[36] Page écrite sur une feuille volante.
Le dernier soir de l’année 1833, j’étais occupée d’une grande pensée,
d’un grand sujet de joie qui m’était venu du ciel. Oui, du ciel, car je
l’avais ardemment demandé à Dieu. J’ai passé presque ma journée à
écrire, à épancher mon cœur sur le papier et dans des cœurs. Ma dernière
lettre est à Maurice. Je vais m’endormir avec sa pensée, bénissant Dieu
à son sujet, le remerciant de m’avoir conservé tous ceux que j’aime et
de pouvoir me dire: je suis contente de mon année. Je suis contente
parce que Dieu m’a fait de grandes grâces, que je l’aime davantage et
que ma conscience est tranquille... d’une tranquillité d’amour. Oh! je
veux donner à aimer tout mon cœur, toute mon âme, toutes mes forces,
tout le temps que je pourrai.
Oh! que n’ai-je la voix et le cœur des archanges
Pour aimer et chanter comme au divin séjour!
Que ne suis-je parmi les soleils ou les anges,
Pour me nourrir de feu, pour m’enivrer d’amour!