XIII

On retrouve un peu plus loin tous les souvenirs naïfs de la vie du

berger dans la poésie du prophète et du roi. Il se compare aux brebis

qu'il conduisait dans son enfance sur les collines et aux réservoirs

des montagnes de Bethléem, sa patrie.

«Jéhovah est mon berger! Je ne manquerai de rien. Il me fait parquer

dans les herbes vertes, il me chasse vers les eaux transparentes.

«Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains pas

qu'il m'arrive du mal; ta houlette et ton bras sont ma sécurité.

«La coupe est pleine pour moi!»

L'enthousiasme toujours figuré du vrai poëte le ressaisit aussitôt; il

chante d'une voix immortelle l'entrée triomphale de Dieu dans ses

mondes par les portes immenses des éternités.

«Écartez-vous! ouvrez-vous, portes de l'éternité! Écartez-vous! que le

Roi de gloire entre dans ses empires!

«Qui est donc le Roi de gloire? disent les portes. C'est Jéhovah!

c'est le Tout-Puissant! c'est le Fort! Jéhovah, le Fort dans la

bataille!

«Portes, écartez-vous! portes de l'éternité, ouvrez-vous, que le Roi

de gloire entre! Qu'il entre, le puissant, le fort Jéhovah _Tsebaoth_!

C'est lui qui est le Roi de gloire!...»

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 79 / 196 题