Le désert donne à l'homme un affranchissement
Tout pareil à celui de ce fier élément;
À chaque pas qu'il fait sur sa route plus large,
D'un de ses poids d'esprit l'espace le décharge;
Il soulève en marchant, à chaque station,
Les serviles anneaux de l'imitation;
Il sème, en s'échappant de cette Égypte humaine,
Avec chaque habitude, un débri de sa chaîne...
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Ces murs de servitude, en marbre édifiés,
Ces balbeks tout remplis de dieux pétrifiés,
Pagodes, minarets, panthéons, acropoles,
N'y chargent pas le sol du poids de leurs coupoles;
La foi n'y parle pas les langues de Babel;
L'homme n'y porte pas, comme une autre Rachel,
Cachés sous son chameau, dans les plis de sa robe,
Les dieux de sa tribu que le voleur dérobe!
L'espace ouvre l'esprit à l'immatériel.
Quand Moïse au désert pensait pour Israël,
À ceux qui portaient Dieu, de Memphis en Judée,
L'Arche ne pesait pas... car Dieu n'est qu'une idée!
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