Tous les biens sont si fugitifs qu'alors qu'on les tient il faut
encore prévoir qu'ils doivent nous échapper.
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Quelles ressources laissent-ils à un esprit léger et irréfléchi?
Le désœuvrement ajoute à toutes les douleurs comme à tous les vices.
L'enfance, si nous ne l'attristons pas, la jeunesse, si nous la
laissons faire, sont des temps de jouissance et de bonheur. Il est
facile, sans les déposséder de leur apanage naturel, de les munir de
quelques idées sérieuses qui prépareront le repos et la dignité de
ces derniers temps.--Que la jeune fille apprenne ou qu'elle aperçoive
le plus tôt possible la faiblesse de l'enfance, les droits de la
jeunesse, mais, en même temps, à quelle condition et dans quel but
ces droits lui sont donnés.
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Mais pour obtenir qu'une pensée sérieuse puisse trouver place au
milieu des émotions des premiers pas de la vie, il est essentiel
qu'une mère indulgente et sincère, se rappelant ce qu'elle a senti et
éprouvé, laisse un libre cours aux impressions naturelles à cet âge.
La mère éclairée représente, à l'égard de sa fille, l'une de ces
divinités surveillantes que les anciens plaçaient auprès des mortels;
c'est la sagesse, c'est la prudence, sous des traits plus doux et
plus chers que ceux de Mentor. Elle doit seconder la conscience
sans la remplacer; elle doit condescendre à la jeunesse pour en
être écoutée; elle doit comprendre son naïf orgueil, son doux
entraînement; c'est en sympathisant avec elle qu'on peut prétendre à
la conduire. Quels moyens d'influence et de persuasion n'aura pas une
mère qui, s'armant ainsi de la seule vérité, conversant des avantages
et des droits du bel âge, enseignera en même temps à sa fille sa
liberté et ses devoirs?
Je crois que l'on peut tirer pour la morale un grand parti de la
beauté. La beauté est une puissance. Un beau visage attire les
regards.
[Illustration]
Penser, combattre et vaincre, voilà la véritable vie, voilà la source
de l'intérêt; hors de là, il n'y a que découragement et langueur.