La république de Sparte passait pour avoir les meilleures et les plus
sages lois. Je ne pense pas comme cela, Mesdames, car je trouve la
plus grande partie de ces lois ridicules et mauvaises; mais j'aime
beaucoup celles que les
Spartiates suivaient à l'égard des vieillards. Il n'était pas permis
aux jeunes gens de s'asseoir en leur présence; et quand ils venaient
dans les assemblées publiques, on leur cédait les meilleures places.
Les Athéniens n'avaient pas les mêmes attentions. Un jour qu'il y
avait à Athènes des ambassadeurs de Sparte, ils furent scandalisés
de voir dans la foule de pauvres vieillards qui étaient poussés
sans pouvoir trouver une bonne place pour voir le spectacle. Les
ambassadeurs, qu'on avait mis dans la place d'honneur, ne purent
souffrir cela; et, s'étant levés, ils forcèrent ces vieillards à
s'asseoir en leur place, et donnèrent par là une bonne leçon aux
Athéniens.