DAPHNIS.--Nous sommes arrivés.
LYCÉNION.--Moi du moins, et je descends de voiture, tandis que vous
continuerez vers des pays neufs.
DAPHNIS.--Je voudrais, sans être banal, vous dire quelque chose de très
tendre.
LYCÉNION.--Oui, le mot de la fin, le mot fleuri qui parfumera mon
souvenir pour la vie. Vous ne le trouvez pas. Cherchez.
DAPHNIS.--Il me vient et s'en retourne. J'ai comme de la ouate dans la
gorge.
LYCÉNION.--Ne vous faites pas de mal. Désenlaçons-nous sans douleur.
Allez, et aimez bien la petite.
DAPHNIS.--Ah! je l'aimerai--plus tard.
LYCÉNION.--C'est vrai. Il faut le temps de donner un peu d'air à votre
coeur.
DAPHNIS.--Je vous vois calme. Il me semble que je vous laisse sur une
bonne impression et que le moment est venu de partir. Vos nerfs dorment.
Je m'en vais, doucement, à l'anglaise. Ne vous dérangez pas, il fait
encore clair dans l'escalier.
LYCÉNION.--Quel vide, tout de même, et que de choses vous emportez!
DAPHNIS.--Oui, mais il vous reste le beau rôle.