[Note 26: Voyez la seconde partie de ce recueil.]
Ma quarantaine se trouvant terminée, je sortis du lazaret le 9.
L'administration eut lieu d'être satisfaite de la discipline et de la
docilité de nos troupes; c'était le résultat de notre expérience. J'eus
en mon particulier beaucoup à me louer de la confiance dont m'honorèrent
les conservateurs, en me faisant concourir avec leurs officiers de santé
à toutes les visites et à tous les rapports de salubrité pendant mon
séjour dans le lazaret.
Je désirerais seulement qu'on supprimât la cérémonie puérile et
illusoire du parfum la veille de la sortie, et qui consiste à enfumer
les personnes en brûlant une botte de foin. Il ne faut pas qu'un
établissement aussi utile puisse fournir matière à aucun ridicule.
Le jour de ma sortie j'envoyai au conseil de santé des armées le
mouvement journalier des hôpitaux du lazaret pour la première décade de
brumaire jusqu'au 7 inclusivement; je le prévins que nous avions évacué
vingt-un malades sur l'hôpital militaire de Marseille; enfin je lui
annonçai l'arrivée d'une partie de la garnison d'Alexandrie.
Le 12, j'adressai une note sous forme d'instruction au citoyen Vautier,
en le félicitant sur son heureuse arrivée d'Alexandrie, et en le
chargeant seul, pour le moment, du service pénible du lazaret, d'après
les motifs que j'avais de me reposer sur son zèle (nº 839 de ma
correspondance).
J'écrivis au conseil, avant mon départ pour Paris, les lettres
suivantes:
À Marseille, le 18 brumaire an X.
(Nº 855 de ma correspondance.)
«CITOYENS,
J'appris, le 9 du courant, et après ma dépêche de ce jour, nº
836, quelques détails sur la garnison d'Alexandrie.
Au moment de la reddition de cette place elle avait 1700 malades,
dont 1300 scorbutiques, et le reste blessés.
Il a dû, d'après les conventions, rester en Égypte 400
scorbutiques.
Le dernier mouvement des hôpitaux établis dans le lazaret de
Marseille a donné pour résultat:
Hôpital de l'enclos neuf, 125 malades, qui doivent avoir l'entrée
le 22 du courant.
Hôpital du grand enclos, 350 malades, sur lesquels il y a 300
scorbutiques, dont l'état s'améliore chaque jour, et 30 blessés.
Ne pouvant d'après les règlements du lazaret surveiller
personnellement le service, je me rends auprès du ministre de la
guerre pour y prendre des ordres ultérieurs relativement à ma
nouvelle destination.
Les citoyens Barbès, Renati, et Sotira, doivent vous adresser une
demande pour être employés dans l'expédition d'Amérique: ce sont
des médecins habiles, distingués par un grand zèle, et qui ont
subi toutes les épreuves.
Tous les médecins attendent avec impatience, ainsi que les
chirurgiens, et pharmaciens, que vous leur donniez une
destination ou leur congé; une grande partie sont près de leur
famille, et le séjour de Marseille est très coûteux.
Je vous ai adressé pour mon service, dès le 10 vendémiaire, sous
le nº 800, neuf états très détaillés.
Vous trouverez ci-jointe la note sur les travaux littéraires des
médecins de l'armée, dont je vous ai déjà annoncé l'envoi par ma
lettre du 1er de ce mois, nº 824.