XIII

--«L’aube avait ébloui de ses plus douces flammes,

M’écriai-je, nos yeux trompés comme nos âmes.

Tantôt, quand sa candeur argentait les sommets,

Les orages semblaient vaincus à tout jamais;

Et maintenant, voyez, le chaos recommence:

Une nuit matinale emplit le ciel immense;

J’entends d’ici souffler les chevaux de la mer

Qui se cabrent, montés par les démons de l’air,

Et déjà la forêt, cette autre mer mouvante,

Paraît s’enfuir, courbée et criant d’épouvante.

Que de vaisseaux, par un tel vent, vont naufrager!

Venez sur la hauteur, où, loin de tout danger,

Nous jouirons de voir, selon le vieux Lucrèce,

Les gestes éperdus des marins en détresse...»

Le Témoin: 1914-1916 · 第 22 / 44 题