L'escalier sombre, humide, paraissait encore plus obscur par cette
triste journée d'hiver.
L'entrée de chacun des appartements de cette maison offrait pour ainsi
dire à l'oeil de l'observateur une physionomie particulière.
Ainsi la porte du logis qui servait de petite maison au commandant était
fraîchement peinte d'une couleur brune veinée imitant le palissandre; un
bouton de cuivre doré étincelait à la serrure, et un beau cordon de
sonnette à houppe de soie rouge contrastait avec la sordide vétusté des
murailles.
La porte du second étage, habité par la devineresse, prêteuse sur gages,
présentait un aspect plus singulier: un hibou empaillé, oiseau
suprêmement symbolique et cabalistique, était cloué par les pattes et
par les ailes au-dessus du chambranle; un petit guichet, grillagé de fil
de fer, permettait d'examiner les visiteurs avant d'ouvrir.
La demeure du charlatan italien, que l'on soupçonnait d'exercer un
épouvantable métier, se distinguait aussi par son entrée bizarre.
Son nom se lisait tracé avec des dents de cheval incrustées dans une
espèce de tableau de bois noir appliqué sur la porte.
Au lieu de se terminer classiquement par une patte de lièvre, ou par un
pied de chevreuil, le cordon de sonnette s'attachait à un avant-bras et
à une main de singe momifiés.
Ce bras desséché, cette petite main à cinq doigts articulés par
phalanges et terminés par des ongles, étaient hideux à voir.
On eût dit la main d'un enfant.
Au moment où Rodolphe passait devant cette porte, qui lui parut
sinistre, il lui sembla entendre quelques sanglots étouffés; puis tout à
coup un cri douloureux, convulsif, horrible, un cri paraissant arraché
du fond des entrailles, retentit dans le silence de cette maison.
Rodolphe tressaillit.
Par un mouvement plus rapide que la pensée, il courut à la porte et
sonna violemment.
--Qu'avez-vous, monsieur? dit le portier surpris.
--Ce cri, dit Rodolphe, vous ne l'avez donc pas entendu?
--Si, monsieur. C'est sans doute quelque pratique à qui M. César
Bradamanti arrache une dent, peut-être deux.
Cette explication était vraisemblable; pourtant elle ne satisfit pas
Rodolphe.
Le cri terrible qu'il venait d'entendre ne lui semblait pas seulement
une exclamation de douleur physique; mais aussi, si cela peut se dire,
un cri de douleur morale.
Son coup de sonnette avait été d'une extrême violence.
On n'y répondit pas d'abord.
Plusieurs portes se fermèrent coup sur coup; puis, derrière la vitre
d'un oeil-de-boeuf placé près de la porte, et sur lequel Rodolphe
attachait machinalement son regard, il vit confusément apparaître une
figure décharnée, d'une pâleur cadavéreuse; une forêt de cheveux roux et
grisonnants couronnait ce hideux visage, qui se terminait par une longue
barbe de la même couleur que la chevelure.
Cette vision disparut au bout d'une seconde.
Rodolphe resta pétrifié.
Pendant le peu de temps que dura cette apparition, il avait cru
reconnaître certains traits bien caractéristiques de cet homme.
Ces yeux verts et brillants comme l'aigue-marine sous leurs gros
sourcils fauves et hérissés, cette pâleur livide, ce nez mince,
saillant, recourbé en bec d'aigle, et dont les narines, bizarrement
dilatées et échancrées, laissaient voir une partie de la cloison nasale,
lui rappelaient d'une manière frappante un certain abbé Polidori, dont
le nom avait été maudit par Murph durant son entretien avec le baron de
Graün.
Quoique Rodolphe n'eût pas vu l'abbé Polidori depuis seize ou dix-sept
ans, il avait mille raisons pour ne pas l'oublier; mais ce qui déroutait
ses souvenirs, mais ce qui le faisait douter de l'identité de ces deux
personnages, c'est que le prêtre qu'il croyait retrouver sous le nom de
ce charlatan à barbe et à cheveux roux était très-brun.
Si Rodolphe (en supposant que ses soupçons fussent fondés) ne s'étonnait
pas d'ailleurs de voir un homme revêtu d'un caractère sacré, un homme
dont il connaissait la haute intelligence, le vaste savoir, le rare
esprit, tomber à ce point de dégradation, peut-être d'infamie, c'est
qu'il savait que ce rare esprit, que cette haute intelligence, que ce
vaste savoir, s'alliaient à une perversité si profonde, à une conduite
si déréglée, à des penchants si crapuleux, et surtout à une telle
forfanterie de cynique et sanglant mépris des hommes et des choses, que
cet homme, réduit à une misère méritée, avait pu, nous dirons presque
avait dû chercher les ressources les moins honorables, et trouver une
sorte de satisfaction ironique et sacrilège à se voir, lui,
véritablement distingué par les dons de l'esprit, lui, revêtu d'un
caractère sacré, exercer ce vil métier d'impudent bateleur.
Mais, nous le répétons, quoiqu'il eût quitté l'abbé Polidori dans la
force de l'âge, et que celui-ci dût avoir l'âge du charlatan, il y avait
entre ces deux personnages certaines différences si notables que
Rodolphe doutait extrêmement de leur identité; néanmoins il dit à M.
Pipelet:
--Est-ce qu'il y a longtemps que M. Bradamanti habite cette maison?
--Mais environ un an, monsieur. Oui, c'est ça, il est venu pour le terme
de janvier. C'est un locataire exact; il m'a guéri d'un fameux
rhumatisme... Mais, comme je vous le disais tout à l'heure, il a un
défaut: c'est d'être trop gouailleur, il ne respecte rien dans ses
propos.
--Comment cela?
--Enfin, monsieur, dit gravement M. Pipelet, je ne suis pas une rosière,
mais il y a rire et rire.
--Il est donc fort gai?
--Ce n'est pas qu'il soit gai; au contraire, il a l'air d'un mort; mais
il ne rit jamais de la bouche... il rit toujours en paroles; il n'y a
pour lui ni père ni mère, ni Dieu ni diable, il plaisante de tout, même
de son eau, monsieur, même de sa propre eau! Mais je ne vous le cache
pas, ces plaisanteries-là quelquefois me font peur, me donnent la chair
de poule. Quand il a resté un quart d'heure à jaboter indécemment, dans
la loge, sur les femmes à peine voilées des différents pays sauvages
qu'il a parcourus, et que je me retrouve seul à seul avec Anastasie, eh
bien! monsieur, moi qui, depuis trente-sept ans, ai pris l'habitude, me
suis fait une loi de la chérir... Anastasie... eh bien! il me semble que
je la chéris moins. Vous allez rire... mais quelquefois encore, quand M.
César est parti, après m'avoir parlé des festins des princes auxquels il
a assisté pour les voir essayer les dents qu'il leur avait posées, eh
bien! il me semble que mon manger est amer, je n'ai plus faim. Enfin
j'aime mon état, monsieur, et je m'en honore. J'aurais pu être
cordonnier comme un tas d'ambitieux, mais je crois rendre autant de
service en ressemelant les vieilles chaussures. Eh bien! monsieur, il y
a des jours où ce diable de M. César, avec ses railleries, me ferait
regretter de n'être pas bottier, ma parole d'honneur! Et puis enfin...
il a une manière de parler des dames sauvages qu'il a connues... Tenez,
monsieur, je vous le répète, je ne suis pas rosière, mais quelquefois,
saperlotte! je deviens pourpre, ajouta M. Pipelet d'un air de chasteté
révoltée.
--Et Mme Pipelet tolère cela?
--Anastasie est folle de l'esprit, et M. César, malgré son mauvais ton,
en a certainement beaucoup; aussi elle lui passe tout.
--Elle m'a aussi parlé de certains bruits horribles...
--Elle vous a parlé?...
--Soyez tranquille, je suis discret.
--Eh bien! monsieur, ce bruit-là, je n'y crois pas, je n'y croirai
jamais, et pourtant je ne peux m'empêcher d'y penser, et ça augmente le
drôle d'effet que me produisent les plaisanteries de M. Bradamanti.
Enfin, monsieur, pour tout dire, bien certainement je hais M. Cabrion...
c'est une haine que j'emporterai dans la tombe. Eh bien! quelquefois il
me semble que j'aimerais encore mieux les ignobles farces qu'il avait
l'effronterie de faire dans la maison, que les plaisanteries que nous
débite M. César de son air pince-sans-rire, en bridant ses lèvres par un
mouvement disgracieux qui me rappelle toujours l'agonie de mon oncle
Rousselot, qui en râlant bridait ses lèvres tout comme M. Bradamanti.
Quelques mots de M. Pipelet sur la perpétuelle ironie avec laquelle le
charlatan parlait de tout et de tous, et flétrissait les joies les plus
modestes par ses railleries amères, confirmaient assez les premiers
soupçons de Rodolphe; car l'abbé, lorsqu'il déposait son masque
d'hypocrisie, avait toujours affecté le scepticisme le plus audacieux et
le plus révoltant.
Bien décidé à éclaircir ses doutes, la présence de ce prêtre dans cette
maison pouvant le gêner, se sentant de plus en plus disposé à
interpréter d'une manière lugubre le cri terrible dont il avait été si
frappé, Rodolphe suivit le portier à l'étage supérieur, où se trouvait
la chambre qu'il voulait louer.
Le logis de Mlle Rigolette, voisin de cette chambre, était facile à
reconnaître, grâce à une charmante galanterie du peintre, l'ennemi
mortel de M. Pipelet.
Une demi-douzaine de petits Amours joufflus, très-facilement et
très-spirituellement peints dans le goût de Watteau, se groupaient
autour d'une espèce de cartouche, et portaient allégoriquement, l'un un
dé à coudre, l'autre une paire de ciseaux, celui-là un fer à repasser,
celui-ci un petit miroir de toilette; au milieu du cartouche, sur un
fond bleu clair, on lisait en lettres roses: _Mademoiselle Rigolette,
couturière._ Le tout était encadré dans une guirlande de fleurs qui se
détachait à merveille du fond vert céladon de la porte.
Ce petit panneau était fort joli et formait encore un contraste frappant
avec la laideur de l'escalier.
Au risque d'irriter les plaies saignantes d'Alfred, Rodolphe lui dit, en
montrant la porte de Mlle Rigolette:
--Ceci est sans doute l'ouvrage de M. Cabrion?
--Oui, monsieur, il s'est permis d'abîmer la peinture de cette porte
avec ces indécents barbouillages d'enfants tout nus, qu'il appelle des
Amours. Sans les supplications de Mlle Rigolette et la faiblesse de M.
Bras-Rouge, j'aurais gratté tout cela ainsi que cette palette dont le
même monstre a obstrué la porte de _votre_ chambre.
En effet, une palette chargée de couleurs, paraissant suspendue à un
clou, était peinte sur la porte en manière de trompe-l'oeil.
Rodolphe suivit le portier dans cette chambre, assez spacieuse, précédée
d'un petit cabinet, et éclairée par deux fenêtres qui ouvraient sur la
rue du Temple; quelques ébauches fantastiques, peintes sur la seconde
porte par M. Cabrion, avaient été scrupuleusement respectées par M.
Germain.
Rodolphe avait trop de motifs d'habiter cette maison pour ne pas arrêter
ce logement; il donna donc modestement quarante sous au portier et lui
dit:
--Cette chambre me convient parfaitement, voici le denier à Dieu; demain
j'enverrai des meubles. Il n'est pas nécessaire, n'est-ce pas, que je
voie le principal locataire, M. Bras-Rouge?
--Non, monsieur, il ne vient ici que de loin en loin, excepté pour les
manigances de la mère Burette... C'est toujours avec moi que l'on traite
directement; je vous demanderai seulement votre nom.
--Rodolphe.
--Rodolphe... qui?
--Rodolphe tout court, monsieur Pipelet.
--C'est différent, monsieur; ce n'est pas par curiosité que j'insistais:
les noms et les volontés sont libres.
--Dites-moi, monsieur Pipelet, est-ce que demain je ne devrais pas,
comme nouveau voisin, aller demander aux Morel si je ne peux pas leur
être bon à quelque chose, puisque mon prédécesseur, M. Germain, les
aidait aussi selon ses moyens?
--Si, monsieur, cela se peut; il est vrai que ça ne leur servira pas à
grand-chose, puisqu'on les chasse; mais ça les flattera toujours.
Puis, comme frappé d'une idée subite, M. Pipelet s'écria, en regardant
son locataire d'un air fier et malicieux:
--Je comprends, je comprends; c'est un commencement pour finir par aller
aussi faire le bon voisin chez la petite voisine d'à côté.
--Mais j'y compte bien.
--Il n'y a pas de mal à ça, monsieur, c'est l'usage; et, tenez, je suis
sûr que Mlle Rigolette a entendu qu'on visitait la chambre, et qu'elle
est aux aguets pour nous voir descendre. Je vais faire du bruit exprès
en tournant la clef; regardez bien en passant sur le carré.
En effet, Rodolphe s'aperçut que la porte si gracieusement enjolivée
d'Amours Watteau était entrebâillée, et il distingua vaguement, par
l'étroite ouverture, le bout relevé d'un petit nez couleur de rose et un
grand oeil noir vif et curieux; mais, comme il ralentissait le pas, la
porte se ferma brusquement.
--Quand je vous disais qu'elle nous guettait! reprit le portier; puis il
ajouta: Pardon, excuse, monsieur!... je vas à mon petit observatoire.
--Qu'est-ce que cela?
--Au haut de cette échelle, il y a le palier où s'ouvre la porte de la
mansarde des Morel, et derrière un des lambris il se trouve un petit
trou noir où je mets des fouillis. Comme le mur est très-lézardé, quand
je suis dans mon trou, je vois chez eux et je les entends comme si j'y
étais. Ça n'est pas que je les espionne, juste ciel! Mais enfin je vais
quelquefois les regarder comme on va à un mélodrame bien noir. Et en
redescendant dans ma loge, je me trouve comme dans un palais. Mais,
dites donc, monsieur, si le coeur vous en dit, avant qu'ils ne
partent... C'est triste, mais c'est curieux; car, quand ils vous voient,
ils sont comme des sauvages, ça les gêne.
--Vous êtes bien bon, monsieur Pipelet, un autre jour, demain peut-être,
je profiterai de votre offre.
--À votre aise, monsieur; mais il faut que je monte à mon observatoire,
car j'ai besoin d'un morceau de basane. Si vous voulez toujours
descendre, monsieur, je vous rejoins.
Et M. Pipelet commença sur l'échelle qui conduisait aux mansardes une
ascension assez périlleuse pour son âge.
Rodolphe jetait un dernier coup d'oeil sur la porte de Mlle Rigolette,
en songeant que cette jeune fille, l'ancienne connaissance de la pauvre
Goualeuse, connaissait sans doute la retraite du fils du Maître d'école,
lorsqu'il entendit, à l'étage inférieur, quelqu'un sortir de chez le
charlatan; il reconnut le pas léger d'une femme, et distingua le
bruissement d'une robe de soie. Rodolphe s'arrêta un moment par
discrétion.
Lorsqu'il n'entendit plus rien il descendit.
Arrivé au second étage, il vit et ramassa un mouchoir sur les dernières
marches; il appartenait sans doute à la personne qui sortait du logis du
charlatan.
Rodolphe s'approcha d'une des étroites fenêtres qui éclairaient le carré
et examina ce mouchoir, magnifiquement garni de dentelles; il portait
brodés, dans un de ses angles, un L et un N surmontés d'une couronne
ducale.
Ce mouchoir était littéralement trempé de larmes.
La première pensée de Rodolphe fut de se hâter afin de pouvoir rendre ce
mouchoir à la personne qui l'avait perdu; mais il réfléchit que cette
démarche ressemblerait peut-être, dans cette circonstance, à un
mouvement d'inconvenante curiosité; il le garda, se trouvant ainsi, sans
le vouloir, sur la trace d'une mystérieuse et sans doute sinistre
aventure.
En arrivant chez la portière, il lui dit:
--Est-ce qu'il ne vient pas de descendre une femme?
--Non, monsieur. C'est une belle dame, grande et mince, avec un voile
noir. Elle sort de chez M. César. Le petit Tortillard avait été chercher
un fiacre, où elle vient de monter. Ce qui m'étonne, c'est que ce petit
gueux-là s'est assis derrière le fiacre, peut-être pour voir où va cette
dame; car il est curieux comme une pie et vif comme un furet, malgré son
pied bot.
«Ainsi, pensa Rodolphe, le nom et l'adresse de cette femme seront
peut-être connus de ce charlatan, dans le cas où il aurait ordonné à
Tortillard de suivre l'inconnue.»
--Eh bien! monsieur, la chambre vous convient-elle? demanda la
portière.
--Elle me convient beaucoup; je l'ai arrêtée, et demain j'enverrai mes
meubles.
--Que le bon Dieu vous bénisse d'avoir passé devant notre porte,
monsieur! Nous aurons un fameux locataire de plus. Vous avez l'air bon
enfant, Pipelet vous aimera tout de suite. Vous le ferez rire comme
faisait M. Germain, qui avait toujours une farce à lui dire; car il ne
demande qu'à rire, ce pauvre cher homme: aussi je pense qu'avant un mois
vous ferez une paire d'amis.
--Allons, vous me flattez, madame Pipelet.
--Pas du tout; ce que je vous dis là c'est comme si je vous ouvrais mon
coeur. Et si vous êtes gentil pour Alfred je serai reconnaissante: vous
verrez votre petit ménage; je suis un lion pour la propreté; et, si vous
voulez dîner chez vous le dimanche, je vous fricoterai des choses dont
vous vous lécherez les pouces.
--C'est convenu, madame Pipelet, vous ferez mon ménage; demain on vous
apportera des meubles, et je viendrai surveiller mon emménagement.
Rodolphe sortit.
Les résultats de sa visite à la maison de la rue du Temple étaient assez
importants, et pour la solution du mystère qu'il voulait découvrir, et
pour la noble curiosité avec laquelle il cherchait l'occasion de faire
le bien et d'empêcher le mal.
Tels étaient les résultats:
Mlle Rigolette savait nécessairement la nouvelle demeure de François
Germain, fils du Maître d'école;
Une jeune femme, qui, selon quelques apparences, pouvait malheureusement
être la marquise d'Harville, avait donné au commandant pour le lendemain
un nouveau rendez-vous qui la perdrait peut-être à jamais;
Et, pour mille raisons, Rodolphe portait le plus vif intérêt à M.
d'Harville, dont le repos, l'honneur, semblaient si cruellement
compromis;
Un artisan honnête et laborieux, écrasé par la plus affreuse misère,
allait être, lui et sa famille, jeté sur le pavé par l'intermédiaire de
Bras-Rouge;
Enfin, Rodolphe avait involontairement découvert quelques traces d'une
aventure dont le charlatan César Bradamanti (peut-être l'abbé Polidori)
et une femme qui appartenait sans doute au plus grand monde étaient les
principaux acteurs;
De plus, la Chouette, récemment sortie de l'hôpital où elle était entrée
après la scène de l'allée des Veuves, avait des intelligences suspectes
avec Mme Burette, devineresse et prêteuse sur gages, qui occupait le
second étage de la maison.
Ayant recueilli ces divers renseignements, Rodolphe rentra chez lui, rue
Plumet, remettant au lendemain sa visite au notaire Jacques Ferrand.
Le soir même, comme on le sait, Rodolphe devait se rendre à un grand bal
à l'ambassade de ***.
Avant de suivre notre héros dans cette nouvelle excursion, nous
jetterons un coup d'oeil rétrospectif sur Tom et sur Sarah, personnages
importants de cette histoire.