Chantons les combats de nos pères,
Ils marchaient droit à l'ennemi! (bis.)
Vivent nos militaires,
Gloire à Salaberry!
Oui! que chacun de nous s'apprête
A transmettre le souvenir
Des récits qu'en ces jours de fête
Nous recueillons pour l'avenir.
Chantons, etc.
Aux favoris se la victoire,
Ces vétérans restés debout
Comme les piliers de la gloire.
rendons des hommages partout.
Chantons, etc.
S'il lui fallait prendre les armes.
Le Canadien sous les drapeaux.
Retrouvait encor des charmes
Et l'exemple de ses héros.
Chantons, etc.
A partir de ce jour, M. Dion se multiplia pour assurer le succès de
l'oeuvre; il écrivit à droite et à gauche, alla de ville en ville, de
village en village, de porte en porte, mendier pour le monument du héros
de Châteauguay. Il eut à lutter péniblement contre ceux qui voulaient
que ce monument fut érigé à Montréal, dans une ville, où il aurait
nécessairement produit plus d'effet. Ses adversaires avaient peut-être
les meilleures raisons de leur côte, mais comme il n'y avait personne
pour le suivre, pour déployer autant de dévouement et d'activité, il
l'emporta naturellement et il n'y eut bientôt qu'une voix pour répéter
après lui que Chambly devait avoir l'honneur de posséder le monument
comme les cendres du héros.
Mais la souscription marchait lentement.
M. Dion vit avec regret que le monument ne pourrait pas être inauguré en
mil huit cent quatre-vingt. En attendant, pour stimuler le zèle de la
population dans le district de Québec, il entreprit de faire poser
une tablette commémorative A Beauport sur la maison même ou naquit
de Salaberry. La population de Québec répondit à son appel, et le
vingt-huit juin mil huit cent quatre-vingt, la cérémonie eut lieu. Son
Honneur le lieutenant-gouverneur présidait, entouré de personnages
marquants et d'une foule enthousiaste. Une immense acclamation remplit
l'air quand le lieutenant-gouverneur écarta le voile qui couvrait
le marbre commémoratif. Ce marbre a la forme d'un écusson et porte
l'inscription suivante:
Force à superbe et mercy à faible.