De Nobles et Religieuses personnes Messieurs Abbé et convent de

l'Abbaye et Baronnie de St. Ouen de Rouen tient et advoue tenir en

leurs fiefs de l'eau de Seine au droit de l'office de Pitancier[169]

dicelle M. Pierre Corneille Escuyer Conseiller du Roy et Advocat de Sa

Majesté aux sieges generaux de la table de marbre du palais à Rouen

fils aisne et heritier en partie de deffunt M. Pierre Corneille

Escuyer Conseiller du Roy et Me particulier des Eaux et forestz en la

viconté de Rouen tant pour luy que pour Thomas Corneille son frere

mineur d'ans et son coheritier en la dite succession. C'est assavoir

une piece de terre en isle nommée la Litte contenant cinq vergees ou

environ ainsy plantée de cerisiers, pruniers, oziers, fresnes, vignes

que autres plantz assise en la paroisse d'Orival pres Cleon bornée de

tous boutz et costes leau de Seine a cause de quoy il doibt six sols

de rente seigneuriale par [an] laquelle piece luy appartient a cause

de la succession du dit deffunt s{r} son pere. Plus le dit s{r}

Corneille audit nom tient et advoue tenir desdits s{rs} Religieux, Abbé

et couvent de la dite Abbaye et Baronnie de St. Ouen une vergée de

terre en isle en plant et labeur sise en la grande isle de Cleon,

paroisse dudit lieu bornée de deux costes le canal de Seine et des

deux boutz Roger Daniel dont il doibt douze deniers de rente

seigneurialle par chacun an, laquelle luy appartient aussi a cause de

la succession du dit deffunt s{r} son pere avec reliefs treiziesme

droitz et devoirs seigneuriaux quand le cas y eschet saouf a augmenter

ou diminuer par le dit s{r} Corneille pour les heritages contenus au

present adveu s'il vient cy apres en sa cognoissance que faire se

doibve ou qu'il y eust autres heritages sujetz et contribuables

ausdites rentes.

_Signé:_ CORNEILLE.

[169] «_Pitancier._ Officier claustral qui subsiste encore dans

quelques abbayes, qui distribuoit autrefois la pitance aux

moines.» (Furetière, _Dictionnaire universel_, 1690.)

Les pleds des Seigneuries de labbaie et baronnie de St. Ouen à Rouen

tenus au manoir abbatial du dit lieu par nous Mathieu Poullain escuyer

s{r} Du boscguillaume advocat en la cour Seneschal de la dite abbaie et

baronnie de St. Ouen le mercredy dixhuict{e} jour de juin XVI{c}

quarante deux est comparu Le dit s{r} Corneille lequel a baillé et

présenté cest adveu icelluy juré et affirmé véritable qui a esté receu

saouf le droict proprietaire de MM{grs} et à blasmer et sans prejudice

des frais de prise de fief et reunion a laquelle fin assignation a luy

faicte aux prochains pledz pour produire. Donné comme dessuz.

_Signé:_ POULLAIN et PIGEON.

VI.--Page XXVII.

_Pièces relatives à la création d'un second avocat du Roi au siége

général des eaux et forêts à la Table de marbre du Palais à

Rouen[170]._

[170] Ces pièces font partie des minutes du greffe du Parlement et

se trouvent réunies en une liasse intitulée: _Dossier de Pierre

Corneille_.

_A Maistre Charles Ycard, advocat au privé conseil de Sa Majesté_:

A la requeste de Pierre Corneille, escuyer, conseiller du Roy et

advocat de Sa Majesté au siege general des eaües et forests à la table

de marbre du Palais à Rouen, soit signifié en copies les exploicts

d'opposition du quinziesme jour d'octobre 1638 et du troisiesme de

juin 1639 à Monseigneur le Chancelier ou à .... ....[171] garde des

roolles des offices de finance, que le requerant s'oppose, comme de

faict il s'oppose, à l'expedition des provisions ou lettres du

pretendu office de second advocat du Roy au dit siege, cy-devant

possedé par maistre Gilles Aubert, ledict office vacquant à cause de

mort; employant pour moyen en la presente opposition qu'il n'y avoit

eu aulcun edict de creation dudict office, en quoy Sa Majesté ....

....[172] y auroit esté surprise en la delivrance desdites provisions,

et telles et aultres raisons qu'il entend desduire en temps et lieu.

Elisant, aux fins de la presente opposition, son domicile en la maison

et personne de maistre Charles Ycard advocat au privé conseil de Sa

Majesté. Dont ledict Corneille a requis acte.

CORNEILLE.

[171] Demeuré en blanc dans l'original.

[172] Ici deux ou trois mots effacés par l'humidité. L'ensemble de

la pièce a du reste beaucoup souffert et est aujourd'hui très-peu

lisible.

* * * * *

_Au Roy et à nos Seigneurs de son Conseil._

Sire,

Pierre Corneille, vostre conseiller et advocat à la table de marbre du

Palais, remonstre qu'il y auroit instance pendante en vostre Conseil

sur l'opposition qu'il a formée aux provisions de l'office de second

advocat à la table de marbre du Palais, entre luy d'une part, et

Francoys Hays, prétendant obtenir, d'aultre, et la vefve de Me Gilles

Aubert aussy opposante, en la quelle instance, bien que ses soubstiens

soient justes tant contre ledict Hays que contre la dicte vefve, et

bien que ses conclusions aillent à faire declarer ledict office

supprimé et exteinct, neantmoins, si le bon plaisir de Vostre Majesté

est tel que lesdictes provisions ayent lieu et que ledict office

revive, Il vous supplie de considerer que ledict office faict la

moitié du sien qui est d'antienne creation, et à ces causes d'estre

receu à l'offre du faict de rembourser ledict Hays de ce qu'il aura

financé en vos coffres et que les provisions seront delivrées en blanc

audict suppleant, pour par luy ledict office estre exercé

conjoinctement ou separement.

Et il priera Dieu pour vostre prosperité, longue et heureuse vie.

_Dans les moyens à l'appui présentés par Jacques Goujon il est dit que

les fonctions de second avocat n'ont été créées que par l'abus d'un

sieur_ Isaac Payer, seul advocat du Roy audict siege, lequel en 1611,

en un temps où ceux de la relligion pretendue reformée faisoient leurs

efforts de s'accroistre en la magistrature, s'estant faict

desinteresser par un nommé Gilles Aubert, huguenot comme luy, luy

permit d'obtenir des provisions de second avocat; qu'Aubert estant

decedé dernierement, sa vefve n'a pu vendre à Francoys Hays un droit

qui n'existoit pas et qui n'estoit que la suite d'un abus; qu'enfin

ledit Hays, apres avoir esté contrainct par certaines considerations

de vendre sa charge de Me particulier au mesme siege des eaües et

forests ne desdaignant pas de s'y venir asseoir au dernier rang,

monstroit par la combien peu il meritoit que le Roy prist sa demande

en consideration.

VII.--Page XXXIII.

_Projet de lettres patentes concédant à P. Corneille le droit de ne

laisser jouer ses pièces qu'aux troupes autorisées par lui._

LOUIS, etc., à nos améz feaux conseillers les m{es} des req{tes} ord{res}

de nostre hostel, salut. Notre cher et bien amé conseiller et advocat

au siege g{al} de la table de marbre du Pallais des eaues et forests de

Rouen, le sieur Corneille nous a fait remonstrer qu'il a cy-devant

employé beaucoup de temps à composer plusieurs pieces tragiques

nommées _Cinna_, _Polyeucte_ et _la Mort de Pompée_, lesquelles il

auroit fait representer par nos comediens ord{res} representant au

marais du Temple à Paris; et d'autant qu'il a appris que depuis

quelque temps les aultres comediens auroient, à son grand prejudice,

entreprins de representer les dictes pieces et que si Ils avoient

cette liberté l'exposant seroit frustré de son labeur[173], nous

suppliant sur ce luy pourvoir et luy accorder nos lettres necessaires;

nous à ces causes, desirant favorablement traitter l'exp{ant}, luy

avons de nos grace specialle, pleine puissance et authorité royalle

permis et permettons par ces presentes de f{re} jouer et representer

lesdictes pieces de theatre ci-dessus speciffiées, nommées _Cinna_,

_Polyeucte_, _la Mort de Pompée_ par troupe de nos comediens, en tels

lieux et endroicts de nostre royaulme que bon luy semblera, et ce

durant le temps de.... à compter du jour qu'elles auront esté

representées la premiere fois, pendant lequel temps vous ferez, comme

nous faisons par ces presentes, tres-expresses inhibitions et defenses

à tous nos comediens representans tant en nostre dicte ville de Paris

qu'autres lieux de nostre royaulme de jouer ny representer lesdictes

pieces sans le vouloir et consentement dudict exposant ou de ceux qui

auront droit de luy, à peine de dix mille livres d'amende et de tous

despens, dommages et interests. Si vous mandons que du contenu en ces

presentes.... fassiez, souffriez et laissiez jouir et.... exposant

pleinement et paisiblement, et à ce.... souffrir et obeir tous ceux

qu'il appartien.... Mandons au premier nostre huissier ou sergent

royal sur ce requis f{re}, pour l'execution des presentes, tous

exploicts de justice à ce requis et necessaires sans aucune aultre

plus.... que ces presentes. Car tel est nostre plaisir. Donné à....

le.... jour de.... l'an de grace 1643 et de nostre regne le premier.

PAR LE ROY[174].

[173] Corneille a substitué «de son labeur» à «de ses intentions.»

[174] Écrit de la main d'un clerc de Jacques Goujon et corrigé en

plusieurs endroits par Corneille.--On lit au bas de ce projet, dans la

marge, ces mots écrits perpendiculairement de la main de Jacques

Goujon: _Privilege Corneille refusé_, et après «PAR LE ROY,» ces mots:

_Pour les comediens du marais pour la d. lettre._

VIII.--Page XXXIII.

_Reçu d'objets mobiliers donné le 25 juin 1644 par Antoine Corneille,

frère de Pierre Corneille[175]._

[175] Ce reçu a été publié dans le _Précis analytique des travaux

de l'Académie de Rouen_; il était inséré dans le rapport de M.

Decorde, secrétaire de la classe des lettres, et se trouvait

précédé de l'exposé suivant:

«Une pièce inédite, due aux recherches toujours si précieuses de M. de

Beaurepaire, a achevé de mettre en lumière combien était simple et

modeste l'intérieur de la maison dans laquelle s'écoula la jeunesse du

grand poëte. C'est un reçu donné le 25 juin 1644, par son frère

Antoine, religieux du Mont-aux-Malades, à Mme Corneille, sa mère, et

contenant la nomenclature de divers objets mobiliers qu'il avait dû

lui emprunter, quand il alla prendre possession de la cure de

Fréville, n'ayant pas le moyen de les acheter.»

Je soussigné prieur curé de Freville cognois et confesse avoir reçu de

Mademoiselle Corneille, ma mere, une douzeine d'assiettes et demie

douzeine de platz, le tout de fin estain; plus trois douzeines de

serviettes dont il en a une douzeine de doubleuvre et deux nappes de

lin et un doublier. Une Casaque de drap noir qui estoit à feu mon

pere, une grande table qui se tire des deux costez et deux formes, une

toile de lit de ces estoffes jaulnes imprimées. Tous lesquels meubles

elle m'a prestés en ma necessité, lorsque j'ay esté demeurer à

Freville et luy promets les restituer ou à elle ou à mes freres,

toutes fois et quantes. Faict ce samedy vingt cinquiesme jour de juin

mil six cens quarante quatre.

_Signé_: F. ANTOINE CORNEILLE, et un paraphe.

IX.--Page XXXVII.

_Nomination de Corneille à la charge de procureur des états de

Normandie._

_Lettre de cachet adressée à l'hôtel de ville de Rouen._

Sa Majesté ayant pour des considerations importantes à son service

destitué par son ordonnance de ce jourd'huy le sieur Bauldry de la

charge de procureur des Estats de Normandie, et estant necessaire de

la remplir de quelque personne capable, et dont la fidelité et

affection sont connues, sadite Majesté a fait choix du sieur de

Corneille, lequel, par l'advis de la Reyne Regente, elle a commis et

commet à ladite charge, au lieu et place dudit sieur Bauldry, pour

doresnavant l'exercer et en faire les fonctions jusques à la tenue des

Estats prochains, et jusques à ce qu'il en soit autrement ordonné par

sadicte Majesté, laquelle mande et ordonne à tous qu'il appartiendra

de reconnoistre ledit sieur de Corneille en ladite qualité de

procureur desdits Estats sans difficulté.

Fait à Rouen, le quinzieme jour de febvrier 1650.

LOUIS.

Et plus bas:

DE LOMENIE.

* * * * *

_Lettre de cachet à Messieurs de la Grand'Chambre. De par le Roy_,

Nos amez et feaux ayant pour des considerations importantes à notre

service destitué le sieur Bauldry de la charge de procureur des Estatz

de Normandie, nous avons en mesme temps commis à icelle le sieur de

Corneille pour l'exercer et en faire les fonctions jusques à ce qu'aux

premiers Estatz il y soit pourveu. Sur quoy nous vous avons bien voulu

faire cette lettre, de l'advis de la Reyne Regente, nostre

tres-honorée dame et mere, pour vous en informer, Et n'estant la

presente pour un autre subjet, nous ne vous la ferons plus longue.

Donné à Rouen, le dix-septieme jour de febvrier 1650.

LOUIS.

Et plus bas:

DE LOMENIE.

(_Archives de l'hôtel de ville de Rouen._)

X.--Page XXXVIII.

_Résignation des fonctions d'avocat du Roi en la Table de marbre._

Du vendredi après midy dix-huitieme jour de mars seize cent cinquante

en l'Escriptoire.

Fut present maistre Pierre Corneille escuyer conseiller du Roi et

antien advocat aux sieges generaux de l'admirauté, eaux et forests de

Normandie, en la table de marbre du Palais à Rouen, y demeurant,

lequel de son bon gré confessa avoir vendu et resigné par ces

presentes à noble homme maistre Alexandre Leprovost sieur de la

Malleterre advocat en parlement de Rouen y demeurant present ce

acceptant en la presence accord et consentement de noble homme maistre

Gabriel Leprovost sieur de la Bardelliere conseiller du Roi au siege

general des dites eaux et forests de Normandie, son père c'est

assavoir: Les dits offices de conseiller et advocat du Roy ancien es

sieges generaux de l'admirauté eaux et forests de Normandie en la dite

table de marbre du Palais à Rouen auxquels il a esté pourvu par lettre

du Roy donnée à Paris le dernier de decembre seize cent vingt-huit et

dernier janvier an suivant, par la resignation que faite en avoit été

à son profit par noble homme maistre Pierre de Mogeres lors titulaire

d'iceux offices, desquels le dit sieur Corneille promet obtenir les

provisions à ses frais et despens savoir du dit office des dites eaux

et forests dans trois mois de ce jour et de celui de l'admirauté six

semaines apres le retour de la Reine Regente en la ville de Paris et

en saisir le dit sieur Leprovost fils pour par le dit se faire

recevoir aux dits offices à ses frais et despens comme il advisera

bien estre et jouir par lui des gaiges du dit office du dit jour et à

l'avenir comme des autres droits fruits profits chauffages revenus et

emolumens y attribués tels et semblablement qu'en ont joui les autres

titulaires des dits offices et le dit sieur Corneille qu'il sera tenu

et obligé faire cesser tout trouble et opposition qui pourroient

arriver à la reception du dit sieur Leprovost par le fait du dit sieur

Corneille seulement auquel il promet aussi mettre es mains les dites

lettres de provision sus datees et autres pieces dont il est saisi

concernant les dits offices lors et au temps de la livraison de la

dite provision. Cette vendue et resignation est faite moyennant la

somme de six mille livres tournois laquelle ils ont convenu ensemble

de la dite somme les dits sieurs Leprovost pere et fils se sont

solidairement et sans division ordre de distribution ni appellation de

garantie en payer au dit sieur Corneille dans le lundi de quasimodo

prochain venant la somme de sept cens livres tournois pour subvenir au

dit sieur Corneille à l'obtention des dites lettres de provision des

dites forests plus la somme de deux mille trois cens livres tournois

lorsque le dit sieur Corneille mettra en leurs mains les dites lettres

de provision des dites eaux et forests et pour les trois mille livres

restant pour et au lieu d'iceux les dits sieur Leprovost père et fils

se sont submis et obligés par ces presentes solidairement comme dit

est en faire payer au dit sieur Corneille en cette ville de Rouen à

leurs despens le nombre de cent quatorze livres cinq sous huit deniers

de rente par an à commencer à courir du jour que le dit sieur

Corneille leur mettra es mains les dites lettres de provision de

l'admirauté et continuer jusques au racquit que les dits sieurs

Leprovost pere et fils chacun et l'un d'eux leurs heritiers pourroit

faire toutefois et quantes qu'il leur plaira en payer au dit sieur

Corneille et ses heritiers la dite somme de trois mille livres en

arrerages prorata et à la seureté du paiement livraison et garantie de

laquelle rente les dits sieurs Leprovost ont obligé par speciale et

principale hypotheque les dits offices ci-dessus vendus gaiges et

droits d'iceux outre la generale obligation de tous leurs autres biens

et heritages presents et à venir sans déroger à aucunes generalités ni

specialités et pour plus grande seureté de garantie de la dite rente

et assurer les dits offices en la famille des dits sieurs Leprovost y

se sont submis et obligés payer chacun an le droit annuel à quoi les

dits offices seront taxés et en fourniront copie des dites lettres au

dit sieur Corneille quinze jours apres l'ouverture du bureau qui sera

establi en cette ville et faute par eux de ce faire le dit sieur

Corneille demeure permis et autorisé payer le dit droit pour en être

remboursé sur les dits sieurs Leprovost, le tout tant et si longtemps

que la dite rente aura cours et que le dit droit aura lieu. Presents

Pierre Crosnier et Nicolas Labé.

_Signé_: CORNEILLE, LEPROVOST, LEPROVOST, CROSNIER, LABÉ,

HOUPVILLE et HELYE.

* * * * *

Du vendredi apres midy dix-huitieme jour de mars, en l'escriptoire à

Rouen, fut present maistre Pierre Corneille escuyer conseiller et

advocat du Roy antien en la table de marbre du Palais à Rouen pour le

siege des eaux et forests demeurant au dit Rouen lequel de son bon gré

a fait et constitué son procureur general et special c'est

assavoir ........ auquel le dit sieur constituant a donné pouvoir et

puissance de pour lui et en son nom resigner et mettre es mains du Roy

notre sire et à monseigneur le chancelier ou autres ayant pouvoir

quant à ce son dit estat et office de conseiller du Roy antien en la

dite salle de marbre du Palais à Rouen pour le siege des eaux et

forests pour et au nom profit et faveur de maistre Alexandre Leprovost

advocat en la Cour et non d'autre et de la dite resignation en

requerir demander et obtenir telles lettres de don, provision et

octroi que besoin sur ce est generalement promettant obliger biens et

heritages. Presens Pierre Crosnier et Nicolas Labé demeurant à Rouen.

_Signé_: CORNEILLE, CROSNIER, LABÉ, HELYE et HOUPVILLE.

* * * * *

Et du dit jour fut present Monsieur Pierre Corneille escuyer

conseiller et ancien advocat du Roy au siege de l'admirauté de France

en la table de marbre du Palais à Rouen lequel de son bon gré a fait

et constitué son procureur general et special, c'est assavoir ....

.... auquel portant la dite presente le dit sieur constituant a

donné pouvoir et puissance de pour lui et en son nom resigner et

remettre es mains du Roy notre sire et de la Reine Regente sa mere

jouissant de l'office de grand maistre chef surintendant general du

commerce et navigation de France ou autres ayant pouvoir le dit estat

et office de conseiller et advocat du Roy antien en la dite admirauté

de France au dit siege de la table de marbre du Palais à Rouen en

faveur toutefois de maistre Alexandre Leprovost avocat en parlement et

non autre consentir toutes lettres de provision estre sur ce expediées

et generalement promettant obliger tous ces biens et heritages.

Presens les dessus dits.

_Signé_: CORNEILLE, CROSNIER, LABÉ, HOUPVILLE et HELYE.

XI.--Page XL.

_Extrait du registre des comptes de la paroisse de Saint-Sauveur de

Rouen pendant les années 1622-1653._

_Gestion de Pierre Corneille père. 1622-1623._

Combpte de la recepte mise et despense que moy Pierre Corneille

cydevant Me des eaux et forestz de la vicomté de Rouen ay eue et

faicte comme tresorier de la paroisse de Saint-Sauveur du dit Rouen,

des rentes et revenus appartenanz à la d. esglize, pour ung an à

Pasques mil six cens vingt deux et finissant à Pasques mil six cens

vingt trois pour estre procedé à l'audition et clausion d'icelluy.

........ Se charge ledit comptable de la somme de dix livres pour une

année escheue au jour de Pasques mil six cens vingt trois de pareille

somme de rente deue à cause d'une fondation faicte en la dicte esglize

par damoiselle Barbe Houel sa mère et par luy par contrat passé devant

les tabellions de Rouen le vingt{me} febvrier mil six cens quatorze.

* * * * *

_Fondation de Pierre Corneille père. 1624-1625._

Reçu ........ du dit Pierre Corneille, la somme de soixante livres, pour

deux années escheuez au dit jour de Pasques VI{c} vingt cinq pour

pareille somme de rente par luy constituée sur tous ses biens et

heritages pour et à cause d'une fondation par luy faite en icelle

esglize à condition de luy faire dire et cellebrer à perpetuité par

son chapelain abbitué en la dite esglize une basse messe le vendredy

de chacune semaine de l'an, à l'heure de huict heures de matin et une

haulte messe de requiem le jour des Trepassés et jour precedent, qui

est le jour de Toussaint, après vespre vigilles des morts de neuf

seaulmes dix neuf lessons et avec sous franges ordinaires pour ce

cy...............................................................LX{l}

* * * * *

_Gestion de Pierre Corneille, le poëte. 1651-1652._

Compte et estat de la recepte mise et despense que Pierre Corneille

Escuyer cy devant advocat de sa Majesté aux sieges generaux de la

table de marbre du palais à Rouen, tresorier en charge de la paroisse

de Saint Sauveur dudit Rouen a faite des rentes revenus et deniers

appartenanz a la dite eglise, et ce pour l'année commençant a Pasques

mil six cens cinquante et un et finissant a pareil jour mil six cens

cinquante et deux par luy presenté à Messieurs les curés et tresoriers

de la dite paroisse à ce que pour sa decharge il soit procedé à

l'examen du dit compte et clausion d'iceluy.

PREMIEREMENT.

Se charge le dit comptable de la somme de cent quarante et neuf livres

six sols neuf deniers par luy receue de Monsieur Pauiot Procureur

general de sa Majesté en sa chambre des Comptes de Normandie et

tresorier precedent...............................CXLIX{l} VI{s} IX{d}

Plus de la somme de trente livres receues de Jaques Basin pour le vin

du bail a luy fait de trois boutiques appartenant audit tresor..XXX{l}

De la somme de six livres receue d'André Brissel pour le vin du bail a

luy fait d'une autre boutique....................................VI{l}

De la somme de trois livres receues de Simon Gosselin pour le vin du

bail a luy fait d'une autre boutique............................III{l}

De la somme de trois livres receue de Marie Regnaut, vefve de Mahon

pour le vin du bail a elle fait d'une autre boutique............III{l}

De la somme de quarante sols receus de Marguerite Lose pour le vin du

bail a elle fait d'une autre boutique............................XL{s}

De la somme de vint sols pour le vin du bail d'une autre boutique fait

à Marie le Lievre................................................XX{s}

De la somme de quatre livres receue de la confrairie de Saint Joseph

en la presente année.............................................IV{l}

De la somme de vint livres receue des heritiers de feu Madame Fumiere

pour deux annees de dix livres de rente par elle leguees par testament

au tresor de la dite Eglise l'une escheue a Pasques precedent et

passee en reprise au compte de M. Pauiot et l'autre escheue a Pasques

de cette presente annee sauf la reprise comme audit compte.......XX{l}

De la somme de cent sept sols donnee par Madame Godin pour

l'occupation d'un banc.....................................V{l} VII{s}

Somme......................................II{c} XXIII{l} XIII{s} X{d}

_Autre chapitre des deniers receus par ledit comptable pour arrerages

des rentes foncieres deues audit tresor._

PREMIEREMENT.

Se charge ledit comptable de la somme de dix sols receus de la vefve

de deffunt sieur de Houppeville apoticaire representant Jean Cavé pour

une année de la rente fonciere quelle doibt audit tresor a cause de sa

maison située en la dite paroisse ou pendoit pour enseigne la couronne

d'or. La dite rente escheue à Pasques mil six cens cinquante et

un................................................................X{s}

De la somme de quarante sols receus de Mr Nalot representant

Guillaume Costil fils au precedent Jean Duchemin pour une annee

escheue a Pasques mil six cens cinquante et un de la rente fonciere

quil doibt à cause dune maison située en la dite paroisse ou pend pour

enseigne le franc Archer.........................................XL{s}

De la somme de quatre livres dix sols receus des heritiers de deffunt

Guillaume Costil pere representant Pierre et Abraham Toustain pour une

année escheue a Pasques mil six cens cinquante et un de la rente

fonciere qu'ils doibvent audit tresor a cause d'une maison située en

la dite paroisse proche le mouton rouge[176]................IV{l} X{s}

[176] En marge: «Nota que ladite rente n'estoit escheue qu'a la

Saint-Michel 1651, et non pas a Pasques; l'erreur a commencé au

compte rendu par Desalleurs en l'année mil six cens trente

quatre.»

De la somme de sept livres dix sols receue de Madame de Rombosc

representant feu M. le President Jubert pour une année escheue a

Pasques mil six cens cinquante et un de la rente fonciere qu'elle

doibt audit tresor pour une maison située en la paroisse Saint

Patrice................................................... VII{l} X{s}

De la somme de quatre sols receue des heritiers de Philippes le

Prevost et Estienne l'Allemand pour une année escheue a Pasques mil

six cens cinquante et un de la rente fonciere qu'ils doibvent audit

tresor a cause d'une maison située en la dite paroisse ou pend pour

enseigne la Licorne..............................................IV{s}

Œuvres de P. Corneille, Tome 01 · 第 6 / 42 段