Mme de Witt, née Guizot, dont l'érudition seule égale la modestie, est
à la tête de cette glorieuse phalange de notre époque qui écrit pour
la jeunesse, et il faut nommer comme grandes marques, à son côté: Mme
de Stolz, la comtesse de Ségur, Mme de Pibrac, Mme Colomb[69], Mme
de Pressensé, Mme Blandy, Mme de Nanteuil, Mme Tremadeur, Mme Julie
Gourault, et une quantité d'autres que j'oublie forcément, car elles
sont légion, qui ont suivi la trace de Mme Guizot. Les fillettes ne
peuvent plus se plaindre de ne pas avoir d'historiettes à lire. Ce sont
la plupart des petits chefs-d'œuvre de sentiment et de morale. Le style
est suffisant, mais n'a rien d'assez personnel pour être cité.
[69] Décédée pendant que notre livre était sous presse.
Plusieurs cependant ont un cachet tout personnel: Mme de Witt s'adonne
aux études d'histoire; elle compulse les chroniques de Froissart, et
rend le vieux langage intelligible pour ses jeunes lecteurs; dans ses
historiettes, le héros ou l'héroïne est la plupart du temps malade ou
infirme, ce qui est toujours touchant et édifiant.
Mme de Stolz a adopté les études de calcul où elle a trouvé une mine
intarissable.