Je n’ai quitté Tougourt qu’après midi, et je suis parti à cheval avec un
spahi bleu qui ne savait pas le chemin. Après avoir traversé la
Chemorra, nous sommes entrés immédiatement dans les sables, alternant de
dunes à de simples ondulations. D’abord ces sables, comme tous ceux qui
avoisinent les lieux habités, n’ont aucune végétation. Plus loin nous
vîmes des oueds bien garnis de végétation et nous arrivâmes au puits
Mouïa Rebah qui ne contenait alors que très peu d’eau et qui avait déjà
une mauvaise odeur. De là nous allâmes à Hassi Embārek au commencement
de hautes dunes, que nous traversâmes sans cesse pour arriver à Taibāt
et Guebliā. Nous trouvâmes à ce dernier puits de petits camps d’Oulad
Seih.
J’arrivai à la nuit tombante à Taibāt qui est une petite bourgade au
milieu des dunes. Elle est bâtie à la mode du Souf. Les maisons ont de
petits murs en chaux et pierre à plâtre et les chambres sont surmontées
de petits dômes. On voit ici le tombeau d’un cheikh et une mosquée. Les
habitants sont des Oulad Seih ; les palmiers sont plantés comme au Souf.