Madame, ce peu de motz ne sont pour entièrement respondre à la lettre
de Vostre Majesté, ny à celle bien ample que, par vostre commandement,
Mr de Foix, m'a escripte; seulement, Madame, je vous signiffieray icy
la réception des deux, et comme la Royne d'Angleterre, avant que je
les aye veues, avoit desjà leu celles que le Sr de Valsingan et le Sr
Cavalcanty luy avoient escriptes[7]; ès quelles elle a monstré n'y
avoir trouvé de satisfaction, ains plustost de l'offance. Et, sans que
je luy ay franchement communiqué voz honorables et vertueuses
responces, et les sages remonstrances du dict Sr de Foix, qui sont les
unes et les aultres contenues en sa lettre, tout estoit gasté. Et ne
sçay encores, Madame, que juger de l'affaire, car la dicte Dame m'a
semblé estre plus restraincte au poinct de la religion, que ce que Mr
le comte de Lestre m'avoit prié dernièrement vous en escripre; mais je
doibz conférer encores aujourd'huy avecques elle, et avec le dict
sieur comte, et avec milord Burlay; desquelz je mettray peyne, sans
trop débattre les choses, de sentyr leur dernière résolution.
Cependant, parce que ce porteur est renvoyé présentement avec quelque
response, je adjouxteray seulement icy que le dict sieur comte de
Lestre m'a dict que le contenu des lettres des dicts Valsingan et
Cavalcanty estoit fort différand de ce que Mr de Foix mandoit. Je
mettray peine de le sçavoir et prieray à tant nostre Seigneur, etc.
Ce VIe jour de may 1571.
[7] Voir la _lettre de Walsingham à milord de Burleigh_ des 8 et
9 avril 1571, et _la conférence entre Mr de Foix et
lui_.--_Négociations de Walsingham_, lettre LXXI, p. 98.