Paris, février 1842.
J'ai lu, il y a une heure, votre lettre qui, depuis mardi, était sur
ma table, mais cachée sous un tas de papiers. Puisque vous ne méprisez
pas mes dons, voici des confitures de rose, de jasmin et de bergamote.
Vous voudrez bien en offrir un pot à madame de C..., _with my best
respects._ Il paraît que je vous ai offert des babouches, et vous les
refusez avec tant d'insistance, que je devrais bien vous les envoyer.
Mais, depuis mon retour, on me pille. Plus de babouches, je ne les
trouve plus. Voulez-vous ceci en échange? Peut-être ce miroir turc vous
sera-t-il plus agréable; car vous me faites l'effet d'être devenue
encore plus coquette qu'en l'an de grâce 1840. C'était au mois de
décembre, et vous aviez des bas de soie rayés; voilà tout ce que je me
rappelle.
C'est à vous à décider le protocole dont vous me parlez. Vous ne croyez
pas à mes cheveux gris. Voici une pièce justificative.
Je ne donne rien pour rien. Avant d'aller à Naples, vous aurez la
bonté de prendre mes ordres et de me rapporter ce que je vous dirai.
Je pourrai vous donner une lettre pour le directeur des fouilles de
Pompéi, si ces choses-là vous intéressent.
Vous faites de votre _precious self_ un portrait si brillant, que je
vois ajourner aux calendes grecques le moment où nous nous reverrons,
_Allah kerim!_ Je vous écris au milieu d'un bruit infernal. Je ne sais
trop ce que je vous dis; mais j'aurais bien des choses à vous dire, de
vous et de moi, que j'ajourne à la première fois que j'aurai de vos
nouvelles. En attendant, adieu, et conservez ces fines attaches et
cette radieuse physionomie que j'admirais.