LA VOIX DES MORTS

Elles entrèrent. Il était un peu plus de deux heures et demie: Me

Porterieux, venimeux et insolent, achevait de plaider. Aux

tribunes et dans la salle, le public se pressait, gens du monde et

gens du peuple confondus, pour happer la curée chaude que leur

servait l’avocat, expert et cruel veneur, avec le coeur palpitant

des Roquevillard. On remarqua la présence des deux jeunes filles

qui, la porte franchie, hésitaient dans leur marche.

--Elles viennent chercher des maris, expliqua l’avoué Coulanges

qui, assisté de Me Paillet, faisait au premier rang du balcon les

honneurs de l'audience à quelques dames de la société et qui, pour

cette raison, se croyait tenu de montrer de l’esprit.

--Ah! par exemple, s’écria l’une de ces dames suffoquée

d’indignation. Regardez plutôt cette effrontée.

Tandis que Marguerite s’approchait de son père et lui remettait la

lettre d’Hubert, Jeanne, sa compagne, avec une tranquille audace,

se procurait la satisfaction de narguer toute la ville en se

tournant ostensiblement vers Maurice Roquevillard assis au banc

d’infamie, et en lui faisant signe de la main avec le plus

gracieux sourire.

Elle fut immédiatement récompensée de son courage, en voyant

quelle gratitude illuminait le visage du jeune homme, un visage

amaigri, resserré, et comme contracté par la volonté de demeurer

impassible sous les injures et les calomnies. Cet incident rapide

suscitait déjà les commentaires de toute la salle. Marguerite,

penchée, ne s’en était point doutée. Elle aussi, salua son frère,

mais plus discrètement, et murmura à l’oreille de son amie:

--Partons.

--Oh! non, je reste, répliqua celle-ci, trop désireuse d’assister

aux débats.

M. Roquevillard, d’un geste bref, leur indiqua des places vides au

banc des témoins. Le soleil pénétrait à travers les vitres,

laissant dans l’ombre les jurés qui étaient assis à contre-jour,

éclairant spécialement la cour, l’avocat général, les avocats et

l’accusé comme on favorise la scène d’un théâtre pendant la

représentation. Ainsi Me Porterieux s’agitait en pleine lumière.

Il reprenait en charge finale toute son argumentation condensée.

Il répétait comme des affirmations la liste des présomptions qu’il

avait accumulées, et transformait une fois de plus le silence de

l’inculpé sur Mme Frasne et le paiement intégral des cent mille

francs à M. Frasne, comme d’indiscutables aveux. Enfin, il réclama

violemment, comme une chose due, une condamnation sévère et

flétrissante pour ce jeune homme qui pratiquait l’amour

utilitaire, et, nouveau Chérubin d’une époque pratique, n’avait

pas craint d’emporter la caisse du mari avec l’honneur de la

femme. Il s’assit, et sa péroraison, prononcée avec tous les

simulacres de l’indignation et de la colère, provoqua ce murmure

innombrable et mystérieux comme la voix des vagues qui s’égare sur

les lèvres de la foule sans révéler son origine. Sa plaidoirie

avait été comme un vol de flèches empoisonnées, se succédant sans

relâche dans la même direction. Et même on eût dit qu’à travers le

fils il visait le père contraint par la honte à la restitution, et

voulait atteindre toute la race effondrée dans la boue avec son

descendant. Il s’était acharné plus qu’il n’était nécessaire sur

sa victime, en ennemi implacable prêt à piétiner les cadavres. En

vérité, le notaire avait bien choisi son porte-parole; il n’aurait

pu désirer plus de venin et de fiel dans une seule bouche. À

diverses reprises, M. Roquevillard, tourné vers son fils ou vers

son gendre, les avait calmés par l’égalité d’âme dont lui-même

faisait preuve dans l’orage.

--La parole est à M. l’avocat général, articula le président des

assises d’une voix morne qui signifiait: "À quoi bon un deuxième

réquisitoire? "

Le procureur, M Vallerois, attiré par la curiosité, s’était placé

derrière l’avocat général, M. Barré, qui occupait le siège du

ministère public. Il se porta en avant pour adresser quelques mots

à son collègue du parquet, mais celui-ci parut écarter un avis

importun et se contenta de dire qu’il s’en rapportait à

l’appréciation de MM. les jurés dans une affaire introduite sur la

plainte de la partie civile et déjà jugée par contumace.

--La parole est à la défense, reprit le président d’un ton plus

éveillé, qui montrait son contentement d’éviter un discours.

Me Hamel, assis à côté de M. Roquevillard, demanda à son confrère:

--Êtes-vous prêt?

--Mais oui. Pourquoi?

--Alors, parlez le premier. Si c’est nécessaire, je vous

suppléerai.

M. Roquevillard comprit que le vieillard, encore chancelant sous

une attaque dont ses vieilles traditions n’admettaient pas les

procédés, réservait son effort pour le cas où la défense serait

paralysée par l’émotion, inférieure ou incomplète.

--Bien, approuva-t-il.

Pendant ces conciliabules, les conversations particulières

recommençaient peu à peu, de-ci de-là, dans le public,

s’étendaient comme la poussière après le passage d’un convoi.

--Les Roquevillard, constata. l’avoué Coulanges qui tenait pour M.

Frasne, ne se relèveront jamais de telles blessures.

--Eh! eh! objecta Me Paillet, toujours de bonne humeur, attendez

la réplique du père, et gare à Me Porterieux.

Un homme du peuple qui avait entendu, et qui était un habitué des

audiences, commenta cette opinion pour son voisin en termes plus

vifs:

--Oui, le vieux est coriace.

Et Me Paillet de rire et d’insister:

--Vous verrez s’il sait mordre et s’il a la dent dure.

--Il a l’air bien fatigué, murmura une dame compatissante.

--Vous voulez dire effondré, reprit M. Coulanges en rectifiant un

menu détail de toilette. Deux vieillards ne valent pas un jeune

homme.

Et son attitude fringante ajoutait: "surtout auprès des femmes",

tandis qu’il montrait, en bas, les deux avocats échangeant leurs

observations non loin de Me Bastard qui, les doigts perdus dans la

barbe, guettait la défense pour la voir s’écrouler.

M. Roquevillard ôta sa toque et se leva. Il regarda tour à tour,

sans hâte, sa fille et son fils, et cueillit leur espoir et leur

confiance. Le silence se fit immédiat, profond, tout frémissant de

l’attente qui suspendait les respirations et le mouvement des

coeurs. Rien qu’en se levant, cet homme aux cheveux gris, presque

blancs, ce vieillard qui

représentait à lui seul toute une longue suite de générations

honorables et de services rendus, en plus de soixante années de

probité, de talent et de courage dans la vie, protestait avec

éloquence contre les injures et les diffamations qui, tout le long

de la plaidoirie adverse, avaient cru renverser le prestige de sa

race: n’avait-on pas insinué que le prix de la Vigie avait soldé

la restitution d’un argent qui n’avait pas été entièrement dépensé

par le voleur? Cette protestation, tous les Bastard du monde ne

l’eussent pas ainsi clairement imposée avant même d’avoir parlé.

L’horloge de la salle marquait trois heures. Lentement redressé,

l’avocat prit toute sa taille et la tête droite apparut dans la

large bande de clarté que découpaient les rayons d’un soleil trop

pâle pour être incommode. Le haut front découvert, les beaux

traits accentués que l’âge avait épaissis et qui gardaient

néanmoins leur fierté, la rude moustache en croc lui composaient

ce visage de lutteur et de chef qu’on ne regardait pas sans en

recevoir une impression de force et d’ardeur à vivre. Mais la

flamme qui brillait au fond de ses yeux, jadis si aiguë, si

impérieuse, exprimait, au lieu de la passion de vaincre, la

sérénité.

--Effondré! voyez-le, protesta la dame que M. Coulanges

courtisait.

--Pourtant, je ne le reconnais plus, observa Me Paillet.

Marguerite et M. Hamel, attentifs et tout vibrants d’inquiétude,

reconnaissaient au contraire l’exaltation surhumaine qu’il avait

rapportée de son étrange promenade à la Vigie. Il préluda d’une

voix un peu basse, ce qui inspira cette réflexion à M. Bastard

satisfait:

--Il n’a plus son bel organe.

Puis, brusquement, comme un rideau se déchire, la voix

s’éclaircit, sonna le ralliement, l’appel aux morts qui, la

veille, sur les pentes glacées de la colline envahies par le soir,

avaient composé son armée de fantômes. Ce silence vivant,

oppressant, lourd de tempêtes, il le laboura comme un vaisseau la

mer.

Pour juger l’accusé, il fallait le connaître, et pour le

connaître, remonter à ses origines. Car le destin inégal de

l’homme est de naître dans tel lieu de la terre, de telle race, et

soumis à une prédestination dont sa volonté doit découvrir

l’efficace et le but. "...Vous qui appartenez à des lignées

d’honnêtes gens et qui avez fondé une famille, c’est l’histoire

d’une famille qu’avant de rendre votre verdict vous devez

entendre..."

À ces paysans de la plaine ou de la montagne qui composaient le

jury et qui, par nature et par réflexion, ne pouvaient être

insensibles à ce récit d’humanité réelle dont la vérité et

l’exemple frapperaient leur esprit, il lit la longue suite des

Roquevillard, le premier ancêtre posant la première pierre de la

vieille maison, plantant dans le sol natal les racines de son

arbre de vie, les efforts successifs des générations s’ajoutant

les uns aux autres, la sueur répandue sur la terre défrichée,

l’obstination devant les résistances de la glèbe, devant les

intempéries et les injures des saisons, devant ces ruines

accidentelles des récoltes qu’une grêle ou une gelée anéantit, et

la sobriété qui se contente de peu, et l’épargne qui, aux dépens

de la jouissance personnelle, prépare l’avenir, l’épargne qui, en

même temps qu’elle est un acte de désintéressement, est un acte de

foi dans sa descendance. Ainsi, le beau domaine de la Vigie, dont

les vignes, les bois, les champs et les vergers produisaient

abondamment et riaient au soleil à l’époque des moissons,

représentait le labeur, l’économie et l’endurance de toute une

race poussée en droite ligne comme un haut peuplier. Car la terre

cultivée revêt un visage humain, et quand nous regardons nos

propriétés, c’est la face des aïeux que nous considérons.

Pourtant, à quoi avait abouti l’oeuvre collective des

Roquevillard? Aujourd’hui leur domaine appartenait à leur

adversaire qui l’avait reçu gratuitement. Pendant cinq cents ans

les Roquevillard avaient-ils travaillé pour faire ce cadeau? Non,

de leur patrimoine constitué patiemment et péniblement ils

soldaient le rachat du dernier d’entre eux. Qui donc se trouvait

dépouillé et quel était le voleur?

Pour cent mille francs disparus, M. Frasne recevait, acceptait une

terre qui valait presque le double. Qui s’était enrichi? qui

s’était ruiné? Au nom des morts qui payaient sa rançon, l’accusé

devait être acquitté.

Mais la famille n’était-elle qu’une grande force matérielle

exprimée visiblement par la continuité du patrimoine, et dont la

solidarité permettait de solder les dettes des uns avec le travail

des autres? N’était-elle pas bien autre chose encore, de moins

palpable, mais de plus sacré: une chaîne solide de traditions, une

hérédité d’honneur, de probité, de courage? À quoi bon transmettre

la vie, si ce n’est pour lui fournir un cadre digne d’elle,

l’appui du passé, l’occasion d’un avenir étayé, --car transmettre

la vie, c’est admettre l’immortalité... Et il dit les actes

publics, toute l’existence extérieure, utile, et parfois illustre

des Roquevillard. Celui-ci, syndic de sa commune, était décédé à

son poste pendant une épidémie contre laquelle il organisait la

résistance. Tel autre, plus tard, dans une période de troubles et

de désordres, avait administré la ville de Chambéry et sauvé ses

finances compromises. Magistrats intègres du Sénat de Savoie,

soldats morts à l’ennemi pendant les grandes guerres, ils avaient

porté sous la toge ou l’uniforme ce même coeur audacieux et brave

qui déjà battait sous la blouse des plus anciens aïeux. Le dernier

de tous, Hubert, mourant pour la patrie, seul, loin des siens, sur

un sol brûlé et hostile, avait exprimé le voeu formel de la race

quand il avait écrit: "J’offre le sacrifice de ma vie pour

l’honneur de notre nom, pour le salut de mon frère." Pouvait-on

rejeter cette offrande, oublier les holocaustes qui, le long des

âges, signalaient la vertu sans cesse renouvelée de la famille,

comme ces feux qui, le soir, purifient les champs de leurs herbes

séchées? Ainsi, il jetait dans la balance le poids des mérites

acquis et la faisait pencher.

Toute l’armée des morts, qui, la veille, étaient descendus de la

Vigie pour franchir le val dans l’ombre et rejoindre, au plateau

de Saint-Cassin, leur chef debout au pied du chêne, défilait comme

à la parade.

Aux mérites des morts il ajouta ceux des vivants. L’heure n’était

plus de la pudeur et du respect des intimités. À l’hôpital

d’Hanoi, méritait Félicie. Ses soeurs, qui avaient appelé la

pauvreté pour supprimer jusqu’au soupçon de détournement,

méritaient encore. Car le paiement effectué entre les mains de M.

Frasne n’était, ne pouvait être pour la famille de l'accusé et

pour les juges, ni une restitution ni un aveu, mais le rejet

définitif de toute complicité même ignorante et involontaire.

À peine s’excusa-t-il d’énumérer avec insistance, et comme un

reproche d’ingratitude, tant de services rendus. De l’autre côté

de la barre on n’avait pas craint de les oublier ou, pis encore,

d’en accabler l’accusé. On voulait bien remonter d’un prétendu

coupable au passé pour abattre d’un coup l’importance de ce passé,

on refusait injustement de couvrir l’inculpé de cette protection.

Or les mérites d’une race la défendent jusqu’au jour où, la somme

des démérites l’emportant, elle provoque volontairement sa propre

chute. Et qui donc oserait prétendre que la somme des démérites

l’avait remporté? Oui, les morts, ses morts servaient de caution

morale au dernier des Roquevillard comme ils venaient de lui

servir de caution matérielle par le moyen de la Vigie sacrifiée.

Même coupable, ses juges ne le condamneraient point sans

injustice.

Mais comment pouvait-il être coupable? Par quel phénomène le

descendant de tant d'honnêtes gens s’était-il subitement mué en

criminel? Quelles preuves, en définitive, fournissait-on de son

crime?

Que pesaient, en face des présomptions morales qui découlaient de

son milieu de famille comme les eaux d’un torrent, ces misérables

présomptions qu’un hasard fait éclore et que l’interprétation des

circonstances se charge de grossir? Les clefs de l’étude elles

avaient passé de main en main. Le chiffre du secret: comment

l’accusé l’aurait-il cherché, surpris, deviné, et quand le clerc

Philippeaux l’avait-il inscrit sur son agenda? Le manque de

ressources? Il avait liquidé tous les frais, principaux et

accessoires, sans exception, qu’entraînait son voyage, soit avec

l’argent qu’il avait emporté et dont l’enquête à l’audience avait

donné le décompte, soit avec celui qu’il avait reçu à Orta. Les

notes d’hôtel retrouvées le démontraient. Qu’avait-il donc fait

des cent mille francs du vol, puisque toutes ses dépenses, il les

avait acquittées avec les avances de sa famille? Et s’il les avait

placés, comme on l'avait insinué, pourquoi était-il revenu se

constituer prisonnier dès qu’il avait eu connaissance du jugement

qui l’atteignait par contumace?

Rien ne restait debout de l’accusation, rien qu’une vengeance qui

n’avait même pas su résister à un profit. Singulière affaire où

c’était le volé qui portait les dépouilles de son voleur prétendu!

Et M. Roquevillard termina en quelques mots sa plaidoirie:

"J’ai fini, messieurs les jurés. Au nom de tous nos morts dont la

suite compose notre honneur toujours vivant, au nom de la terre,

lentement acquise et cultivée par l’effort successif des

générations, et abandonnée aujourd’hui par un libre sacrifice pour

consolider cet honneur, je vous réclame mon enfant. Rendez-le-moi,

non point par pitié, mais par justice, non par faveur, mais à

l’unanimité. Toute sa race et moi-même nous répondons de son

innocence..."

Il s’assit. Il n’avait parlé qu’une heure. Après que sa voix

calme, sonore mais toujours contenue, eut cessé de se répandre et

de monter comme un hymne grave, le silence se prolongea quelques

instants, un silence d’église, religieux, solennel. Au lieu de

l’explosion de colère et d’amertume qu’on s’était cru en droit

d’attendre du vieil avocat réputé pour son énergie, en réponse aux

violences haineuses de M. Porterieux, au lieu du scandale escompté

des imputations renvoyées d’amant à maîtresse, le public avait

entendu cette défense hautaine, dédaigneuse de l’invective,

confiante dans l’autorité de sa force morale, admirablement

émouvante dans ses lignes simples et droites comme ces statues

immobiles et sereines qui purifient les désirs et ploient les

âmes. Et le nom de Mme Frasne n’avait pas été prononcé.

Tout à coup, un cri retentit:

--Vivent les Roquevillard!

C’était la Fauchois qui jetait son coeur. Et la foule convaincue,

dominée, conquise, éclata en applaudissements.

Pendant que le président réprimait cette manifestation qui mit en

fuite M. Bastard agacé, M. Vallerois se pencha de nouveau sur M.

Barré. Et celui-ci demanda la parole après que M. Hamel eut refusé

de la prendre, en s’excusant d’user de son droit de réplique après

avoir négligé d’user de son droit de conclure.

--J’ai entendu comme vous, dit-il en substance en s’adressant aux

jurés, la plaidoirie de Me Roquevillard. Non, le coupable n’est

pas ce jeune homme que vous jugerez dans quelques minutes.

Le coupable n’est pas ici. Et puisque l’accusé a eu la générosité

de ne pas le désigner, je ne vous le désignerai pas davantage.

Mais je dénoncerai la machination trop habile de cet accusateur

qui décourage la sympathie en faisant servir ses malheurs privés à

l’édification de sa fortune. Hâtez-vous d’acquitter Maurice

Roquevillard, de le rendre à son père qui est l’honneur de notre

barreau. S’il fut répréhensible dans sa vie privée, il ne saurait

être retenu plus longtemps pour abus de confiance..."

Le jour baissait, livrant toute la salle au recueillement du soir.

Le jury se retira pour délibérer et rapporta immédiatement un

verdict d’acquittement à l’unanimité.

--Bravo! approuva Jeanne Sassenay à haute voix.

--Père, murmura doucement Marguerite, maman serait contente.

Et le public, retourné, échangeait, en sortant, ses commentaires.

M. Latache, qui pérorait dans un groupe, agitait sa tête

sentencieuse:

--C’est un camouflet pour M. Frasne. Après le blâme du ministère

public, il devra résigner son étude et quitter le pays.

--Il revendra la Vigie, découvrit M. Paillet.

La dame que reconduisait l’avoué Coulanges s’en réjouit pour mieux

énerver son cavalier, à quoi elle prenait du plaisir:

--Et la petite Sassenay la rachètera. Elle a une grosse dot. Vous

avez remarqué les mines qu’elle adressait au jeune prévenu, au

triomphateur? Elle l’épousera.

--Oui, c’est cela, résuma d’un mot M. Coulanges assombri: ces

Roquevillard ont toujours eu de la chance.

Les Roquevillard · 第 47 / 55 题