L'été qui survint fut pour la Moumoutte Chinoise une période de vie
absolument délicieuse. Avec son originalité et son air distingué, elle
était devenue presque jolie, ainsi remplumée; alentour, dans le monde
des chats, au fond des jardins et sur les toits, le bruit avait
circulé de la présence de cette piquante étrangère, et les prétendants
étaient nombreux, qui venaient roucouler sous ses fenêtres, par les
belles nuits chaudes embaumées de chèvrefeuille.
Vers la mi-septembre, les deux moumouttes connurent presque en même
temps la joie d'être mère.
Moumoutte Blanche, cela va sans dire, était déjà une matrone entendue.
Quant à Moumoutte Chinoise, les premiers instants de surprise passés,
on la vit tendrement lécher l'impayable et minuscule mimi gris,
moucheté comme un tigre, qui était son unique fils.