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Après le dîner de midi, il était d'usage chez mon oncle de se tenir

pendant une heure ou deux à l'entrée de la maison, dans le vestibule

dallé de pierres et orné d'une grande fontaine guillochée, en cuivre

rouge: c'était le lieu le plus frais, au moment de la lourde chaleur du

jour. On y maintenait l'obscurité en fermant tout, et deux ou trois

petites raies de soleil, où dansaient des mouches, filtraient seulement

à travers les joints de la grosse porte Louis XIII. Dans le village

silencieux, où personne ne passait, on n'entendait toujours que le même

éternel jacassement de poules, toutes les autres bêtes semblant s'être

endormies.

Moi, je n'y restais point, dans ce vestibule frais. L'accablant soleil

du dehors m'attirait, et à peine d'ailleurs était-on installé là, en

cercle, qu'on entendait «Pan! pan!» à la porte de la rue: les petits

Peyral, qui venaient me chercher, et qui secouaient tous trois le vieux

frappoir de fer, chauffé à brûler les doigts.

Alors, chapeaux baissés, nous partions chaque jour pour quelque

entreprise nouvelle, avec des marteaux, des bâtons, des papillonnettes.

D'abord, les petites rues gothiques pavées de cailloux; puis les

premiers sentiers alentour du village, toujours couverts d'un matelas de

balle de blé, où on enfonçait jusqu'aux chevilles et qui entrait dans

les souliers; puis enfin la campagne, les vignes, les chemins qui

grimpaient vers les bois; ou bien encore la rivière, guéable pour nous,

avec ses îlots pleins de fleurs.

Comme revanche de mon calfeutrage et de ma vie trop immobile, trop

correcte de toute l'année, c'était assez complet; mais il y manquait

toujours la compagnie d'autres garçons de mon âge, les froissements,--et

puis cela ne durait que deux mois.

Le roman d'un enfant · 第 73 / 93 题