H. TAINE.

Novembre 1873.

[1] On dirait qu'il s'est peint lui-même dans Saint-Clair, personnage

du _Vase étrusque._ «Il était né avec un cœur tendre et aimant; mais, Ã

un âge où l'on prend trop facilement des impressions qui durent toute

la vie, sa sensibilité trop expansive lui avait attiré les railleries

de ses camarades... Dès lors, il se fit une étude de cacher tous les

dehors de ce qu'il regardait comme une faiblesse déshonorante...

Dans le monde, il obtint la triste réputation d'insensible et

d'insouciant... Il avait beaucoup voyagé, beaucoup lu, et ne parlait de

ses voyages et de ses lectures que lorsqu'on l'exigeait.»--Darcy, dans

_la Double Méprise_, est encore un caractère analogue au sien.

[2] Voici de lui une action généreuse et délicate; Béranger, en cas

pareil, en fit une semblable: «J'allais être amoureux quand je suis

parti pour l'Espagne. La personne qui a causé mon voyage n'en a jamais

rien su. Si j'étais resté, j'aurais peut-être fait une grande sottise,

celle d'offrir à une femme digne de tout le bonheur dont on peut jouir

sur terre, de lui offrir, dis-je, en échange de la perte de toutes les

choses qui lui étaient chères, une tendresse que je sentais moi-même

très-inférieure au sacrifice qu'elle aurait peut-être fait.»

[3] Le Résident dans _les Espagnols en Danemark_, le Comte et les

autres gentilshommes dans _les Mécontents_, Kermouton et le marchand

do beurre dans _les Deux Héritages._ Mais, en revanche, quels résumés

vrais que les caractères de Clémence, de Sévin et de miss Jackson!

[4] Lettres à une Inconnue, II, 333, 335.

[5] Lettres à une Inconnue, I, 8. «Défaites-vous de votre optimisme, et

figurez-vous bien que nous sommes dans ce momie pour nous battre envers

et contre tous... Sachez aussi qu'il n'y a rien de plus commun que de

faire le mal pour le plaisir de le faire.»

Lettres à une inconnue, Tome Premier Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. Taine · 第 13 / 198 题