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Les vacances revinrent encore; le voyage dans le Midi eut lieu pour la

troisième fois, et là-bas, au beau soleil d'août et de septembre, tout

se passa comme aux précédentes années: mêmes jeux avec ma bande fidèle,

mêmes expéditions dans les vignes et les montagnes: mêmes rêveries de

moyen âge dans les ruines de Castelnau, et, aux abords du sentier

solitaire où gisaient nos filons d'argent, même ardeur à fouiller le sol

rouge, en prenant des airs d'aventuriers,--bien que, chez les petits

Peyral, la foi en ces mines n'y fût vraiment plus.

Ce recommencement toujours semblable des étés me donnait parfois

l'illusion que ma vie d'enfant pourrait indéfiniment se prolonger ainsi;

cependant, je n'avais plus de _joie à mes réveils_; une espèce

d'inquiétude, semblable à celle que laisse un devoir non accompli, me

reprenait chaque matin, de plus en plus péniblement, à la pensée que le

temps fuyait, que les vacances allaient finir et que je n'avais pas

encore eu le courage de décider de ma vie.

Le roman d'un enfant · 第 83 / 93 题