Nous sommes partis de bon matin, tous ensemble ; mais Ahmed et moi nous
prenons le devant sur nos chevaux, ayant un guide à pied. Après une
bonne marche, nous arrivons au puits des Haouād Tounsi ; puis nous ne
quittons plus les dunes jusqu’à El-Ouad. J’ai déjà passé à Haouād Tounsi
en allant à Ouarglā. Je trouvai le kaïd qui me reçut très bien.
J’apprends qu’un « rhezi » de Toroud avec quelques Touaregs de Cheikh
Othman sont partis pour aller razzier des tribus arabes de la
Tripolitaine ou de la Tunisie. (Ceci est intéressant. Voir au Djébel le
résultat.) Le Cheikh Othman était ici il y a peu de temps ; il se
disposait à aller à Ghadāmès pour s’entretenir avec Ikhenoukhen qui est
campé près de là, au sujet d’un différend qui s’est élevé entre leurs
tribus. J’espère donc, une fois de plus, pouvoir aller avec lui.
Je cause longtemps avec un Ghadamsi qui s’en retourne chez lui. Il est
parti de Ghadamès au milieu du ramadan ; on lui a dit qu’il devait venir
un Français et un Anglais. Le Français, c’est moi sans doute.