Mme DE TENCIN

(CLAUDINE-ALEXANDRINE GUÉRIN)

(1681-1749)

Fut d'abord chanoinesse de Neuville. A Paris, son salon réunissait

l'élite des écrivains et des savants[41].

Elle a écrit plusieurs romans: _le Comte de Comminges_, _le Siège de

Calais_, _les Malheurs de l'amour_ et un grand nombre de lettres.

Elle disait un jour à Marmontel:

Malheur à qui attend tout de sa plume; rien de plus casuel. L'homme

qui fait des souliers est sûr de son salaire, l'homme qui fait un

livre ou une tragédie n'est jamais sûr de rien.

Sa conduite fut des plus légères; nous ne nous occuperons pas de sa vie

privée. Elle s'est avouée la mère de d'Alembert, que l'on avait trouvé

abandonné sur les marches de l'église Saint-Roch peu de jours après sa

naissance. Alors qu'il fut arrivé à une réputation universelle, elle

essaya de revendiquer ses droits maternels qu'elle avait méconnus si

longtemps; mais il lui répondit en lui montrant la paysanne qui l'avait

élevé: «Ma mère, la voici, je ne connais qu'elle qui a pris soin de

moi.» Cet épisode a été reproduit sur la toile par Jean Gigoux.

[41] La Harpe et Villemain en ont fait le plus grand éloge.

Anthologie féminine · 第 124 / 537 题