Sire, enfin le Sr de Quillegrey a esté dépesché ce matin pour aller
résider quelque temps prez de Vostre Majesté pour les affaires de la
Royne d'Angleterre, pendant que le Sr de Valsingam, son ambassadeur,
se fera guéryr de son indisposition d'uryne à Paris; et parce que de
la première négociation, que le dict Sr de Quillegrey fera avec Voz
Majestez, a de résulter le meilleur et le principal effect des choses
qu'aviez à espérer de ce costé, tant de la dépesche du seigneur de ce
conseil qui le doibt bientost suyvre, et des conjectures, que estuy cy
pourra prendre de voz propos, si le voyage de l'aultre sera de quelque
effect, que pour descouvrir vostre intention sur les choses d'Escoce,
et veoir s'il vous en pourra tant dégouster qu'il les vous face avoir
pour délayssées, et aussi pour mesurer s'il y aura plus de seureté et
de proffict, pour sa dicte Mestresse, de s'appuyer sur vostre amytié
et intelligence que de retourner à celle d'Espaigne, ou à commancer
une nouvelle ligue avec les princes protestans, j'ay estimé, Sire,
estre nécessaire de vous dépescher en dilligence ung des miens affin
de vous faire entendre là dessus aulcunes choses qui semblent importer
beaucoup que vous les sachiez, premier que de parler au dict Sr de
Quillegrey. Duquel, au reste, Sire, pour l'asseurance qu'il me donne
de ses bons offices en ceste sienne commission, j'ay à vous randre ce
tesmoignage de luy, lequel Mr de Foix vous confirmera, qu'il faict
ouverte profession, après son naturel debvoir envers sa princesse et
son pays, de n'avoir nulle plus grande affection que de unyr elle et
icelluy à l'intelligence de Vostre Majesté et de vostre royaulme: qui
pourtant vous supplie très humblement, Sire, de le vouloir bien
recevoir. Et sur ce, etc. Ce XXIVe jour d'octobre 1571.