[1] «Celui que je vais écrire.»
[2] «J’ai l’idée d’un roman, demain je me mets au travail.»
[3] Madrid, 1910. L’interview remonte, en réalité, à 1909.
[4] «Ah! C’est de Blasco Ibáñez que vous me parlez?»
[5] «Valence est terre divine, puisque là où hier poussait le froment,
croît aujourd’hui le riz...»
[6] «La viande est de l’herbe, l’herbe de l’eau, l’homme une femme et
la femme rien.»
[7] «Un paradis habité par des démons.»
[8] «Je ne saurais le faire.»
[9] «Mais donnez-moi du temps et, certainement, je l’entreprendrai.»
[10] «Père Michel», en valencien. On appelle _cura de escopeta_ un
type de Nemrod en soutane très courant en Espagne chez les curés de
campagne, dits aussi _curas de misa y olla_, par ce que toutes leurs
ambitions sont de dire la messe pour faire bouillir leur marmite.
[11] «Tout Espagnol est avocat à moins de preuve du contraire.»
[12] «Oiseau messager de la tempête.»
[13] «Quels temps! Quelle audacieuse jeunesse! Depuis quand les
morveux écrivent-ils donc des romans?»
[14] «La cape recouvre tout.» Ce proverbe s’emploie aussi parfois,
au figuré, pour indiquer que, sous de belles apparences, se cachent
souvent de grands défauts.
[15] Nom que portent les quartiers bas de Madrid, qui sont ceux où
habite la populace.
[16] «Ce n’est pas mal! En vérité, jeune homme, tu possèdes quelque
talent pour ce genre de choses!»
[17] «Petit étudiant.» Ainsi appelait-on alors, dans ces milieux,
Blasco Ibáñez.
[18] «Vous êtes arrêté.»
[19] «Tête brûlée.»
[20] Article paru aussi dans _El Figaro_ de La Havane, nº du 13
Février 1921.
[21] C’est du moins ce que Bark prétendait en 1910 à la p. 6 de sa
plaquette sur Alejandro Lerroux. Mais Bark est personnage très sujet
à caution. Et, dans mon exemplaire des _Nacionalidades_, la dédicace
du livre est imprimée à l’adresse de _D. Enrique Pérez de Guzmán el
Bueno_ et nullement de ce suspect pamphlétaire.
[22] En revanche, M. F. Ménétrier ne mentionnait pas une œuvre,
d’ailleurs épuisée depuis fort longtemps, de Blasco, intitulée:
_París, Impresiones de un Emigrado_.
[23] «Combien de fois nous a-t-on conduits ici, la nuit!»
[24] «Le chef». Ainsi désignait-on alors Blasco Ibáñez, à la rédaction
de _El Pueblo_.
[25] Dans un article inséré dans _Soi-Même_ (1^{ère} Année, nº 10, 15
Novembre 1917), Blasco a évoqué, sous le bombardement allemand, au
front, ces lointains souvenirs du _Pueblo_, dans un passage qui sera
traduit au chapitre VII.
[26] «Tous à la guerre, riches et pauvres!»
[27] On remarquera que, dans ce volume, l’auteur, pour des raisons
faciles à deviner, parle de son départ d’Espagne comme d’une chose
naturelle et comme s’il se fût embarqué à Cette sur le vapeur français
_Les Droits de l’Homme_.
[28] Nom par lequel on désigne, en Espagne, un jeune déshérité de la
Fortune, un gueux.
[29] «C’est là ce que je considère comme le mieux; mais, si vous
pensez le contraire, je vous suivrai, advienne que pourra...»
[30] «Comment ai-je pu vivre de la sorte?»
[31] «Mais ce Blasco Ibáñez, est-ce un parent du député républicain?»
[32] Réunions en petit comité.
[33] Un très lointain article de Blasco Ibáñez, au nº 1 de _La
República de las Letras_, intitulé: «_El arte social_», traitait
simplement du roman à thèse et renfermait des considérations
ingénieuses sur ce point littéraire délicat.
[34] On sait que, dans ses _Désenchantées_, Loti souhaitait qu’Allah
conservât le peuple turc, «religieux et songeur, loyal et bon». Il est
intéressant d’observer qu’avant lui, Blasco Ibáñez avait formulé le
même vœu.
[35] M. Pierre Mille qui, à la même époque, visitait les rives du
Bosphore, a donné, dans le _Temps_ du Jeudi 3 Octobre 1907, une
description de Brousse, qu’il eût été piquant de rapprocher de celle
de Blasco. Du moins, pourra-t-on se livrer à ce petit exercice pour
les derviches tourneurs, que M. Pierre Mille décrivit dans le _Temps_
du Jeudi 26 Septembre 1907.
[36] Je tiens de source officielle qu’on voulut, pour le récompenser
de sa propagande désintéressée pendant la guerre, l’élever d’un rang
supérieur dans l’Ordre. Sa modestie, cependant, allègue qu’à son âge,
ce qu’il possède est suffisant et que si on l’en juge toujours digne,
l’on pourra plus tard songer de nouveau à lui.
[37] _Nouveaux Lundis_, V. 213.
[38] «Mais ce sont des choses militaires!»
[39] «Tout ce qu’on lit sert, une fois ou l’autre, dans la vie.»
[40] «Pour moi, l’histoire est le roman des peuples et le roman,
l’histoire des individus.»
[41] _De oratore_, II, 9, 36: «L’histoire est le témoignage des temps,
la lumière de la vérité, la vie de la mémoire, la maîtresse de la vie,
la messagère du passé.»
[42] «Douze archéologues, treize opinions distinctes.»
[43] Voir: _Antonio de Hoyos y Vinent_, par V. Blasco Ibáñez, dans la
_Revue Mondiale_ du 15 Octobre 1919.
[44] _The Merchant of Venice_, V, 1, 83-88: «L’homme qui n’a pas une
musique en lui-même, qui n’est pas mû par l’harmonie de doux accords,
est apte aux trahisons, aux ruses, à la ruine. Les mouvements de son
esprit sont sombres comme la nuit et ses affections ténébreuses comme
l’Erèbe. Défiez-vous d’un tel homme. Prenez garde à la Musique!»
[45] Baudelaire, _Œuvres Complètes_, I (Paris, 1868), p. 92.
[46] «Quelle vérité, quelle vérité, à commencer par moi! Mais, qui
donc lit tellement, tellement, tellement?»--Cité par A. Morel-Fatio,
_Etudes sur l’Espagne, Troisième Série_ (Paris, 1904), p. 312.
[47] «C’est dans cette foi que je veux vivre et mourir.»
[48] «Qu’il n’avait pas peur.»
[49] «Parfois j’ai touché; d’autres fois, j’ai été touché. De quelle
utilité cela a-t-il été dans ma vie? Qu’est-ce que cela a bien pu
prouver?... Quand je songe que je fus blessé presque mortellement
trois mois avant d’écrire _La Barraca_!»
[50] Feu!
[51] Vierge.
[52] «On peut être écrivain sans cesser d’être homme bien élevé.»
[53] _La Volonté de Vivre._ L’œuvre fut écrite et imprimée entre _La
Maja Desnuda_ et _Sangre y Arena_.
[54] En préparation.
[55] «La Mère-Patrie».
[56] «Si tu veux que je pleure, il faut que toi-même tu commences par
éprouver de la douleur.»
[57] Campement d’Indiens.
[58] _L’Argentine et ses Grandeurs._ Plusieurs photographies y
représentent Blasco au cours de ses randonnées: ainsi p. 36, 79, 82,
108, 646, 654.
[59] Fabrique de sucre.
[60] Cette conférence, lue par M. Alfred de Bengoechea, traducteur
des _Ennemis de la Femme_, est imprimée p. 404-422 du _Journal de
l’Université des Annales_, Nº du I er Novembre 1918.
[61] Territoire, dans l’Argentine.
[62] Localité.
[63] Journaliers.
[64] Danse populaire au Chili, au Pérou, en Bolivie et d’autres pays
encore de l’Amérique, sorte de sarabande ou de fandango des nègres,
des souteneurs et gens de même acabit. On l’appelle aussi _cueca_.
[65] Nouvelle-Valence.
[66] Cabane, en Amérique Latine.
[67] «Et je pensai qu’un mois avant je déjeunais, au Bois de Boulogne,
au restaurant d’Armenonville!»
[68] «Par sa grande variété.»
[69] «Employé dernièrement son talent à dénigrer l’Allemagne.»
[70] Titre que le Gouvernement impérial accordait aux commerçants et
industriels qui avaient bien mérité du régime.
[71] Qualificatif honorifique en usage avec cette catégorie sociale
d’Allemands.
[72] Banquet.
[73] Indien.
[74] Patrie.
[75] «Cette fois, c’est sérieux.»
[76] «L’éminent écrivain du voisin royaume et l’un des bons amis du
Portugal.»
[77] «L’illustre auteur de _La Catedral_ et de tant d’autres belles
œuvres littéraires.»
[78] «Autour du conflit.» L’ouvrage de M. B. d’Alcobaça a paru à
Lisbonne à partir de Mars 1915, d’abord comme feuilleton du journal
républicain _A Capital_, puis en fascicules successifs chez les
éditeurs J. Romano Torres et Cie dans la même ville.
[79] «Quand les Allemands m’auront présenté deux gaillards de la
taille de ces deux méditerranéens, je commencerai à croire en leur
infaillibilité militaire.»
[80] Texte sténographié, paru dans le _Journal de l’Université des
Annales_ du 15 Mai 1918, p. 516.
[81] _G. Q. G. Secteur I_ (Paris, 1920), tome I, p. 192.
[82] «En me rendant au front.»
[83] _The Morning_, périodique alors publié en langue anglaise par _Le
Matin_, nº du Mercredi 29 Mai 1918.
[84] «Gigantesque «no man’s land» (espace compris entre les deux
tranchées ennemies), où les Alliés combattaient sans trêve les Huns.»
[85] «Sa fuite de Barcelone, où il ne put rester un seul jour...»
(_Article cité page 146._)
[86] «Les affaires sont les affaires.»
[87] _The Illustrated London News_, 12 Février 1921, p. 209. «Ouvrage
qui, dit-on, a été le plus lu de tous les livres imprimés, à
l’exception de la Bible.»
[88] «C’est pour la France, c’est pour la patrie de Victor Hugo!»
[89] Calembours.
[90] «Vente modèle.»--Les tirages de la maison E.-P. Dutton and Cº
sont ordinairement de 10.000 exemplaires. La première édition des
_Four Horsemen_ date de Juillet 1918. Au commencement de Janvier 1920,
l’œuvre atteignait sa 150^{ème} édition, ce qui représentait déjà
environ 5 millions de lecteurs.
[91] «Monceaux d’or.»
[92] LA FONTAINE, _Fables_, Livre VI, 13: «Le Villageois et
le Serpent.»
[93] Discours.
[94] _L’espagnol aux Etats Unis_, feuilleton du journal _Le Siècle_,
26 Janvier 1905.
[95] _El español en los Estados Unidos_, Salamanca. 1920.
[96] Dans son livre de 1918: _El Hispanismo en Norte-América_ (Madrid,
433 pp. in-8º). Le détail de la réception doctorale de Blasco, le 23
Février 1920, et le texte des discours prononcés à cette occasion se
trouvent p. 1-54 du _George Washington University Bulletin_ de Février
1920 (vol. XVIII, numéro 7).
[97] Un court exposé.
[98] Consentement unanime.
[99] «M. le Président, c’est avec un grand plaisir que j’annonce à la
Chambre que nous avons aujourd’hui la visite de Blasco Ibáñez qui,
comme chacun sait, est le premier écrivain espagnol du monde, l’auteur
des _Quatre Cavaliers de l’Apocalypse_ et d’autres ouvrages qui nous
sont familiers à tous. Il sera peut-être intéressant pour les membres
de cette maison de savoir que Blasco Ibáñez a été aussi pendant sept
ans membre des «Cortes», ou Parlement espagnol; qu’il a toujours été
un républicain...»
[100] «dans le cabinet du Président sous peu et serait heureux d’y
faire la connaissance personnelle des membres du Congrès et je suis
sûr que ce sera un grand plaisir pour nous de faire la connaissance
d’un représentant si distingué du meilleur de la littérature
européenne et espagnole, d’un homme, aussi, que nous devons mieux
admirer et connaître à cause de ses principes républicains et
démocratiques.»
[101] «Sur Pérez Galdós», p. 1.369.
[102] Nº de Juillet 1903, p. 105-128.
[103] Premier chef.
[104] «Lettres espagnoles», p. 422 et suivantes.
[105] Voir à la fin du chapitre XII l’indication relative aux extraits
traduits par M. Hérelle.
[106] Littérature universelle.
[107] _Emile Zola, sa vie et ses œuvres._
[108] Marché des Fêtes de Noël.
[109] _Etudes d’Art étranger_, p. 345.
[110] _VIe Série_, T. X, p. 311: _Le Rossignol de M. Gabriele
D’Annunzio_.
[111] «Les traces de Zola, que l’on découvre dans beaucoup de ses
romans, lui ont valu le titre de «Zola espagnol»...»
[112] Une allusion, p. 647, à _La Maja Desnuda_, «_le nouveau
roman de Blasco Ibáñez_», date ce ch. VIII. L’œuvre fut couronnée,
à l’unanimité, du prix Charro-Hidalgo, que _l’Ateneo_ de Madrid
distribue tous les deux ans.
[113] La pêche du _bòu_ est celle où les deux barques couplées
traînent un long filet en naviguant toujours de conserve; c’est notre
pêche au boulier.
[114] _Confesiones del Siglo, 2ª Serie_, Madrid, sans date, Calleja,
p. 161-174: «Blasco Ibáñez». Cette interview n’a pas été reproduite
exactement et plusieurs passages en sont erronés.
[115] «Vengeance mauresque.»
[116] «Ce que je ne vois pas du premier coup, je ne le verrai pas
ensuite.»
[117] «Ce que je n’écris pas du premier jet, je ne l’écrirai pas à la
réflexion.»
[118] Cette édition est en 16 volumes, mais il en existe une infinité
d’autres, de tous formats et de tous prix. Quelques romans ont
même été traduits par cinq traducteurs différents et publiés par
cinq éditeurs distincts. Depuis la révolution russe, Blasco est
naturellement dans la plus complète ignorance de tout ce qui a trait à
ses œuvres en Russie, où elles jouissaient d’une popularité incroyable.
[119] _II^{ème} Série_, Paris, 1901, ch. XXVII: «Du style comme
condition de la vie», p. 330.
[120] «Où l’on n’a écrit qu’en vers, soit dans le genre badin, soit
pour le théâtre, se mettre à écrire en prose sérieuse est une grande
révolution...»
[121] _L’Evolution d’un romancier valencien_, p. 58.--C’est,
d’ailleurs, en castillan aussi qu’écrivit un autre romancier
valencien, dont _Cultura Española_ prétendit que les œuvres avaient
été traduites en français, M. B. Morales San Martín, afin d’obtenir un
succès qui ne vint pas (voir l’article de D. Ramón D. Perés dans le nº
de _Cultura Española_ de Novembre 1909, p. 903.)
[122] Paysans.
[123] Souteneurs.
[124] Aragonais venus chercher fortune à Valence.
[125] Plus douce que le miel.
[126] «Riz et tartane, casaque à la mode, et roule la boule à la
Valencienne.» L’expresion _¡ròde la bola!_ est légendaire pour
indiquer l’insouciance devant l’avenir.
[127] _Flor de Mayo_ est le nom donné à la barque de pêche luxueuse
que le héros du roman, le _Retor_, fait construire avec les profits de
son expédition de contrebande à Alger et qui a été baptisée ainsi par
la suggestion d’une estampe ornant les livres de tabac _May-Flower_
(fleur d’aubépine, librement rendu par _Flor de Mayo_), importé de
Gibraltar.
[128] «Monsieur enfermé pour avoir écrit dans les journaux.»
[129] Inséré dans _Luna Benamor_ en 1909, p. 113.
[130] Assassins.
[131] Voleurs.
[132] Nº XII, p. 939. M. Gómez de Baquero, fonctionnaire monarchiste,
avait préalablement consacré à divers romans de Blasco Ibáñez
plusieurs articles, dont deux sur _Sangre y Arena_ dans _El
Imparcial_, où ce roman avait paru en feuilleton, et un troisième sur
le même livre dans _La España Moderna_ de D. José Lázaro. Sous la
signature _Andrenio_, il écrivit aussi dans le journal conservateur
_La Epoca_, ainsi, d’ailleurs, que dans la revue hebdomadaire
populaire _Nuevo Mundo_, diverses notules sur le romancier, qu’il
n’a, toutefois, pas incluses dans son recueil de 1918: _Novelas y
Novelistas_, paru chez l’éditeur Calleja à Madrid.
[133] Tome IX, p. 555 et suivantes.
[134] «Ses romans sont chastes, sobres comme la Nature.»--M. F.
Vézinet remarquera aussi à propos de _La Maja Desnuda_, dans son
ouvrage de 1907, p. 277, que Blasco «s’interdit les succès faciles en
écartant de son œuvre les situations scabreuses, ou, quand il s’en
présente, en les traitant avec une légèreté de touche qui nous étonne
et nous ravit chez un réaliste». Et cela était l’évidence même.
[135] «Député toujours sûr d’être réélu.»
[136] «L’Amour ne passe qu’une fois dans la vie.»
[137] «Des appuis bien faibles.»
[138] Etude mise en tête de la traduction Panckoucke, avec texte latin
en regard, des _Punicorum Libri XVII_.
[139] Barcelona, 1888, 2 t. de XIII-507 et 520 pp. in-8°, préfacés par
Llorente et recensés par Hübner dans la _Deutsche Literaturzeitung_,
1889, nº 26.
[140] Paris, 1870-1878 (_atlas_ en 1879), t. I, p. 295-306.
[141] Article intitulé: «Sagunt und seine Belagerung durch Hannibal.»
On lira avec intérêt, dans le _Mariana historien_ de M. G. Cirot
(Bordeaux, 1905), p. 320-322, le résumé des efforts du Jésuite
Mariana pour concilier, sur Sagonte, les récits discordants des
historiographes anciens.
[142] 11^{ème} éd., Cambridge, 1911, p. 587: _Blasco Ibáñez lacks
taste and judgement..._» C’est dans sa _Littérature Espagnole_
de 1913, p. 446, que le professeur de Londres a émis ce jugement
sur _Sónnica_ et renvoyé, lui aussi, à Flaubert: «Ces évocations
ambitieuses d’un lointain passé sont réservées aux Flaubert...» Tout
le jugement sur Blasco, dans ce livre, est à l’avenant.
[143] Voir sur cette catapulte mes deux _notes_ dans la _Revue des
Etudes Anciennes_, t. XXII (1920), p. 73 et p. 311.
[144] Colline.
[145] Pour la traduction italienne prête à paraître, l’hispanologue
florentin Ezio Levi écrira une _préface_ fort documentée sur Blasco.
Tout récemment a paru, sous le titre: _La Tragédie sur le Lac_, une
nouvelle édition de la traduction française de _Cañas y Barro_, mais
signée, cette fois, de Mme Renée Lafont.
[146] «C’est l’œuvre qui constitue pour moi le souvenir le plus
agréable, celle que j’ai composée le plus solidement, celle qui me
paraît le plus «finie»...»
[147] D’après M. Ernest Mérimée, qui le cite p. 298 de son article de
1903.
[148] Le «palais» de la Malvarrosa a été construit entre la
publication de _Entre Naranjos_ et celle de _Sónnica la Cortesana_.
[149] La «villa bleue», que Povo a dessinée sur la couverture de
_Entre Naranjos_.
[150] _Etudes de Littérature Méridionale_, p. 53.
[151] «Je le trouve lourd, il y a en lui trop de doctrine.»
[152] _Letras é Ideas_, Barcelona, p. 144.
[153] Nº du 25 Juin 1905.--Dans le _Temps_ du dimanche 21 Juillet
1907, M. Gaston Deschamps--qui, dans ce même journal, le 2 Avril 1903,
avait déjà exalté le romancier de _Terres Maudites_ et de _Fleur de
Mai_--vantait la version de _La Catedral_ par Hérelle et proclamait ce
truisme: que Blasco «avait conquis le droit de cité dans la République
des Lettres françaises»,--truisme que répétera, à près de trois
lustres de distance, en termes simplement différents M. Homem Christo
dans _La Revue de France_ du 1er Avril 1921. Notons, enfin, que la
traduction américaine de _La Catedral: The Shadow of the Cathedral_,
est munie d’une excellente _introduction_ par feu William Dean
Howells, dont il a été question plus haut.
[154] Dans son deuxième fascicule de l’année 1912, p. 488, comme je
le rappelle au cours de mon étude: «Sur quelques savants espagnols
contemporains», publiée en 1921 dans _Hispania_. La _Revue d’Histoire
Littéraire de la France_, tout en croyant que _El Intruso_ était une
«œuvre de propagande anti-chrétienne et socialiste» dirigée contre
la «tyrannie immorale du capital», voulait bien en reconnaître la
«fougue», l’«énergie» et la «rudesse».
[155] «Voici la joyeuse Andalousie!»--Allusion à un passage de _La
Bodega_, ch. V, p. 192.
[156] «Ceux d’en-bas».--D’un merveilleux morceau de _La Bodega_ (ch.
III) décrivant la misère alimentaire des plèbes rurales andalouses, un
court extrait, donné par Mlle Paraire et M. Rimey, p. 156-161 de
leur livre de lectures espagnoles: _La Patria Española_ (Paris, 1913),
a eu le don de faire frémir plus d’une jeune génération d’étudiants
d’espagnol, en France.
[157] T. VII, p. 307: _La Bodega_, de V. Blasco Ibáñez.
[158] Grandes propriétés foncières.
[159] La _gañanía_ désigne le dortoir des journaliers terriens du
_cortijo_ (ferme); les _aperadores_ sont chargés de la direction
d’une exploitation agricole; les _arreadores_ sont une espèce de
chefs de travaux; les _capataces_ équivalent à des contre-maîtres;
les _mayorales_ sont des maîtres bergers; les _braceros_ sont des
manœuvres.
[160] Nom donné aux bandes de révoltés qui, parallèlement
aux _Comuneros_ de Castille, tentèrent, au début du règne de
Charles-Quint, de modifier l’ordre social, à Valence et dans les
Baléares.
[161] Salvochea fut l’un des collaborateurs du journal de Francisco
Ferrer: _La Huelga General_, feuille anarchiste trimensuelle, dont
le premier nº parut le 15 Novembre 1901 à Barcelone et le dernier le
20 Juin 1903. Voir A. Fromentin, _La vérité sur l’œuvre de Francisco
Ferrer_ (Paris, 1909), page 32.
[162] «_La última novela de Baroja_», p. 14. Le lecteur qui voudrait
avoir une idée de la nature du talent de M. Baroja n’aura qu’à lire
l’étude que lui a dédiée M. Peseux-Richard au t. XXIII (1910) de la
_Revue Hispanique_.
[163] La vie de la pègre madrilène.
[164] F. Vézinet, _Les Maîtres du roman espagnol contemporain_ (Paris,
1907), p. 254, _note_ I.
[165] T. XV (1906), p. 865-868.
[166] Op. cit., p. 256-279.
[167] Dans ce roman, paru en 1892, le poète belge Rodendach nous
dépeint Hugues Viane qui, ayant cru retrouver sa femme défunte dans
une danseuse d’opéra, imagine d’habiller celle-ci, Jeanne Scott,
dont il a fait sa maîtresse par amour pour la morte, d’une des robes
de l’épouse: «Elle, déjà si ressemblante, ajoutant à l’identité de
son visage, l’identité d’un de ces costumes qu’il avait vus naguère
adaptés à une taille toute pareille! Ce serait plus encore sa femme
revenue, etc.»
[168] _La Littérature Castillane d’aujourd’hui_, p. 649-669 de:
_España económica, social y artística_ (_Lecciones del VIIº Curso
Internacional de Expansión Comercial_), Barcelona, 1914. Le passage
sur Blasco est p. 654.
[169] _Le Spectacle national par excellence._ Ce volume compte XVIII
et 590 pp. et le passage que j’en cite est à la page 360.
[170] Voir sur Hoyos mon article dans _Hispania_, 1920, p. 279.
Pour _Los Toreros de Invierno_, Blasco a écrit un fort intéressant
_prologue_.
[171] T. XVIII (1908), p. 290-294.
[172] _Biblioteca Mignon_, Madrid, 1910. p. 82-83.
[173] T. XI (1909), p. 200: A propos de _Sangre y Arena_, de V. Blasco
Ibáñez.
[174] «Une phase complète de la vie populaire d’Espagne». Méndez
Núñez, que citait _Zeda_, est célèbre pour avoir prononcé la phrase
fameuse: «_España más quiere honra sin barcos que barcos sin honra._»
(«L’Espagne aime mieux l’honneur sans navires que des navires sans
honneur.») C’est cet amiral qui commandait la flotte espagnole qui
bombarda Valparaíso et El Callao en 1866.
[175] Il existe, de _Sangre y Arena_, deux traductions anglaises:
l’une, publiée chez Nelson à Londres: _The Matador_, et l’autre, que
je signale à la fin de ce chapitre, parue à New-York.
[176] Haute noblesse.
[177] Voir sur George Sand, Majorque et Gabriel Alomar, mon article
d’_Hispania_, 1920, p. 103 et p. 243, _note 1_.
[178] «Meilleures facultés.»
[179] Il existe une autre version américaine de _Los Muertos Mandan_,
par Frances Douglas, parue également à New York et sous le titre: _The
Dead Command_, comme celle du Dr. Goldberg.
[180] _Les Romans de la Race._
[181] _La Ville de l’Espérance._
[182] _La Terre de tout le monde._
[183] _Les Murmures de la Forêt._
[184] _L’Or et la Mort._
[185] Palais des Représentants de la Nation.
[186] Ce roman n’en a pas moins atteint son quarantième mille et
s’approche rapidement du cinquantième.
[187] _La Lectura._ XIVe année, n° 168 (Décembre 1914), page 467.
[188] Vocable américain désignant originairement une arme de guerre
et signifiant aujourd’hui, spécialement au Chili et en Argentine, ce
qu’en castillan classique on dénomme «_disparate_», soit donc une
«niaiserie».
[189] C’était un dogme de la religion catholique d’alors que la terre
était le corps le plus vaste de la création et le centre fixe de
l’Univers, le but des mouvements de tous les astres. On admettait
généralement qu’elle formait un cercle aplati, ou un quadrilatère
immense, borné par une masse d’eau incommensurable--_el mar de
tinieblas_--et l’on objectait aux déductions de Colomb les Divines
Ecritures, qui comparent les cieux à une tente déployée au-dessus de
la terre, chose impossible si la sphéricité de cette dernière était
admise!
[190] Grenier, en valencien.
[191] _Mare Nostrum_, p. 17.
[192] J’ai suffisamment caractérisé l’antigermanisme de Blasco Ibáñez,
d’autant plus méritoire si on le compare à celui d’autres amis de la
France en Espagne, Pérez Galdós, par exemple--pour ne citer que le
plus illustre d’entre les morts. J’ai traduit et commenté en 1906,
dans le _Bulletin Hispanique_, une lettre de lui à un organe allemand
de Berlin (_Das Litterarische Echo, 1905, nº 15_), où se trouvait
cette phrase: «Nous vénérons l’Allemagne à cause de sa puissance
politique et militaire, à cause de son grand capital intellectuel.
Nous voyons en elle le foyer auguste de l’Intelligence, où tout
progrès scientifique, toute grandeur intellectuelle résident...»
(_Bul. Hisp._, t. VIII, p. 328.)
[193] (_Con una carta de Palacio Valdés_), Madrid, 1919, Calleja, p.
83-86.
[194] «Une maladroite et insupportable compilation de tout ce que la
haine et l’ignorance ont écrit récemment contre une des nations les
plus civilisées de l’Europe.»
[195] Article déjà cité, vol. 158, n° 4.269, 12 Février 1921: _A
£500.000 film with 12.000 performers: «The Four Horsemen of the
Apocalypse.»_
[196] Cette suggestion a été reproduite par le journal _Excelsior_, nº
du vendredi 18 Février 1921, p. 4.
[197] Le film de _Sangre y Arena_, tourné également en 1917, mais en
Espagne, vient d’être détruit pour être remplacé par une nouvelle
production américaine, après qu’aura été joué, sur un des plus grands
théâtres de New York, le drame tiré de ce célèbre roman tauromachique
par un auteur américain fort connu.
[198] A l’heure présente, il s’en est vendu plus de 500.000
exemplaires et l’édition espagnole en est au 60^{ème} mille.
[199] L’écho espagnol retentit, faiblement, dans une revue
d’intellectuels temporairement disparue, après avoir été rudement
persécutée par le gouvernement espagnol. Au nº 157 d’_España_, 1918,
p. 12, M. Díez-Canedo affirme que le «principal mérite de Blasco
Ibáñez est d’avoir écrit de près et d’avoir suivi dès l’origine,
avec un fervent esprit d’amour pour la justice, le développement de
la lutte actuelle, ce qui lui a permis de toucher, dans son livre,
l’aspect qui affecte le plus l’Espagne». Cette douloureuse réalité,
M. Díez-Canedo a eu le courage de l’évoquer. «La voix du romancier
s’élève avec toute la solennité de l’heure et prononce les paroles
qui vont au cœur de tous. Ces paroles, elles sortent aussi du cœur
de beaucoup. Mais les recueillir et leur conférer l’expression
définitive, c’était là mission propre à l’auteur. Blasco Ibáñez
leur a donné une vibration adéquate et tel est le suprême mérite de
son œuvre, qui gardera, entre toutes celles qu’il a écrites, cette
vertu souveraine: d’avoir associé, aux jours les plus douloureux, à
l’universelle clameur le cri de l’Espagne blessée...»
[200] Article cité, _Revue de Paris_ du 1er Août 1919.
[201] «Le fait divers dont s’inspire le dernier roman de Vicente
Blasco Ibáñez est l’espionnage de la danseuse Mata Hari, son procès
devant le conseil de guerre de Paris et son exécution au fort de
Vincennes.»
[202] Nº 296, jeudi 10 Février 1921: _Sobre Blasco Ibáñez_.
[203] «Un monsieur de l’intérieur des terres.»
[204] _Inferno_, XXVI, 94-102. «Ni la douceur d’un fils, ni la pitié
d’un vieux père, ni l’amour dû, qui devait rendre Pénélope joyeuse, ne
purent vaincre au-dedans de moi l’ardeur que j’eus à explorer le monde
et à connaître les vices des hommes et leurs vertus: mais je me lançai
à travers la grande mer ouverte (_la Méditerranée, par opposition à la
mer Ionienne_), seul sur un navire, avec ma petite troupe, de laquelle
je ne fus pas abandonné...»
[205] XXVI, 136-142. «Nous nous réjouîmes, et cela tourna vite en
pleurs: car, de cette nouvelle terre, naquit un tourbillon, qui frappa
la proue du navire. Trois fois, il le fit tourner avec toutes les
vagues; à la quatrième, il mit la poupe en l’air et la proue en bas,
comme il plût à Dieu. Jusqu’à ce que la mer se fût sur nous refermée.»
[206] «L’unique ivresse intéressante de notre vie.»
[207] «Le monsieur qui ne joue que le 17.»
[208] «Gentilhomme.»
[209] «Car, sans toi, ô Vénus, rien ne jaillit au séjour de la
lumière, rien n’est beau ni aimable...»
[210] _Los Enemigos de la Mujer_, pp. 442 et 443.
[211] «Docteur Blasco Ibáñez, je vous souhaite la bienvenue au sein de
la société des membres de l’Université George Washington.»
[212] «Apprécié les motifs du peuple des Etats-Unis, et, dans son
dernier roman: «_Les Ennemis de la Femme_», lui avoir accordé, pour
son intervention, une généreuse mesure de louanges.» _Bulletin_ cité
de la _George Washington University_, p. 33.--A mon sens, le titre
choisi par le traducteur américain de _Los Enemigos de la Mujer_:
_Woman Triumphant_, n’est pas heureux et Hayward Keniston eût dû
songer que le triomphateur final, dans ce roman, ce n’est point la
Femme, mais l’Homme.
[213] Pendant l’année qu’il vécut à Monte-Carlo, il alla presque
chaque jour aux salles de jeu du Casino, pour y étudier les joueurs,
mais ne céda jamais à la tentation classique d’y risquer une somme,
si bien que les employés avaient fini par l’appeler: _le Monsieur qui
ne joue jamais_, et que des joueurs fanatiques le suppliaient de leur
servir de porte-chance!
[214] Cette aversion pour le théâtre a été cause que Blasco s’est
jusqu’ici obstinément refusé à rien écrire directement pour la scène.
«_No quiero_, dit-il, _va contra mis gustos. Resulta para mí algo así
como si me propusiesen hacer crochet_.» («Je ne veux pas, c’est contre
mes goûts; c’est comme si on me proposait de faire du crochet.»)
Et c’est dommage, car je suis convaincu que sa plume pourrait nous
donner des pièces admirables de vie, de mouvement et d’humaine
vérité. En revanche, Blasco adore les concerts, qu’il savoure, en
fermant les yeux, dans une posture abandonnée et commode. L’opéra,
auquel il assiste par amour pour la musique, n’est, pour lui, qu’une
«transaction».
[215] _Le Paradis des Femmes._
[216] «Quiconque est fort véritablement, est bon, non seulement par
obligation morale, mais comme conséquence de son équilibre et de
sa force. Les faibles et les méchants seuls conservent le souvenir
toujours vif de ce qu’ils ont souffert et caressent l’espoir de se
venger...»
[217] «Écrit pour l’exportation»: reproche indirect de M. James
Fitzmaurice-Kelly, plus haut cité, et qui n’est qu’une variante du
vieux cliché courant--dont l’auteur de l’article: _Novela_, au t.
38 de l’_Enciclopedia Espasa_, p. 1.219, a cru devoir resservir, en
Juillet 1918, la banalité usée--, lequel consiste à censurer Blasco
pour avoir abandonné le champ du roman provincial valencien!
[218] «_En votre personne, Monsieur, nous voyons resplendir la moderne
gloire de la littérature espagnole. Vous avez écrit beaucoup et vos
lecteurs, disséminés dans l’Univers, se comptent par millions. Vos
«Quatre Cavaliers» ont déjà, dans leur galop, fait le tour du monde
et il s’est imprimé plus de deux cents éditions de ce seul roman.
Vos œuvres révèlent le plus grand génie littéraire. Vous n’avez pas
seulement le pouvoir de peindre avec vivacité les choses, mais d’en
rendre la signification secrète. Profondément réalistes, tous vos
écrits palpitent de sentiment humain. Les caractères que vous dessinez
ont une force et une vigueur qui suggèrent les effigies d’un Rodin.
Sur les pages du livre imprimé, vous, l’écrivain d’Espagne, avez tracé
des peintures qui possèdent toute la vitale énergie, tout le passionné
réalisme caractéristiques de ces grands peintres, vos compatriotes:
Sorolla et Zuloaga. Ce ne furent pas vains compliments que formulèrent
les critiques, en disant de vous que Zola n’avait pas été plus
réaliste, ni Hugo plus brillant. Et nous autres, Nord-Américains, nous
ne récuserons pas ce témoignage de l’un de nos plus grands romanciers,
de William Dean Howels, proclamant, à propos d’un de vos romans, que
«c’était l’un des plus pleins et des plus riches romans modernes,
digne d’être placé à côté des plus grandes œuvres russes et au-dessus
de tout ce qui a été fait jusqu’à présent en langue anglaise, roman
dont le dénouement est aussi logiquement et cruellement tragique
que celui des meilleures productions espagnoles existantes.»--Nous
acceptons donc le verdict de ceux qui vous ont défini le premier des
romanciers modernes, qui ont assigné à vos œuvres une place permanente
dans la littérature universelle..._»
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