OBSERVATION 147.--B...., cinquante-deux ans, a eu une maladie
du cerveau à la suite de laquelle il est devenu incapable de
continuer son métier de négociant.
Un jour, pendant l'absence de sa femme, il attira deux
petites filles dans sa chambre, leur fait boire des boissons
alcooliques, leur fit des attouchements voluptueux, leur
recommanda de ne rien dire et alla ensuite vaquer à ses
affaires. L'expertise a constaté une idiotie consécutive à
un double accès d'apoplexie. B... qui jusque-là avait eu
une conduite irréprochable, prétend avoir commis l'acte sous
l'obsession d'une impulsion qu'il ne s'explique pas lui-même
et lui a fait perdre la raison. Après le délit, lorsqu'il fut
revenu à lui-même, il en eut honte et il renvoya immédiatement
les petites filles. Depuis ses attaques d'apoplexie, B...
était affaibli mentalement, incapable d'exercer son métier, à
moitié paralysé, pouvant à peine parler et penser. Il pleurait
souvent comme un enfant, et fit bientôt après son arrestation
une tentative puérile de suicide. En tout cas, son énergie
morale et intellectuelle était trop affaiblie pour combattre
ses mouvements sensuels. Pas de condamnation. (Giraud, _Ann.
méd.-psychol._, 1881, mars).