Dans la piscine, à la source 39° 6

Plus loin, je visitai la Hadjra Soūda, rocher noir qui se montre isolé à

peu de distance des palmiers sur la route de Tunis. Ce rocher est

curieux, en ce qu’il est évidemment d’origine plutonienne, ou

métamorphique ; il est de couleur noire et de structure ovoïde ; il est

très dur. La forme est allongée, on voit que c’est une roche éruptive

qui a été poussée des sous terre par une force qui a probablement donné

naissance à une hauteur que l’on voit à côté.

L’oued d’El-Hamma est d’eau salée et tiède ; il nourrit de singuliers

petits poissons, qui portent leurs petits dans leur bouche[125], et Si-

Mohammed ben Rabah me dit qu’ils appellent leurs petits en battant des

nageoires, à la manière des poules, que les petits savent ce signal et

viennent se réfugier dans la bouche du gros.

Les constructions de Hamma sont moitié comme celles du Djérid[126],

moitié comme celles des qsours[127] ; mais on n’y voit pas d’élément

romain.

Nous rencontrons ici un Nemmouchi des Oulād el ʿAïsawi, qui vient

demander au Bey, pour sa tribu, la permission d’entrer dans la Régence ;

il me dit qu’ils m’amèneront en paix à Négrīn, si le Bey le leur

demande, mais à part il dit à Ahmed que, s’il avait su que nous étions

en voyage, il serait venu nous égorger tous deux de nuit, parce que nous

sommes des chrétiens !

Il me dit qu’il y a un mois, la nouvelle leur est arrivée que les

Kabyles se sont révoltés et nous ont vaincus et que les Français, en

désespoir de cause, ont promis 50 douros et un cheval à quiconque

viendra à leur secours (des Musulmans) !

J’arrive à Tōzer en très peu de temps, et y trouve le vice-consul qui

m’installe dans une maison à côté de la sienne.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 72 / 241 题