M. Lalouette se pencha sur l'appareil:

--Ne t'en va pas, Eulalie. Il faut que tu répètes cela à M. le

secrétaire perpétuel.

--Qu'est-ce que c'est? demanda celui-ci, fébrile.

--C'est une lettre de M. Eliphas de La Nox! répondit Lalouette de plus

en plus vert.

M. Patard, lui, devint jaune et, après avoir poussé un cri de

stupéfaction, mit hâtivement l'un des récepteurs à son oreille.

Les deux hommes écoutaient.

Ils écoutaient la voix de Mme Lalouette qui leur transmettait le texte

d'une lettre qui venait d'arriver pour M. Lalouette.--«Mon cher monsieur

Lalouette. Je suis heureux de votre succès et je suis bien certain

qu'avec un homme comme vous, il n'est pas à craindre que quelque

fâcheuse émotion vienne interrompre le fil de votre discours. Comme vous

le voyez par le timbre de cette lettre, je suis toujours à Leipzig mais,

depuis que je vous ai vu, j'ai eu la curiosité de me documenter sur

cette étrange affaire de l'Académie. Et maintenant que j'ai réfléchi,

j'en suis à me demander s'il est vraiment aussi naturel que cela que

trois académiciens meurent de suite avant de s'asseoir dans le fauteuil

de Mgr d'Abbeville! Il y avait peut-être quelque part un intérêt réel à

ce qu'ils disparussent!... Et voilà ce que je me suis dit: ça n'est pas,

après tout, une raison parce que je ne suis pas un assassin, pour qu'il

n'y ait plus d'assassins sur la terre! En tout cas, ces réflexions ne

sauraient vous arrêter. Même s'il y a eu des raisons à la disparition de

MM. Mortimar, d'Aulnay et Latouche, il se peut très bien qu'il n'y en

ait aucune pour faire disparaître M. Gaspard Lalouette. Compliments et

mes meilleurs souvenirs à Mme Lalouette.

Le fauteuil hanté · 第 53 / 76 题