Avertissement.
Théologie.
Morale.
Beaux-Arts.
Belles-Lettres:
I Linguistique.
II Poésie.
III Théâtre.
IV Romans.
V Contes et Nouvelles.
VI Facéties.
VII Polygraphes et Mélanges.
Histoire:
I Voyages.
II Histoire de France (Collection générale de Chroniques et
Mémoires).
III Histoire étrangère.
Ouvrages de différents formats.
La Propriété littéraire et artistique, Courrier de la librairie.
Manuel de l'amateur d'estampes.
Recueil de Maurepas.
La Muse historique de Loret.
Library of old authors.
Tous les volumes de la Bibliothèque elzevirienne se vendent reliés en
percaline, non rognés et non coupés, sans augmentation de prix.
Il a été tiré de chaque volume quelques exemplaires sur papier fort, qui
se vendent le double du prix des exemplaires ordinaires.
AVERTISSEMENT (Août 1856).
Au mois de septembre 1852, je fis imprimer un prospectus dans lequel je
disais:
«Pour un très grand nombre de personnes--et de personnes instruites--la
littérature française se compose des ouvrages d'une vingtaine d'auteurs
du XVIIe siècle et du XVIIIe; la poésie française commence avec Boileau,
le théâtre avec Corneille, le roman avec Le Sage. Tout ce qui est
antérieur est dédaigné comme produit d'une époque barbare.....
«En fixant ainsi au milieu du dix-septième siècle l'origine de notre
littérature, on supprime précisément ce qu'elle a de spontané, de
vraiment national. A partir de cette époque, en effet, nos écrivains,
familiarisés avec les lettres grecques et latines, ne songent plus qu'à
imiter les modèles d'Athènes et de Rome, et l'on voit tomber dans un
oubli profond tout ce qui constitue notre littérature du moyen âge, si
riche et si variée, ces légendes naïves, ces épopées chevaleresques, ces
mystères, et, enfin, ces poésies légères ou satiriques, ces contes, ces
facéties, partie d'autant plus importante de notre littérature qu'elle
représente plus essentiellement le côté saillant de l'esprit national.
«Si ces richesses littéraires sont généralement ignorées, ce n'est pas,
il faut être juste, qu'on n'ait rien fait pour les tirer de l'oubli:
quelques écrivains de la fin du siècle dernier y ont travaillé avec plus
de bonne volonté que de bonheur. Plus tard, d'importantes publications
ont eu lieu; mais il s'en faut que la mine soit épuisée. Ajoutons que la
plupart des ouvrages du moyen âge publiés dans ces derniers temps ont
été tirés à petit nombre, se vendent fort cher, et ne sont pas
réellement à la portée du vrai public.
«Aujourd'hui cependant l'élan est donné. Le public veut connaître cette
époque ignorée et si long-temps calomniée, le moyen âge.»
Ce prospectus annonçait une Revue mensuelle qui devait paraître à partir
du mois de janvier 1853, et reproduire les principaux monuments de la
littérature du moyen âge. Mais je ne tardai pas à abandonner le projet
de cette publication périodique. Je pensai qu'il valait mieux publier
chaque ouvrage séparément, en volumes d'un format commode, dignes de
tous par leur exécution matérielle, à la portée de tous par la modicité
de leur prix. Le plan de la Bibliothèque elzevirienne était trouvé, du
moins quant à la partie matérielle. Au point de vue littéraire, il
fallait le compléter. Il ne s'agissait plus exclusivement du moyen âge:
avec ma nouvelle combinaison, il devenait possible d'étendre
considérablement mon cadre, et de reproduire une foule d'ouvrages
postérieurs au moyen âge, mais précieux pour l'étude des moeurs, de la
littérature et de l'histoire; de placer dans un nouveau jour, au moyen
de travaux consciencieux, les chefs-d'oeuvre de notre littérature
classique.
Je me mis immédiatement à l'oeuvre. En donnant à ma collection le titre
de Bibliothèque elzevirienne, je m'imposais des obligations difficiles à
remplir. Les petits volumes sortis des presses des Elzevier sont
imprimés avec une perfection qui fera toujours l'admiration des
connaisseurs. La netteté des caractères, l'élégance des ornements, la
qualité du papier, tout concourt à faire de ces volumes des livres
admirables. La typographie a fait d'immenses progrès depuis deux siècles
sous le rapport des moyens d'exécution; mais quant aux résultats, il
n'en est pas de même. Les plus beaux livres de notre époque sont
imprimés dans un format peu commode, sur du papier très blanc, brillant,
glacé, satiné, mais brûlé, cassant et d'une qualité déplorable, avec des
caractères mal proportionnés et difficiles à lire. Rien de tout cela ne
pouvait me convenir. Je n'eus pas grand'peine à trouver le format: c'est
celui des Elzevier un peu agrandi, avec cette différence que la feuille
est tirée in-16, ce qui donne des volumes plus réguliers que l'in-12 des
Elzevier. Le papier, il fallut le faire fabriquer, car on ne fait plus
guère de papier de fil; le filigrane, qui reproduit mon nom, prouve la
destination de celui que j'emploie. Quant aux caractères, je fis faire
des fontes de ceux qui me parurent les plus convenables, en attendant
qu'il me fût possible d'employer ceux que je devais faire graver. Les
ornements furent copiés par M. Le Maire, un graveur habile, sur ceux
dont se servaient les Elzevier. Les imprimeurs se prêtèrent à des
modifications qui assuraient la régularité du tirage. Tout cela prit
beaucoup de temps, et les neuf premiers volumes de la Bibliothèque
elzevirienne furent mis en vente seulement au mois d'août 1853.
Ma collection fut accueillie avec faveur. Le public se chargea de
prouver qu'elle répondait à un besoin. La critique se montra d'une
extrême bienveillance. Bref, le succès de la Bibliothèque elzevirienne
fut assuré dès l'apparition des premiers volumes, et depuis il ne s'est
pas démenti.
Je n'ai pas voulu jusqu'ici donner un catalogue détaillé des ouvrages
qui doivent composer la Bibliothèque elzevirienne. Je craignais de
fournir des indications utiles à des concurrents peu scrupuleux. C'est
un fait malheureusement trop connu que, lorsqu'une nouvelle combinaison
de librairie réussit, chacun se croit autorisé à marcher dans la voie de
l'inventeur. Mais, pour moi, le danger s'amoindrit chaque jour: le
nombre des volumes déjà publiés et des volumes prêts à paraître, le
matériel dont je dispose, l'affection des érudits qui veulent bien
concourir à l'accroissement de ma collection, et, enfin, la
bienveillance du public, tout tend à me rassurer contre les résultats
d'une concurrence déloyale. Aussi je n'hésite plus à donner le plan de
la Bibliothèque elzevirienne, plan qui n'est pas absolument définitif,
mais qui, s'il n'annonce pas tous les volumes que je dois publier, n'en
comprend guère sur lesquels il n'ait déjà été fait pour mon compte des
travaux préparatoires, et qui ne doivent voir le jour dans un délai plus
ou moins rapproché.