Il paraît que cette dernière phrase n'appartient pas à cette lettre, qui
devait se terminer comme il suit:
«...Que lui reste-t-il? Que nous restera-t-il dans cet abandon, seule
destinée qui nous soit commune? Quand le songe de l'aimable et de
l'honnête vieillit en notre pensée incertaine; quand l'image de
l'harmonie descend des lieux célestes, s'approche de la terre, et se
trouve enveloppée de brumes et de ténèbres; quand rien ne subsiste de
nos affections ou de notre espoir; quand nous passons avec la fuite
invariable des choses et dans l'inévitable instabilité du monde! mes
amis! elle que j'ai perdue, vous qui vivez loin de moi! comment se
féliciter du don d'existence?
«Qu'y a-t-il qui nous soutienne réellement? Que sommes-nous? tristes
composés de matière aveugle et de libre pensée, d'espérance et de
servitude; poussés par un souffle invisible malgré nos murmures;
rampants à la vue des clartés de l'espace sur un sol immonde, et roulés
comme des insectes dans les sentiers fangeux de la vie, mais, jusqu'à la
dernière chute, rêvant les pures délices d'une destination sublime.»