«Car sa miséricorde est éternelle!»
Et ainsi de suite pour toutes les phases de l'histoire nationale où
Jéhovah a signalé sa protection sur Israël.
Horace chantait-il un tel _Poëme séculaire_ aux Romains?
Tyrtée a-t-il, dans l'élégie patriotique, des plaintes égales à celles
qui pleurent et grondent dans les strophes suivantes?
«Au bord des fleuves de Babylone nous nous sommes assis et nous
pleurions.
«Aux saules de leurs rivages nous avions suspendu nos harpes!
«Chantez-nous quelques-uns des chants de Sion, votre patrie, nous
disaient, en nous commandant la joie, les oppresseurs qui nous
retenaient en captivité.
«Comment chanterions-nous les chants de Jéhovah à la terre étrangère?
«Si je pouvais t'oublier, ô Jérusalem! que ma main droite m'oublie
moi-même!
«Si je pouvais ne plus penser nuit et jour à toi, si je ne te plaçais
plus, ô ma Jérusalem! sous ma tête, que ma langue reste collée à mon
palais!
«Fils de Babylone, _la rosée du sol_! tremblez, etc., etc.»
L'élégie du captif finit par l'imprécation sourde contre l'oppresseur.