ce portrait.