Exposé des deux méthodes d’éducation, répressive et préventive.--Quatre
avantages découlant de cette dernière.--Deux tableaux de la vie de
collège synthétisant ces thèses.--Le chapitre des punitions: principe
général dont elles doivent s’inspirer, caractères qu’elles doivent
revêtir.--L’esprit de famille à réaliser: idéal fixé à cette éducation.
Quand, au milieu d’une conversation sur les idées pédagogiques des
éducateurs modernes, le nom et l’œuvre du Bienheureux Don Bosco viennent
à être évoqués, il se rencontre toujours quelque esprit mieux informé
qui se charge de ramasser en un mot les théories d’éducation du grand
apôtre de la jeunesse: «Ah oui! Don Bosco, vous savez, le système
préventif», lance-t-il triomphant. Le système préventif! Et voilà! On
croit avoir tout dit de ce remarquable corps de doctrine pédagogique
élaboré au cours d’un demi-siècle d’exercices pratiques, quand on a
prononcé d’un petit air léger ces sept syllabes!
Certes, le système préventif occupe le centre des constructions
pédagogiques du saint; mais, tout de même, il faut bien le constater, il
ne forme que la partie négative de son œuvre. Sur cette base solide
s’élève tout un édifice d’idées hardies, d’apparence neuve, conformes
cependant au plus pur enseignement de l’Évangile.
En six chapitres bien nets, nous allons avoir le plaisir de les analyser
devant nos lecteurs. Mais, auparavant, au seuil de cet exposé, nous
tenons à apprendre à qui l’ignorerait encore ce qu’est ce fameux
_système préventif_ dont beaucoup parlent sans trop le connaître.
* * * * *
il y a deux façons d’élever la jeunesse, constate le Bienheureux Don
Bosco. L’une très connue, toujours très répandue, ayant la vie
terriblement dure, consiste à assurer l’ordre en châtiant le délit à
peine commis, selon un tarif de punitions préétabli. «Reste tranquille,
ne trouble pas la discipline extérieure, semble dire l’éducateur dans ce
système, car, si tu le fais, voici ce qui t’attend.» Don Bosco note
finement que ces procédés fleurissent, et même s’imposent dans les
casernes et auprès des personnes dont l’âge suppose la pleine raison.
Tout autre est le second système. Il ne part plus de la préoccupation
d’obtenir de force, par la crainte du châtiment, un ordre propice à la
tranquillité de l’éducateur, à la dignité de la discipline, et à l’œuvre
d’éducation, mais de l’idée qu’il faut à tout prix éviter l’offense à
Dieu. «A quoi bon châtier après coup un désordre, disait
mélancoliquement Don Bosco: Dieu a déjà été offensé!» Non: tout l’art,
tout le souci de l’éducateur doivent tendre à empêcher l’enfant de faire
le mal par une surveillance de toutes les minutes. Il doit le mettre
dans l’impossibilité matérielle de pécher en l’enveloppant toujours de
son regard et de sa sollicitude attentive. Il doit sans cesse se trouver
au milieu de ses petits. A quel titre? De supérieur? De pion? Non, mais
de père qui ne laisse jamais ses enfants seuls tant que leur liberté
n’est pas suffisamment éduquée.
Cette _méthode préventive_, comme on l’a appelée, pour l’opposer à
l’autre, la _méthode répressive_ à base de punitions, s’attache, comme
on le voit, à tarir le mal dans sa source en supprimant l’occasion ou en
la neutralisant. Elle copie les meilleurs progrès de la science moderne,
qui a plus de confiance en l’hygiène qu’en la médecine, et qui aime
mieux préserver que guérir.
Rien de plus opposé, on peut le constater, que ces deux méthodes. La
première est à base de crainte révérentielle, et la seconde
d’affectueuse vigilance, de bonne et saine familiarité, d’amour. La
première tient le supérieur à distance de l’élève, dans un isolement
splendide, d’où il ne sort que pour sévir; elle lui compose un visage
glacial, des yeux soupçonneux, une attitude distante et réservée,
susceptible d’inspirer la terreur; elle crée ces fameuses lignes
parallèles où maîtres et élèves cheminent sans risque de jamais se
rencontrer; et surtout elle s’appuie sur un code pénal que distinguent
les caractères suivants: les châtiments prévus sont souvent d’ordre
corporel; ils écrasent l’enfant pour lui enlever le goût de la récidive;
ils s’appliquent automatiquement, brutalement, sans distinction de
personnes, selon les exigences du tarif; ils requièrent une comptabilité
remarquablement tenue où on les voit s’inscrire en regard des délits et
ne s’effacer qu’après solde complète.
Cette méthode aboutit à de curieux résultats, qu’il serait trop long et
trop cruel de relever; mais nous avons encore dans l’oreille cette
phrase d’un enfant qui l’avait subie pendant cinq ans: «Je n’ai mis le
pied dans le bureau du supérieur qu’une seule fois, pour me faire
ramasser.» Dans ce système, la compénétration des cœurs n’est pas, on le
voit, l’idéal poursuivi, sinon atteint.
Tandis qu’au contraire l’autre méthode ne pense, ne rêve qu’à cela:
établir entre l’éducateur et l’élève un contact étroit, familier,
intime, d’où jailliront une cordialité de bon aloi et une confiance
abandonnée. Dans ce dessein, elle mêle partout enfants et supérieurs, en
récréation, à la promenade, dans la salle d’études, à la chapelle; elle
descend l’autorité de son trépied et l’abaisse joliment, sans la
compromettre, au niveau de l’enfant; elle enveloppe l’élève d’une
surveillance assidue, mais affectueuse, nullement tâtillonne, une
surveillance qui ouvre les yeux, mais sait aussi les fermer; elle ne
proscrit ni le geste affectueux, ni la parole cordiale, ni le ton de la
vraie paternité; elle brise impitoyablement toutes les barrières qu’un
respect mal entendu, ou des traditions jansénistes voudraient dresser
entre maîtres et élèves; en un mot, elle se fait toute à tous pour
gagner au Christ la jeunesse. «Malheur à la maison, écrivait Don Bosco
en 1884, quatre ans avant de mourir, où les supérieurs ne seront
regardés que comme des supérieurs, et non plus comme des pères, des
frères, des amis! On les craint, mais on ne les aime pas.»
Nous entendons l’objection, elle est si courante: «Dans l’aventure c’est
votre prestige qui va sombrer. L’autorité, nécessaire à toute éducation,
va être mortellement atteinte, car cette vie mêlée va permettre à l’œil
infaillible de l’enfant de découvrir les petits côtés, les défauts, les
travers de ses maîtres.»
A quoi l’on pourrait répondre: Préférez-vous, adoptant l’autre système,
étouffer la spontanéité de l’enfant, l’induire en hypocrisie, lui donner
le goût de la façade soigneusement blanchie, mais abritant une
marchandise équivoque, lui laisser de ses années d’enfance et de
jeunesse, et de la maison où elles s’écoulèrent, le plus sombre des
souvenirs? Mais nous aimons mieux, avec un des plus éloquents défenseurs
du système répressif, répondre: «Bien que les parents vivent avec leur
marmaille et tripotent avec elle du matin au soir, ils ont un moyen de
sauver leur prestige, c’est d’être des saints: et, de fait, beaucoup
s’efforcent de devenir meilleurs.»
* * * * *
«Pas commode ce système-là, diront certains!» «Entendons-nous, répondait
Don Bosco; très commode, très apprécié et très efficace du côté des
élèves. Mais, convenons-en, assez pénible du côté de l’éducateur.
Toutefois, les difficultés qu’il soulève seraient vite réduites, si le
maître s’appliquait avec zèle à sa tâche.»
Et comme pour enfoncer ce goût de l’éducation et cette méthode de
sacrifice dans l’âme de ses disciples, il promettait aux partisans du
système préventif quatre résultats certains: leurs élèves leur
demeureraient attachés tout au long de l’existence, en dépit des pires
écarts de la tête et du cœur; nul d’entre eux, si méchant ou vicieux
qu’on l’eût accepté, n’empirerait entre leurs mains; la contagion du
vice, étouffée ou neutralisée par cette surveillance attentive,
s’arrêterait aux portes de la maison; et enfin, et surtout, le cœur
étant gagné, ce seraient les parties profondes de l’âme qui se
laisseraient pénétrer et transformer.
Plus tard, sur la fin de ses jours, à l’âge où toutes les leçons de la
vie lui remontaient en sagesse et en expérience, vieillard presque
septuagénaire, il incarnait en deux scènes vivantes ces deux systèmes
qui partagent le monde des éducateurs. Il les saisissait tous deux au
vif au cours d’une récréation de collège.
Ici, disait-il, c’est la joie, l’expansion, le jeu animant de son
souffle toute une jeunesse ardente. Pas de groupes isolés, pas de
conversations louches dans les coins, pas de fuites dérobées dans les
corridors ou les escaliers obscurs! Mais des cris, des chants, des
rires, à en avoir les oreilles cassées. Les supérieurs sont mêlés aux
parties engagées et apportent à cette tâche une passion peu commune.
Ceux dont les jambes n’ont plus la souplesse de la jeunesse ou de
l’entraînement quotidien, encouragent de leur présence ou de leur
applaudissement les succès de la partie, ou se promènent avec les élèves
qu’un juste motif écarte du jeu. Tout le monde est sur la cour; père et
fils sont mêlés dans le plus charmant des vacarmes; les regards sont
francs, les fronts épanouis, les cœurs sur les lèvres: c’est la famille
avec son charme, sa cordialité, son abandon, sa divine douceur.
Quel contraste avec le spectacle d’une cour régie par l’autre système!
Ici, à l’heure de la récréation, plus de cris, de chants, d’éclats de
voix. L’attitude des élèves reflète un morne ennui, une espèce de
lassitude. Ils semblent tous bouder. Leur visage trahit une sorte de
défiance qui fait mal au cœur. Quelques-uns d’entre eux courent et
sautent avec la charmante étourderie de leur âge; mais la plupart se
tiennent solitaires dans les coins, appuyés aux murs, perdus dans leurs
pensées. On en voit d’autres assis sur les marches des escaliers,
répandus dans les corridors, dans les lieux écartés, pour échapper à la
surveillance. Plusieurs se promènent lentement, en groupes, et
discourent; mais leur conversation ne doit pas être fameuse, sinon
pourquoi ces regards inquiets et scrutateurs jetés à la dérobée,
pourquoi ces sourires mauvais, révélateurs du mot ou du récit
équivoques? Où sont, à cette heure, les maîtres de ces enfants? Ailleurs
pour sûr, devisant ou philosophant entre eux, ou retirés dans leurs
chambres. Sur la cour il n’y a que le surveillant de semaine, incapable
de dominer la récréation et d’en assurer la discipline intérieure. A son
passage les groupes s’écartent, les conversations s’étouffent et les
attitudes redeviennent correctes. C’est tout ce que l’on veut cette
cour-là, et certainement un des lieux de la maison où les âmes sont le
plus endommagées. Fatal aboutissement d’une méthode qui, par principe,
raréfie les contacts entre l’éducateur et l’élève, entre la matière à
transformer et l’ouvrier même de cette transformation!
* * * * *
«Mais, quoi que vous fassiez, objectent les gens d’esprit pratique, vous
n’arriverez jamais à conjurer tout écart. Il s’en produira fatalement.
Où sera la sanction alors? Comment se rédige, dans ce système, le
chapitre des punitions?»
L’objection ne déconcertait ni Don Bosco, ni ses premiers disciples.
Voici sa réponse.
Des punitions oui, il en faut. Nous ne sommes pas de ceux qui laisseront
jamais la nature s’égarer sur de faux chemins. Quand elle s’y écarte, il
faut la ramener; de gré ou de force, il faut sévir. La prudence,
l’exemple, la justice le requièrent, moins souvent peut-être qu’on le
dit, mais quelquefois tout de même. Alors ces punitions s’inspirent du
principe même du système: _Prendre garde avant toutes choses de fermer
le cœur de l’enfant, de l’endurcir, de le clore à l’œuvre positive
d’éducation._
En vertu de ce principe, les châtiments en usage dans les maisons
salésiennes revêtiront les quatre caractères suivants: _on les retardera
le plus possible;--ils ne seront ni humiliants, ni irritants;--ils
s’imprégneront de raison;--ils relèveront eux aussi de ce fameux «ordre
du cœur»_, si cher à Pascal.
Don Bosco a pu affirmer au terme de sa vie qu’il s’était occupé pendant
un demi-siècle et plus de la jeunesse sans avoir jamais eu à punir une
seule fois. Sans doute c’était un saint, et il n’est pas donné à tout le
monde de disposer de ce prestige et de cette science rare d’éducateur.
Ses fils essaient quand même de marcher sur ses traces en punissant le
moins possible, en retardant jusqu’aux extrêmes limites l’heure du
châtiment. Ils surveillent toujours, mais du coin de l’œil, d’un œil
qui, connaissant la légèreté involontaire de la jeunesse, se ferme
souvent. Tant que c’est possible, dispensez-vous de punir, disait le
Bienheureux: ils s’y essaient.
Mais parfois ils ont conscience qu’une punition s’impose; alors ils se
rappellent les prescriptions de leur maître. Jamais ou presque jamais de
châtiment public, humiliant, froissant les parties vives de l’âme,
accumulant pour des années, pour une vie entière parfois, des trésors de
rancune, arrêtant net tout travail sérieux d’éducation! Jamais de
châtiments corporels, irritants, écrasants, poussant les cœurs à la
révolte: heures indéfinies de piquet, pensums interminables, positions
douloureuses, coups, tirements d’oreille, etc., etc. Même les renvois,
rendus obligatoires par le scandale obstiné et l’indiscipline entêtée,
devront se faire joliment. Autant que possible on s’ingéniera à faire
surgir un prétexte naturel, à faire arriver un parent providentiel qui
éloigneront l’enfant dangereux. Ainsi l’honneur sera sauf. Et, au seuil
de la maison, la dernière poignée de mains du maître sera encore
affectueuse, pour que l’enfant prodigue sente qu’un cœur l’attend
toujours au foyer de la vieille maison. «Cher petit, je ne puis te
garder; tu me gâterais mes autres brebis. Mais c’est un ami que tu
laisses ici. Rappelle-le toi et reviens te jeter sur son cœur aux heures
méchantes de la vie.»
En 1880, à l’âge de 65 ans, le Bienheureux Don Bosco, revoyant une
dernière fois les pages où il avait condensé le suc de sa doctrine,
ajouta ces quatre lignes: «Avant d’infliger la moindre punition,
supputez le degré de culpabilité de l’enfant; et si l’avertissement
suffit, n’employez point le reproche; et si le reproche suffit,
n’employez point le châtiment.» Ah! Que voilà une règle d’or! Comprendre
la faute! Expliquer le péché! Proportionner le châtiment non au délit,
sans intelligence, brutalement, appliquant la lettre d’un code rigide,
mais à la culpabilité, au degré de malice introduit dans l’acte! Plus de
tarif uniforme qui, en face du délit, relève la punition correspondante
et l’inflige sans discernement; mais un examen rapide et sage du cas
individuel, et un châtiment proportionné au mal volontaire, et ramené à
son minimum de sévérité efficace. Tel pauvre petit, à peine responsable,
récidiviste du mal, héritier de tares ancestrales, victime désignée à
toutes les séductions par la fragilité ou la violence de sa nature,
allez-vous le traiter, pour le même délit, comme le bon petit enfant qui
n’a jamais eu sous les yeux que des exemples de vertu, et, dans le sang,
dans les nerfs, que des forces de vie et d’équilibre?
Enfin, à l’heure où il faudra sévir à tout prix, on se rappellera qu’il
est de beaucoup préférable d’employer ce genre de punitions qu’une mère
sait manier si adroitement. Un visage consterné, une parole froide ou
indifférente, des yeux qui se détournent, une main qui se retire: quatre
fois sur cinq cela suffit pour châtier des cœurs d’enfants, à condition
toutefois qu’on ait réussi, par son dévouement, à s’en faire aimer.
Écoutez Don Bosco:
«Pour les jeunes gens est châtiment tout ce que l’on fait servir comme
tel. C’est un fait qu’un regard glacial produit plus d’effet sur eux
qu’un soufflet. Un mot de louange à qui l’a mérité, une parole de blâme
à qui s’est oublié constituent souvent une récompense et un châtiment
véritables.» Un soir que Don Bosco avait appris, par les rapports de ses
surveillants, qu’un vent de fronde tentait de souffler parmi son petit
peuple, il n’eut, pour l’arrêter net, qu’à dire à ses fils, après les
prières du soir, avant de les envoyer se reposer: «Je ne suis pas
content de vous. Ce soir je ne vous dirai rien: allez dormir!»
S’il arrive toutefois que l’enfant demeure rebelle à de tels procédés,
alors la punition proprement dite est appliquée, celle-là même que nous
avons qualifiée plus haut, ni irritante, ni accablante, toute empreinte
de raison et réduite au strict minimum. On nous demande des exemples: en
voici quelques-uns pris au hasard de nos souvenirs. L’enfant se verra
privé de promenade, d’une séance théâtrale; il sera retenu à l’heure de
la récréation pour achever son devoir; on prélèvera un tant sur ses
réserves de bons points; on lui interdira à son goûter les friandises
apportées par sa famille; ses jours de vacances, en fin d’année, seront
diminués; il partira plus tard ou rentrera plus tôt que ses camarades,
etc. On voit que c’est toujours du même esprit que s’inspirent ces
terribles punitions: ne pas se fermer un cœur dont la complicité est
nécessaire à l’éducateur pour commencer, poursuivre et achever son
œuvre.
* * * * *
Tout à l’heure, à dessein, un mot est tombé de notre plume, que nous
voulons reprendre ici comme conclusion de ce bref exposé. La famille!
C’est le mérite de cette éducation à base de sollicitude attentive, de
contact intime et fréquent entre le maître et l’élève, de compénétration
des cœurs, de vouloir, dans la mesure du possible, reconstituer autour
de l’âme de l’enfant l’atmosphère même de la famille. La créature
humaine ne peut s’en passer; pour dilater sa vie, il faut qu’elle la
respire. Si, par un accident bizarre ou tragique, ce milieu naturel,
voulu de Dieu, vient à lui manquer, on voit tout de suite s’étioler son
tempérament d’homme et de chrétien.
Eh bien, soit! dit l’éducateur salésien. Puisque la vie méchante, par
ses nécessités économiques ou par les désertions du devoir qu’elle
provoque, puisque la mort, par ses sombres coups d’aile, a privé ce
petit de ce bien sans égal, nous lui reconstituerons une autre famille.
Elle sera un peu artificielle sans doute; mais notre souci, notre art et
notre charité s’ingénieront de mille façons à rendre l’illusion assez
forte pour que l’enfant se croie toujours au foyer paternel, dont sa
jeune tendresse est, au moins momentanément, sevrée, et qu’il épanouisse
en fleurs et en fruits les riches puissances de sa nature.