Ce Paul, il savait des vers, d'un poète défendu appelé Alfred de Musset,
qui me troublaient comme quelque chose d'inouï, de révoltant et de
délicieux. En classe il me les disait à l'oreille, d'une voix
imperceptible, et, avec un remords, je les lui faisais recommencer:
Jacque était immobile et regardait Marie,
Je ne sais ce qu'avait cette femme endormie
D'étrange dans ses traits, de grand, de _déjà vu_.
. . . . . . . . . . . . . . . . . .
Dans le cabinet de travail de mon frère,--où j'allais de temps en temps
m'isoler, retrouvant le regret de son départ,--j'avais vu sur un rayon
de la bibliothèque un gros volume des oeuvres de ce poète, et la
tentation m'était souvent venue de le prendre; mais on m'avait dit: «Tu
ne toucheras à aucun des volumes qui sont là sans nous prévenir,» et ma
conscience m'arrêtait encore.
Quant à en demander la permission, je savais trop bien qu'elle me serait
refusée...