LA MAISON DE BALZAC.

Le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts a tenu à classer

parmi les monuments historiques le petit pavillon avec jardin que Balzac

vint habiter à Paris, au numéro 24 actuel de la rue Pierre-Berton,

lorsqu'il fut obligé de vendre, pour cause de dettes, son chalet des

Jardies, à Sèvres.

C'était, transformée au goût moderne, une aimable résidence du

dix-huitième siècle appelée la Folie-Bertin, où Bertin de Blagny,

financier artiste, avait donné plus d'une fête en l'honneur de Mlle Hus,

pensionnaire du Théâtre-Français.

Peut-être sa situation tenta-t-elle le grand écrivain du dix-neuvième

siècle, plus encore que ses souvenirs. Car elle avait deux issues:

ressource précieuse pour fuir les créanciers importuns. Là, l'auteur de

la Comédie Humaine acheva, au cours de veilles laborieuses, sa grande

histoire de la société moderne, avec Ursule Mirouet, la cousine Bette,

Modeste Mignon, le Cousin Pons, et ce Mercadet qui fut comme un reflet

de ses luttes avec ses créanciers.

Le pavillon de la rue Berton est aujourd'hui le musée que la Société des

Amis de Balzac a meublé de pieux souvenirs. Par la porte-fenêtre de la

pièce, qui fut le cabinet de travail de l'écrivain, on accède au jardin

où il aimait à se promener, vêtu d'un froc blanc de dominicain dont il

avait fait son costume d'intérieur. Parfois même il y faisait porter sa

baignoire, pour se reposer en plein air et dans l'eau.

L'Illustration, No. 3658, 5 Avril 1913 · 第 36 / 42 题