REMARQUES SUR L'EMPLOI DES FOURRURES POUR LA CHAPELLERIE.

Nous avons passé sous silence une foule de fourrures, comme celles

du chat, etc., qui sont douées d'une plus ou moins grande beauté,

et qui sont très propres à la confection des chapeaux; leur rareté,

leur application spéciale à d'autres genres de fabrication ou à

divers emplois, nous dispensent d'en faire l'énumération, encore

plus de les décrire. Nous allons donc nous borner à présenter ici

quelques remarques générales qui se rattachent au mérite respectif

des fourrures.

Nous dirons d'abord que lorsque l'animal n'a pas atteint son

entière croissance, ou mieux son développement complet, le poil de

sa fourrure est difficile à préparer et à mettre en oeuvre; ces

peaux-là sont défectueuses. Par une raison contraire, les peaux des

vieux animaux donnent un poil plus rude et d'un emploi moins facile

que celles des animaux d'un âge moyen.

On donne le nom de _peaux battues_ à celles des animaux qui ont été

tués par une arme à feu qui avarie presque toujours la partie sur

laquelle le coup a porté. Ainsi celles des animaux pris dans des

pièges sont préférables en ce qu'elles sont bien plus entières, et

non avariées par le sang.

La dénomination de _peaux vertes_ s'applique aux peaux dont on

vient de dépouiller l'animal. En cet état leur préparation est non

seulement fort difficile, mais toujours incomplète; on y remédie

aisément en laissant bien sécher les peaux à l'air libre et sec, en

les étendant sur des cordes.

Les _peaux de recette_ ou de première qualité sont celles qui

n'offrent point d'imperfections, et qu'on a extraites de l'animal

dans la saison la plus opportune.

21 Dans toute la France, on achète les peaux de lièvre et de lapin

fraîches ou sèches à tant la pièce. Quand leur dessiccation est

complète, on les empaquette par cinquante-deux, ou par cent quatre,

qu'on vend ensuite par centaines en en donnant quatre de plus pour

cent. Dans certains départemens de l'Ouest, on vend les peaux qui

sont très petites au poids.

Quant aux agnelins, on doit choisir de préférence non ceux des

agneaux mérinos, qui ne se feutrent pas bien, ni ceux des métis,

mais bien parmi les indigènes ceux des troupeaux qui fournissant la

plus belle laine, la plus soyeuse et la plus fine.

Manuel complet des fabricans de chapeaux en tous genres · 第 9 / 33 题