I
Deux mariages venaient de se célébrer en même temps à la petite église
de Gléni, près La Châtre. Marie venait d’épouser Ives, et sa cousine
Blanche venait d’épouser Louis, frère d’Ives.
Les deux cousines avaient perdu leurs pères; les mères vivaient toujours
et ne se ressemblaient pas. La mère de Marie s’appelait Jeanne. La mère
de Blanche s’appelait Rosine.
Quand on revint de l’église les prés étaient couverts de rosée, et les
oiseaux sautillaient dans les buissons, en gazouillant tout bas: c’était
le matin.
Blanche était blonde, petite, un peu grasse; elle avait le nez fin, les
yeux grands, les lèvres fortes, et le sourire un peu malin. Quant à
Marie, elle était plus grande que Blanche, svelte et brune. Son visage
était sérieux, et, sans être jolie, elle plaisait. On la sentait
discrète à la nature de son sourire. Bien qu’elle fût du même âge que
Blanche, on lui parlait comme à une femme, et on traitait Blanche en
enfant. Elles étaient nées le même jour, on les mariait le même jour,
elles épousaient les deux frères.