Les vers

Voici mon très cher ouvrage

etc.

se lisent au verso du titre du tome deuxième.

Contrefaçon des éditions Cazin.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Amsterdam_, 1786, 2 tomes pet.

in-8º.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Amsterdam_, 1792.--2 tomes pet.

in-8º.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _A Amsterdam_, 1793.--2 tomes petit

in-8º.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc. _A Amsterdam, Aux dépens de la Société

Typographique_, 1794, 4 parties en 2 vol. in-18.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc. _Amsterdam_, 1795. 2 tomes pet. in-8º.

_Félicia, ou mes Fredaines avec figures_. _Paris chez les marchands de

nouveautés_, 1795.--4 vol. Pet. in-12 avec les fig. d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Paris, an III_.--(1795) 4 vol. in-18

avec les fig. d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Paris_, 1797.--4 vol. in-18 avec les

fig. d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Paris_, 1798.--4 vol. in-18 avec les

fig. d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Londres_, 1812.--(Bruxelles) 4 vol.

in-18 avec 24 fig. d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., _Londres_, 1834.--(Bruxelles), 4 vol.

in-18 de 162, 179, 198 et 179 pp.

_Félicia, ou mes Fredaines par Andrea de Nerciat_, _Londres_,

1869.--(Bruxelles), Alphonse, Lécrivain et Briard qui imprimait, 4 tomes

en 2 vol. in-12, avec 24 figures, d'après Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc., (s. l.), 1869.--(Bruxelles)

Vital-Puissant (?) 4 vol. in-18; 24 fig. libres d'après celles d'Eisen.

_Félicia, ou mes Fredaines_, etc.--(Bruxelles, Kistemaeckers, 1890), 2

vol. in-16, 4 fig. dans le texte.

_Monrose, ou le libertin par fatalité, suite de Félicia_ [s. l.],

1792.--4 vol. in-18 et parfois in-8º[33].

[33] _The Exquisite_ (voir la note au 1er article de _Félicia_)

renferme au tome III un abrégé de _Monrose_.

_Monrose ou suite de Félicia par le même auteur_ [s. l.] 1795.--4 vol.

in-18 avec 24 gravures libres attribuées par Cohen à Quéverdo.

_Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur_, _à Paris, an V_

(1797).--4 tomes in-12 avec les 24 grav. libres. Le 1er tome ou

_Première Partie_ comprend 1 feuillet préliminaire X-179 pages et 1

feuillet pour la table; la _deuxième partie_ 1 feuillet prél. 202 p. et

1 f. pour la table.

Le titre répété en tête du 1er chapitre de chaque partie porte: _Monrose

ou le libertin par fatalité_.

_Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur_, _Paris, an

huitième_.--vol. in-18 avec les fig. libres.

_Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur_, _à Paris_ chez le

Prieur, libraire quai Voltaire, nº 12 an IX.--4 vol. in-16, 4 fig. non

signées.

_Monrose, ou le libertin par fatalité, par Andrea de Nerciat_,

1792-1871.--(Bruxelles, Lécrivain et Briard, imprimé par Briard) 4 vol.

in-18, avec les grav. copiées sur celles attribuées à Quéverdo.

_Les galanteries du jeune chevalier de Faublas ou les Folies

parisiennes_, par l'auteur de _Félicia_, Paris, 1788.--4 vol. in-12. Le

_Faublas_ de Louvet de Couvray sort manifestement de _Félicia_. Quoi

d'étonnant si Nerciat a voulu revendiquer un peu de cette paternité en

essayant de profiter d'une vogue où il avait part? Les sept premières

parties des _Amours de Faublas_ venaient de paraître en 1787-1788. Je

n'ai point eu entre les mains l'ouvrage de Nerciat, je ne sais donc

point si c'est comme l'insinue Vital-Puissant, une imitation de

l'ouvrage de Louvet, mais c'est peu probable. Nerciat a dû, peut-être

même à l'instigation de son libraire, changer pour celui du chevalier de

Faublas, le nom du héros d'un ouvrage déjà terminé et prêt à être

publié.

_Mon noviciat ou les joies de Lolotte_ [avec épigraphe].

_Pour être heureux, ô Lubriques mortels!

Faut-il, hélas, un trône et des autels!_

_Foutromanie, Chant I_

[s. l.] 1792.--(Berlin), 2 vol. in-18, avec 2 grav. libres[34].

[34] Ce roman a été traduit en allemand:

_Mein Noviziat_ [qui forme le 3e vol.] _III Band des Priapische

Romane Rom. bei Seraph Calszovulva_ 1791-97.--(Berlin).

_Mein Noviziat_, etc.--Réimpression des Priapische Romane faite à

Leipzig vers 1810. Voici le titre complet d'une réimpression faite à

Leipzig vers 1860:

_Priapische Romane III Band Dritte Abtheilung Boston Bei Reginald

Chesterfield_ [avec une vignette représentant deux amours,

remouleurs dont l'un repasse un... tandis que l'autre fait pipi sur

la meule, un deuxième titre porte] _Mein Noviziat III Band Erste

Abtheilung_. [Les autres vol. des _Priapische Romane_ contiennent le

1er une adaptation du _Fanny Hill_ et le 2e une adaptation du

Meursius.] _Mon Noviciat_ a aussi servi, paraît-il, pour deux

ouvrages anglais en lettres; _How to raise love or mutual amatory

secret London 1848_--(Amérique) in-18 fig.

_How to make love, or the Art of making love in more ways than one,

exemplified in a series of most luscious adventures between two

cousins, translated from the french_.--(s. l. n. d.) en 12 f. Il y a

au moins une réédition in-12 récente (vers 1860).

_Mon noviciat, ou les joies de Lolotte par Andrea de Nerciat_,

1792-1864.--Avec l'épigraphe (Bruxelles, 1886, Poulet-Malassis) 2

parties en 2 vol. in-18, 2 f. libres. A la fin du premier vol. on trouve

cette note: «OEuvre d'Andrea de Nerciat avec figures sur acier (même

format et même typographie que _mon Noviciat_). Sous presse, _Le

Doctorat impromptu_, 1 vol. 2 fig. _Les Aphrodites_, 4 vol. 8 fig. En

préparation, _Le Diable au corps_, _Félicia, ou mes Fredaines_, _Monrose

ou suite de Félicia_, etc. Le dernier ouvrage sera précédé d'une notice

sur la vie d'Andrea de Nerciat rédigée sur des documents nouveaux et des

correspondances inachevées de la plus grande curiosité». Cette notice

n'a pas paru. Il y a quelques exemplaires sur Chine avec deux états

(noir et bistre) des figures.

_Mon noviciat ou les joies de Lolotte par Andrea de Nerciat_, _Paris.

Aux dépens de la compagnie_, 1890.--(Sans l'épigraphe, titre en rouge et

noir) 2 tomes en 2 vol. in-8º 174-178 pp. (grav. libres).

_Les Aphrodites ou Fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire

du plaisir_. _Lampsaque_, 1793, 8 part. petit in-8º de 80 pp. 1 planche

chacune. Ces 8 parties se reliaient en 1 ou 2 vol. Les fig. sont libres.

Cohen les attribue à Freudenberg. L'ouvrage est bien imprimé. Jusqu'ici

il n'a été signalé que trois exemplaires de cette édition originale. Le

1er a appartenu à M. Bégis. La 6e figure qui manquait avait été

reproduite de l'original par le procédé Pilinski; le deuxième exemplaire

était complet, il a appartenu à M. Frédéric Henkey, anglais résidant à

Paris; un troisième exemplaire était en Angleterre, il a été vendu à

Paris en 1860. Cette édition aurait été imprimée à l'étranger pendant la

Révolution[35].

[35] _The Exquisite_ (voir la note au 1er article de _Félicia_)

renferme la traduction du 1er numéro des _Aphrodites_.

_Les Aphrodites ou Fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire

du plaisir_. _Réimpression textuelle de l'édition unique et rarissime de

Lampsaque_, 1793. _Bâle, imprimerie de Steuben frères_, 1864.--Avec

l'indication: «tirage: 200 exemplaires numérotés de 1 à 200», et un

_Avis de l'éditeur_ intéressant. 2 vol. in-12 (Bruxelles, Jules Gay,

imprimé par Mertens) avec la reproduction des grav. originales. Ouvrage

recherché. Vital-Puissant, éditeur belge fort médiocre et qui ne vivait

qu'en contrefaisant les éditions de Gay et de Poulet-Malassis, rapporte

dans une note où l'injustice se mêle à des détails sans doute

véridiques: «Cette édition est tellement mauvaise qu'à la suite de

nombreux reproches reçus de quantité d'amateurs à ce sujet, Jules Gay

fut obligé de la jeter en quelque sorte au panier. A cet effet, il

vendit les 80 ou 90 exemplaires qui restaient sur 200 au sieur

Jean-Pierre Blanche, son compatriote, Parisien, réfugié à Bruxelles, où

il avait établi une petite librairie d'occasion en chambre, rue

Saint-Jean. Cette vente fut effectuée au prix de quatre-vingts centimes

l'exemplaire, Jules Gay ayant préalablement enlevé les titres et la

préface de l'ouvrage. Il va sans dire que J.-P. Blanche, l'acquéreur,

s'empressa de faire réimprimer une préface quelconque et les titres

enlevés et qu'ainsi, il parvint peu à peu à écouler entièrement les

exemplaires en sa possession. Nous tenons ces renseignements certains

d'un libraire qui fut témoin oculaire de cette affaire[36]».

[36] _Bibliographie anecdotique et raisonnée de tous les ouvrages

d'Andrea de Nerciat par M. de C... bibliophile anglais, édition

ornée du portrait inédit de Nerciat gravé d'après l'original

appartenant à M. B... de Paris_, _Londres, Job-Alex. Hoogs,

éditeur-libraire Burlington Arcade et se trouve à Paris, à Bruxelles

et à Stuttgart_ 1876. In-8º de 63 pp. et 1 p. de table des matières

tiré paraît-il à 150 exemplaires. Au verso du faux-titre on lit:

_Printed By Edward Cox 314 Old Kest Road_ et à la fin du livre: _Hic

liver impressus est in civitate londoniensi and expesas Vitalis

potentis, belgici civis in urbe Lutetiæ manentis. Anno Domini

MDCCCLXXVI_. En réalité ce livre a été imprimé à Bruxelles pour le

compte de Vital-Puissant qui n'est pas seulement l'éditeur de cet

ouvrage, véritable pamphlet catalogue où il attaque des concurrents

et vante ses produits--mais l'auteur même. Les dernières pages du

livre sont occupées par des notices sur des réimpressions faites

pour le compte de Vital-Puissant. En frontispice, se trouve le

portrait sur chine d'_Andrea de Nerciat d'après la sanguine à M. Br.

de Paris_. Ce portrait imprimé en rouge a été tiré sur la planche

qui a servi pour le même portrait, qui se trouve en tête des _Contes

nouveaux_ d'Andrea de Nerciat, édition de Poulet-Malassis (Voir ce

qui est dit de cet ouvrage). Et sans doute cette _Bibliographie_ de

Vital-Puissant n'est-elle qu'une nouvelle édition augmentée de

l'ouvrage suivant publié par le même Vital-Puissant:

_Eclaircissements historiques sur les Aphrodites et le Diable au

corps du chevalier Andrea de Nerciat et sur leur auteur_, 1871

in-18.

Ces exemplaires sont peut-être ceux qui portent ce titre: _Les

Aphrodites_, etc., _Bruxelles, Schmidt_.

_Les Aphrodites_, etc., _par Andrea de Nerciat_ [avec cette épigraphe].

_Priape, soutiens mon haleine. Piron, ode à Priape_, 1793-1864.--8

numéros en 4 vol. in-18, 8 fig. libres gravées sur acier d'après celles

de l'édition originale, et 1 frontispice de Rops; j'en ai vu un

exemplaire avec 2 frontispices de Rops. (Bruxelles. Auguste

Poulet-Malassis, imprimé par Briard.) A la fin du nº 4, c'est-à-dire du

2e volume on trouve un catalogue annonçant la publication des _OEuvres

complètes d'Andrea de Nerciat avec figures gravées sur acier_. SOUS

PRESSE. _Le Diable au corps_, 4 vol. avec gravures d'après douze beaux

dessins attribués à Monnet, qui ornent un manuscrit de ce livre célèbre

appartenant au duc d'A... Ce manuscrit en 2 volumes in-4º, daté de 1798,

et, par conséquent postérieur d'une dizaine d'années à la date

d'achèvement du livre que Nerciat avait terminé suivant toute

probabilité avant 1788, est conforme, à quelques variantes près, à

l'édition originale de 1803. Les dessins de Monnet présentent cette

particularité que sans souci de l'anachronisme, cet artiste les a

composés avec les costumes et le mobilier du temps où on les lui a

demandés. Les amateurs apprécieront d'autant plus cette particularité

que les gravures de l'édition originale du _Diable au corps_, publiée

après la mort de Nerciat, sont informes, et qu'il n'existe pas de livres

érotiques bien exécutés dont les figures représentent les modes du

Directoire. EN PRÉPARATION. _Le Doctorat impromptu_.--_La matinée

libertine_.--_Félicia ou mes Fredaines_.--_Monrose ou suite de Félicia_,

etc., etc.--Le dernier ouvrage de la série se composera d'une notice sur

la vie d'Andrea de Nerciat rédigée sur des documents entièrement

nouveaux, et de correspondances inédites de Nerciat avec plusieurs

femmes et divers gens de lettres, Beaumarchais, Rétif de la Bretonne,

Grimod de la Reynière, Pelleport (auteur des _Bohémiens_), etc., le

volume sera orné de fac-simile. On fait appel à l'obligeance des curieux

qui connaîtraient des portraits de Nerciat--et qui pourraient ajouter à

l'ensemble déjà extraordinaire de pièces sus-mentionnées». Ce recueil

n'a jamais paru. Il y a quelques exemplaires sur chine avec deux états

(noir et bistre) des figures.

_Les Aphrodites_, etc., _Lampsaque_ 1793.--(Belgique, vers 1872), 2 vol.

in-18, 360-376 pp. précédés d'une notice historico-bibliographique. 8

fig. d'après celles de l'éd. orig. et 2 frontispices de Rops. C'est

probablement une contrefaçon de l'éd. de Poulet-Malassis, contrefaçon

exécutée pour le compte de Vital-Puissant. Il paraît qu'il n'en a été

tiré que 50 exemplaires.

_Le Diable au corps..._ 1798.--Manuscrit en 2 vol. in-4º. Il a appartenu

au duc d'Aumale. On y trouve quelques variantes avec le texte de

l'édition originale (1803). Il contient douze dessins libres attribués à

Monnet. Ce manuscrit et ces dessins ont servi à Poulet-Malassis pour son

édition de 1864 (Voir ce qui est dit à l'article des _Aphrodites_). Je

ne sais où est à présent ce manuscrit. Est-il écrit de la main de

Nerciat? C'est peu probable. Le chevalier, d'après ce qu'il dit dans sa

préface, aurait écrit son ouvrage «bien longtemps avant le lever

éclatant de _Figaro_». _Le Barbier de Séville_ fut joué en 1775 et _le

Mariage de Figaro_ en 1784. Plus loin le chevalier précise en indiquant

que le _Diable au corps_ était écrit avant 1776. Ces éclaircissements,

Nerciat les donne en manière de plainte contre «des imprimeurs français

établis en Allemagne pour y faire une espèce de contrebande littéraire»,

qui avaient publié la première partie du _Diable au corps_ sous ce

titre:

_Les écarts du tempérament ou le catéchisme de Figaro; esquisse

dramatique._

[Avec cette épigraphe:]

_Et flon flon, ture lure, lure

Chacun a son tour et son allure_

_A Londres_ 1785.--In-18º avec 4 grav. libres assez mal faites. Nerciat

dit que c'est «une brochure négligée, pleine d'absurdités,

inintelligible en plusieurs endroits». Il ajoute: «Je ne conçois pas

trop bien quelle avait pu n'être la spéculation des éditeurs, mais il

est clair qu'ils n'ont pas su lire, ou qu'ils se sont fait une tâche de

tout gâter. Pas le moindre écart, pas la moindre addition, le moindre

retranchement qui ne soit un contre-sens, une platitude, ou du moins une

faute contre le goût, sans parler des innombrables difformités purement

typographiques». Quoi qu'il en soit, cette première partie lui fut

dérobée vraisemblablement en 1770 et c'est vers cette époque que Nerciat

termina son ouvrage. Cette édition fautive, mal intitulée, volée à

l'auteur, fut contrefaite dans le pays même où elle avait été publiée,

et Nerciat ne parut pas avoir eu connaissance de cette contrefaçon dont

le titre était modifié. On s'était enfin aperçu que _Figaro_ n'avait pas

affaire dans cette fantaisie:

_Les écarts du libertinage et du tempérament, ou vie licencieuse de la

comtesse de Motte-en-feu, du Vicomte de Molengin, du Valet Pine-fort, de

la Conbanal, d'un âne et de plusieurs autres personnages_, _nouvelle

édition_. _A Conculix, chez l'abbé Boujarron, bon bretteur_,

1793.--in-18 de 132 p. figures.

_Le Diable au corps, oeuvre posthume du très recommandable

Docteur Cazzoné, membre extraordinaire de la joyeuse Faculté

Phallo-coiro-pygo-glottonomique_ 1803.--3 vol. in-8º, 20 figures libres

avant la lettre et encadrées, les figures sont bien exécutées. Il en fut

tiré 500 exemplaires de ce format et 500 exemplaires en format in-18,

mais en 6 volumes et les figures ne sont pas encadrées. Elles portent

sur le titre et avant la date _avec figures_. Quelques exemplaires in-18

présentent encore quelques différences et notamment la date est indiquée

ainsi: _MDCCCIII_. Cette édition avait été préparée par Nerciat, il en

écrivit l'_Avertissement nécessaire_ en 1789. La Révolution dérangea ces

projets et l'ouvrage ne parut qu'en 1803, après la mort de son auteur.

L'imprimeur fut, paraît-il, Frémont, à Mézières (Ardennes). La plus

grande partie de l'édition fut saisie lors de son entrée à Paris, ce qui

explique que les exemplaires en soient si rares. On recherche surtout

les exemplaires in-8º. La Bibliothèque Nationale en possède un. On en a

signalé un autre qui appartenait à M. Frédéric Henkey, bibliophile

établi à Paris, l'un des auteurs, dit-on, du charmant ouvrage libre:

_L'école des biches_, et le même qui possédait un des trois exemplaires

connus de l'éd. orig. des _Aphrodites_. L'exemplaire du _Diable au

corps_ de M. Henkey était parfait et contenait de plus de 20 dessins

exécutés par un artiste inconnu, mais moins beaux que ceux de Monnet. Le

catalogue nº 2 (1909) de la librairie Chrétien offre un exemplaire à

toutes marges dans un état parfait au prix de 700 fr.

_Le Diable au corps_, etc... 1842.--(Allemagne--Stuttgart?) 6 vol. in-32

de XII 208, 204, 188, 194, 259 et 216 pp. avec tirage nouveau des

anciennes planches de l'éd. originale. Mauvaise réimpression.

_Le Diable au corps_, etc., 1864 (Bruxelles, publié par A. Poulet dit

Malassis associé avec A. Lécrivain et Briard qui imprimait) 3 vol. in-12

avec 12 fig. d'après 12 dessins attribués à Monnet faisant partie d'un

manuscrit appartenant au duc d'Aumale et reproduit dans cette édition.

Il présente quelques différences d'avec celle de 1803. Les dessins

représentent les costumes et le mobilier du temps où on les a commandés

(V. plus haut ce qui concerne l'édition Poulet et Malassis des

_Aphrodites_ et les précédents articles sur _Le Diable au corps_). Outre

la reproduction des douze dessins, cette édition contient en outre 4

frontispices par Félicien Rops. Il y aurait eu 5 exemplaires in-4º sur

papier vergé fort de Hollande.

_Le Diable au corps_, etc., _Cazonné_ (_Andrea de Nerciat_), _membre_,

etc., Genève (Bruxelles, Christiaens, vers 1865) 3 vol. petit in-12, 12

planches libres et mauvaises.

_Le Diable au corps_, etc., _Cazonné_ (_Andrea de Nerciat_), _membre_,

etc., Genève 1786.--(Bruxelles, vers 1872) 4 vol. in-18, 32 fig.

gravées.

_Le Diable au corps_, etc., _Cazonné_ (_Andrea de Nerciat_), _Membre_,

etc., Genève 1786.--(1873, contrefaçon allemande ou hollandaise de l'éd.

précédente) 4 vol. avec 36 mauvaises planches souvent coloriées

donnaient des indications erronées relativement à leur placement, 32

fig. dont les contrefaçons lithographiées des figures de l'édition

précédente et 4 qui servent de frontispice sont de mauvaises

_diableries_ exécutées à la détrempe et qui ont déjà servi dans des

albums de charges obscènes.

_Le Diable au corps_, etc., _Mézières chez Frémont imprimeur-libraire_

1813-1876. (Bruxelles, Vital-Puissant). 4 vol. plus 1 vol. contenant la

bibliographie des ouvrages de Nerciat (c'est la _Bibliographie

anecdotique et raisonnée_ qui a été décrite plus haut, en note). En tout

5 vol. petit in-8º contenant 34 grav. sur chine, fac-simile des 20

gravures de l'édition originale, 12 gravures d'après les dessins de

Monnet et double épreuve (1 rouge, 1 noire) du portrait de Nerciat

(c'est celui qui est en tête des _contes nouveaux_, éd. Poulet-Malassis

et que Vital-Puissant avait reproduit en tête de la _Bibliographie

anecdotique et raisonnée_. Voir les articles concernant ces deux

ouvrages.)

_Le Diable au corps_, etc., Cazonné (_Andrea de Nerciat_), membre, etc.,

orné de gravures, Genève 1786.--(Bruxelles, 1890). Le titre est imprimé

en rouge et noir. 4 tomes in-8º en 4 vol. indiqués _tome premier_, etc.,

VIII, 152, 148, 177 et 248 pp. orné de 36 fig. plus 4 frontispices

lithographiés.

_Le Doctorat impromptu_, 1788.--In-32, 120 pages avec 2 jolies gravures

libres. Livre rare. Lemonnyer dit que c'est «un Cazin du meilleur

temps».

_Le Doctorat impromptu_, Londres 1788-1866.--(Bruxelles,

Poulet-Malassis) in-12 IV, 98 pages avec 2 gravures d'après celles de

l'édition originale. Papier vergé.

_Le Doctorat impromptu..._--(Vers 1870) avec les deux gravures. Papier

vélin.

_Le Doctorat impromptu..._--(Bruxelles, Kistemaeckers, 1880), in-16, 2

fig. libres grav. sur acier, texte encadré, tiré à 64 exemplaires.

_Contes saugrenus, Bassora_ [Il y en aurait deux éditions] 1787 [et]

1789.--Lemonnyer doit les confondre ou peut-être en a-t-il vu une, in-8º

de 176 pages avec une fig. libre. L'édition dont il parle ne doit pas

contenir des contes de Nerciat, mais a sans doute paru sous le même

titre que l'ouvrage du chevalier. Peut-être ce recueil est-il de Sylvain

Maréchal à qui on l'a attribué. D'après Lemonnyer, il contient «neuf

contes en prose, assez spirituels, indévots et licencieux», que

Viollet-Leduc trouvait peu piquants: Voici le titre de ces contes:

_L'araignée, ou la boîte en diamant_.--_Le Déluge ou le niveau

Nisach_.--_Rhodope_.--_Le mouvement perpétuel_.--_Druyda, ou la Vertu

des femmes_.--_La Résurrection_.--_Lison et Annette_.--_La Pyramide_,

conte égyptien.--_Rocoschen et Loulou_. Le nombre de ces contes et leurs

titres ne répondent en rien à ceux d'une réimpression qui contient bien

des contes de Nerciat destinés à animer et expliquer les gravures libres

qu'ils accompagnaient. Sans doute Lemonnyer qui dit que «l'attribution

de ces contes à Nerciat est de pure fantaisie» a-t-il eu entre les mains

l'édition de 1787. Ouvrages rares, surtout celui qui contient les contes

de Nerciat.

_Contes polissons_ (contes saugrenus) par Andrea de Nerciat. Ouvrage

orné de 6 jolies illustrations. Paris 1890.--Grand in-8º carré, 88

pages, couverture imprimée. Réimpression conforme comme texte et

gravures à l'édition originale de 1789 (Voir l'article précédent). Ces

contes paraissent bien être de Nerciat, ils ont été écrits d'après les

figures qu'ils accompagnent et ces figures sont fines. On reconnaît

l'auteur de _Félicia_ à de certaines grâces de style qui lui sont

particulières et à d'heureux néologismes. Voici les titres de ces

contes: _Le mouvement de curiosité_.--_Le témoin ridicule_.--_La petite

académicienne_.--_Les amours modernes_.--_Les Violateurs_.--_Les folies

amoureuses_. Cette édition aurait été tirée à 300 exemplaires. Elle a

été imprimée à Paris, rue de Seine, pour le compte d'un libraire, nommé

Dur...e. Elle est bien exécutée. Elle a été publiée, je crois, à 25

francs, mais comme elle ne se vendait pas facilement, ce prix fut porté

dans le catalogue publié par l'éditeur en 1900 à 9 francs. Il ajoute que

«cet ouvrage presqu'inconnu des amateurs, donne une idée bien exacte des

débordements de la haute société du siècle dernier». Ce livre doit

maintenant être devenu rare, cependant les exemplaires sans les gravures

ne se payent pas plus de 6 francs. Les exemplaires avec les gravures ne

se rencontrent pas souvent: 25 francs dans le catalogue Lemallier (avril

1904) qui indique: «La 1re édition de cet ouvrage est introuvable et

même inconnue des bibliographes».

_Contes nouveaux_ [avec l'épigraphe].

_Sine me, liber, ibis in urbem, ovidius_.

_A Liège MDCCLXXXII_.--in-8º ce recueil contient: _Epître dédicatoire au

prince de Ligne_.--_La veillée des Procureurs_.--_Le feu d'hymen_.--_La

rancune posthume_.--_Les amours modernes_.--_Le Superflu du

régime_.--_La Duchesse_.--_Les preuves sans réplique_.--_L'âme en

peine_.--_L'incertitude et la Barbe_.--_L'oracle imaginaire_.--_Le

manchot_.--_Les Bas_.--_Céphise_.--_Le souhait_.--_La femme accomplie_,

etc.

_Contes nouveaux par Andrea de Nerciat précédés d'une notice

bio-bibliographique ornés d'un portrait inédit de l'auteur_.--_Liège

MDCCLXXVII.--MDCCCLXVII_.--(Bruxelles, Poulet-Malassis 1867) in-12 de

VI, 118 pages. La notice est signée: _B.-X_, ce qui signifie Beuchot et

X. Cet X est Poulet-Malassis qui a reproduit la vie de Nerciat par

Beuchot dans la biographie Michaud et y a ajouté quelques renseignements

surtout bibliographiques. Le portrait de Nerciat est _d'après la

sanguine à M. Br. de Paris_. Ce portrait est de pure fantaisie, il a été

exécuté par M. Bracquemond.

_Les conteurs libertins du XVIIIe siècle, recueil publié avec une

préface et des notices bio-bibliographiques par Ad. Van Bever_

(_Deuxième série_). _E. Sansot_ et Cie. _MCMV_.--On a reproduit dans ce

recueil un conte extrait des _Contes nouveaux_: _Le Manchot_, et Van

Bever indique qu'«on trouve deux autres versions fort plaisantes de ce

conte dans les _Anecdotes européennes_, 1785, t. II, p. 46: _Sire

Albonnet_ et p. 276 à _La Comparaison naïve_».

_Dorimon, ou le marquis de Clairville, Comédie, jouée pour la première

fois à Versailles, le 18 décembre 1775, et terminée d'après l'effet de

cette représentation_ [Avec l'épigraphe].

_Forsan miseros meliora sequuntur... Virg._

A Strasbourg de l'imprimerie de Levrault, imprimeur de l'Intendance. Et

se vend chez Gay, Libraire sous les grandes Arcades. M. DCC. LXXVIII.

Avec permission.--in-8º de 96 pages. La dédicace est signée par le

chevalier de Nerciat.

_Les rendez-vous nocturnes_, ou l'aventure comique, comédie-proverbe,

par le chevalier de N...t, Prague, Jean-Ferdinand Le Noble de Schönfeld

1787.--in-8º.

_Les amants singuliers_, ou le mariage par stratagème, comédie-proverbe,

par le chevalier de N...t, Prague, Jean-Ferdinand Le Noble de Schönfeld

1787. in-8º.

_Constance ou l'Heureuse témérité, comédie en trois actes mêlée

d'ariettes, scène et musique de M. le chevalier de Nerciat_. _Cassel, P.

O. Hampe_ 1780.--pet. in-4º de 87 pages.

_Partition de Constance ou l'Heureuse Témérité, Comédie mêlée

d'Ariettes_. _Sujet, Dialogue et Musique de la composition de M. le

Chevalier de Nerciat, édition de 1781. Exemplaire offert à son Altesse

Sérénissime, Monseigneur le duc de Wurtemberg par son très respectueux

serviteur l'auteur_. Manuscrit de 183 pages; il se trouve à la

_Königliche Landesbibliothek_ de Stuttgart (_Cod._ mus. _fol._ 6. 2.

R.). Il n'est pas absolument certain que le manuscrit ait été écrit par

Nerciat lui-même. Il se peut qu'il soit de la main d'un copiste. Les

manuscrits de Nerciat sont très rares, et comme on n'a pas trace des

correspondances signalées par Poulet-Malassis, il serait peut-être

intéressant de comparer l'écriture du manuscrit de Stuttgart avec celle

du manuscrit du _Diable au corps_ datée de 1798 (?) et ayant appartenu

au duc d'Aumale, si toutefois, ce manuscrit existe encore. Si l'écriture

des deux manuscrits était la même, il serait à peu près certain qu'ils

fussent de la main de Nerciat.

M. Jean-Jacques Olivier à la fin de son ouvrage:--_Les comédiens

français dans les cours d'Allemagne au XVIIIe siècle, quatrième

série.--La cour du Landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel,... Paris...,

MCMV_ a donné (paroles et musique) d'après le manuscrit de Stuttgart,

des _Fragments de Constance ou l'heureuse témérité, comédie mêlée

d'Ariettes, sujet, dialogue et musique de la composition de M. le

chevalier de Nerciat_. Ce sont l'ouverture, les deux ariettes et le

quatuor.

_La surprise de l'amour_, ariette avec accompagnement de deux violons,

alto et basse.--Il ne faudrait pas confondre cette ariette de Nerciat

avec la comédie de Marivaux, qui porte le même titre.

_Les Invalides de l'Amour_, ariette.--Le grand dictionnaire Larousse en

cite ces vers:

Amis, il neige sur nos têtes;

À notre âge, plus de conquêtes

Renonçons aux tendres désirs;

Abandonnés d'un dieu volage,

Quittons Cythère avec courage

Et cherchons ailleurs des plaisirs.

Choisissons un bonheur durable;

Jamais ingrat, toujours affable,

Bacchus nous invite à sa cour.

Enrôlons-nous dans sa milice,

Ce dieu reçoit à son service

Les invalides de l'amour.

_Choix de musique dédié S. A. S. Monseigneur le duc des

Deux-Ponts_.--in-4º. La publication de ce recueil a commencé le 15

juillet 1783. Cette année se compose de 10 fascicules numérotés de I à X

comprenant 34 morceaux de musique numérotés de 1 à 34. L'année 1784

comprend les fascicules XI à XXIV comprenant 41 morceaux numérotés de 35

à 75. On y trouve des morceaux de: Adam, Andreozzi, F.-H. Barthelmont,

Beaumesnil, Bianci, Blin de la Codre (2 morceaux), Clémenti, Couperin,

Fr. Devienne, Dezaides (Dezède), J. Fr. Edelman (2 morceaux), Mlle

Edelmann, Adélaïde Eichner, Ch. Gabr. Foignet, Fontaine de Fontenet, Fr.

G. Gossec, Grétry (2 morceaux), A. J. Gros, Jos. Hemerlein, M. George

Karr, Aut. Lachnith l'aîné (2 morceaux), Le noble, Martini, Christ.

Mayer, L. Mayer, Mengozzi, de Nerciat, Nittel, G. Paisiello, M. Piccini

(4 morceaux), Mlle Pouillard, Pouteau, H. J. Rigel (3 morceaux), L'abbé

Rose, Mlle Roy, le baron Sigmund von Rumling (2 morceaux), Sacchini (2

morceaux), Pompéo, Sales, Sivol, J. Fr. Tapray (2 morceaux), Toeschi,

Vogler (3 morceaux), William (2 morceaux) et 6 morceaux anonymes. _La

Romance_ de Nerciat _pour chant et Basse_ se trouve dans le fascicule

_nº XVIII_ (année 1784) elle forme le nº 63 du recueil et comprend 4

pages en 2 feuillets. Au bas de la quatrième page se trouve

l'indication: _Par M. de Nerciat_. Cette _Romance_ est placée à la fin

du fascicule où l'on trouve aussi un _Andante pour clavecin par M.

Edelmann, une Romance chant et Clavecin par M. Blin de la Codre, un

minuetto pour violon et clavecin par M. Tapray_[37].

[37] Il existe aussi plusieurs quatuors pour instruments à cordes,

composés par Andrea de Nerciat.

* * * * *

On a attribué et l'on attribue parfois encore au chevalier de Nerciat

les ouvrages suivants.

_La matinée libertine ou les moments bien employés_, Cythère

1787.--in-18 de 144 pages. Il y a des exemplaires avec 3 gravures en

couleurs et des exemplaires avec 5 figures (un frontispice et les

gravures libres aux pages 37, 42, 94 et 132). Ces dialogues érotiques

sont certainement de Nerciat, cependant comme ils se trouvent sous leur

forme définitive au tome 1er des _OEuvres de la marquise de Palmarèze_,

on les attribue généralement à Mérard de Saint-Just qui a changé les

noms et le titre. Il est aujourd'hui démontré que Mérard de Saint-Just

était un plagiaire. _La matinée libertine_ allongée et devenue _La

petite maison_ se trouve aussi au tome II du _Théâtre Gaillard_ (éd. de

1865).

_La matinée libertine_, etc.--(Bruxelles, 1867) in-16 de 114 pages avec

trois figures libres. Vital-Puissant dit de cette édition dont le titre

reproduit le texte de celui de l'originale: «La réimpression de la

_matinée_ est l'oeuvre de feu Jean-Pierre Blanche (ex-contremaître de la

fabrique de M. Collas de Paris), réfugié français qui avait établi à

Bruxelles une petite librairie d'occasion. L'imprimeur est le sieur J.

Briard».

_La matinée libertine_, etc. [s. d.] _Paris, chez les marchands de

nouveautés_.--(Bruxelles, Brancard, 1883). In-12 de 96 pages. Cette

édition porte en tête: _OEuvres érotiques d'Andrea de Nerciat, La

matinée libertine_, etc.--(Bruxelles, Kistemaeckers), in-32 de 78 pages,

2 fig. libres, édition minuscule tirée à 64 exemplaires, faisant partie

de la collection des: _Documents pour servir à l'histoire de nos

moeurs_.

_L'Odalisque_, ou Histoire des amours de l'Eunuque Zulphicara, ouvrage

traduit du turc par Voltaire. Constantinople, chez Ibrahim Bectas, impr.

du Grand Vizir, 1779, petit in-8º de 85 pages.

Ce petit ouvrage peu intéressant a été attribué à Andrea de Nerciat,

sans doute à cause du titre de la 2e édition (voir plus loin), mais

peut-être en avait-on d'autres preuves, car les biographes n'avaient

point signalé cette édition, ce qu'ils n'eussent point manqué de faire

s'ils l'avaient connue. On sait que Du Croisy (cité par Barbier)

attribue ce roman à Pigeon de Sainte-Paterne, bibliothécaire de l'abbaye

de Saint-Victor. Pour ce qui est du nom de Voltaire mis en tête de cette

production, on n'a pas besoin de montrer qu'il n'y est que par

supercherie. A cet égard, l'_Avis de l'éditeur_ est assez amusant:

«Voltaire a composé cet ouvrage à quatre-vingt-deux ans. Le manuscrit

nous a été remis par son secrétaire intime, ce qui nous autorise à

assurer l'authenticité de ce que nous annonçons. On verra qu'il nous

aurait été facile de faire disparaître quelques expressions

énergiques, mais une froide périphrase n'aurait pas aussi bien rendu

l'expression du personnage. Au surplus nous pensons qu'il nous faut

respecter un grand homme jusque dans les écarts de son imagination».

La spéculation sur le nom de Voltaire paraît avoir réussi, puisque cette

faible élucubration a été plusieurs fois réimprimée. Par bonheur il n'y

a pas d'apparence que quelqu'un s'y soit laissé tromper. «Il est

impossible, dit Monselet dans _Les Galanteries du XVIIIe siècle_, de se

laisser prendre à ce piège vulgaire: l'_Odalisque_ est un récit

absolument dépourvu d'intérêt. Zéni est une petite fille que l'on élève

pour la couche du Sultan; un eunuque nommé Zulphicara, devient amoureux

d'elle; de là, des descriptions de sérail, des scènes de jalousie. Ce

n'est pas autre chose que cela».

Sur la page du titre, au milieu d'un cadre de fleurs et d'oiseaux, un J,

un F et M majuscules sont entrelacés. Ce chiffre nous fait supposer que

l'éditeur de l'_Odalisque_ pourrait bien être Jean-François Mayeur

«assez coutumier de ces indignes supercheries».

Goy n'était pas de cet avis: «Quant à l'opinion de M. Charles Monselet,

écrivait-il dans la 2e édition de sa _Bibliographie_, qui attribue cet

ouvrage à Mayeur de Saint-Paul, elle est peu admissible; car Mayeur en

1779, n'avait que vingt et un ans, et il était bien jeune pour commettre

une telle supercherie». Goy s'est trompé; en 1779 Mayeur écrivait déjà

et collaborait depuis longtemps aux _Mémoires secrets_.

Il n'est pas donc impossible qu'il ait écrit l'_Odalisque_. Au reste, on

sait que les supercheries ne lui déplaisaient point. D'autre part,

Monselet avance seulement que Mayeur pourrait bien être l'éditeur de

l'_Odalisque_.

_L'Odalisque_, ouvrage érotique, lubrique et comique, traduit du

turc, par un membre extraordinaire de la joyeuse faculté

phallo-coïro-pygo-glottonomique à Stamboul, 1787.--In-12. C'est la

deuxième édition, elle parut, paraît-il, en Allemagne. Faisant allusion

à ce titre modifié et copié en partie sur le titre du _Diable au corps_,

Vital-Puissant avance sans élégance: «Nerciat aurait presque levé le

voile qui cachait sa paternité». On pourrait expliquer cela

différemment. Cette seconde édition a sans doute été publiée par les

mêmes imprimeurs qui avaient publié en 1785 la 1re partie du _Diable au

corps_, dérobée à Nerciat. Ils l'avaient intitulée: _Les écarts du

tempérament ou le catéchisme de Figaro_: quoi d'étonnant que continuant

leur contrebande littéraire, ils aient modifié le titre de

l'_Odalisque_, l'amalgamant avec celui du _Diable au corps_ dont ils ne

s'étaient pas servis!

_L'Odalisque, ouvrage traduit du turc par Voltaire, à Constantinople

chez Ibrahim Bectas, imprimeur du grand Vizir, auprès de la Mosquée de

Sainte-Sophie avec privilège de sa Hautesse et du Muphti_, 1796, in-8º

de 75 pages, avec 4 gravures libres aux pages 46, 57, 67 et 74. Sur le

verso du faux-titre on lit: «On trouve des exemplaires de cet ouvrage, à

Paris chez le libraire cour Mandar, nº 9.» Je n'ai pas vu l'édition de

1779 de l'_Odalisque_, mais j'ai un exemplaire de celle-ci entre les

mains. On y remarque sur le titre la vignette avec les J. F. M.

entrelacées qui ont compromis, et peut-être avec raison, Mayeur dans

cette affaire. Mais peut-être ces initiales ne se trouvent-elles pas sur

la première édition, mais seulement sur celle-ci.

_L'Odalisque..._ Constantinople, 1796.--In-32 de 75 pages avec 4

gravures libres.

_L'Odalisque..._ Paris, 1797--In-18 de 108 pages, avec 2 gravures libres

grossièrement exécutées.

La même année, une partie du même ouvrage reparut sous le titre suivant.

_Zulphicara, histoire turque..._ Paris, 1797.--In-18 de 32 pages, avec

des figures libres.

_L'Odalisque_, etc.--(Allemagne vers 1850), cette réimpression reproduit

le titre de la deuxième édition et porte la même date: 1787.

_L'Odalisque..._ (Bruxelles, Poulet-Malassis, 1863), in-18 de 92 pages

avec 4 figures libres gravées sur acier.

_L'Odalisque..._ Constantinople, 1797.--(Bruxelles, vers 1865), in-18 de

80 pages.

_L'Odalisque_ ou Histoire des amours de l'eunuque Zulphicara; ouvrage

traduit du turc par Voltaire, Constantinople, chez Ibrahim Bectas,

imprimeur du grand Vizir, 1796 (Bruxelles 1868), in-18 de 94 pages avec

4 figures libres. Vital-Puissant dit: «Cette édition bien imprimée, sur

papier vergé, a, sur toutes celles qui l'ont précédée, l'avantage d'être

ornée de 4 gravures inédites, qui sont d'un drôlatique plein d'humour.

Elle fut imprimée par le sieur G. Briard à Bruxelles, pour le compte

d'un certain J. F. Deblaesere que l'on a vu exercer quantité de métiers;

il fut, en effet, successivement, soldat, agent de police, bouquiniste,

voyageur de commerce, courtier pour guanos, marchand de tableaux,

directeur de rentes, marchand de légumes, agent d'émigration pour le

Kansas (Amérique), racoleur d'hommes pour les Indes Néerlandaises, et

enfin agent d'affaires quelconques, métier qu'il exerçait encore en l'an

de grâce 1876».

_L'Odalisque_, ou les Mémoires de l'eunuque Zulphicara. Pièce libre

attribuée à Voltaire (Bruxelles). Brochure in-12, avec 4 gravures

libres.

_Le Vademecum des f...eurs_, par le Docteur Cazonné, membre de

l'Académie Lampsaque, au temple de Priape, 1775, in-12 ou in-8º de 36

pages avec un frontispice libre. Ce petit ouvrage en vers est attribué à

Nerciat par Vital-Puissant qui mentionne aussi une autre édition in-32

ou in-64 qu'on lui avait signalée, mais qu'il n'a point vue.

_Le Vademecum_, etc.--(Bruxelles, Vital-Puissant, 1871), in-18 avec un

frontispice d'après celui de la 1re édition, tiré à 150 exemplaires.

_L'urne de Zoroastre ou la clef de la science des mages..._--in-8º. Cet

ouvrage qui n'est pas mentionné par les bibliographies est attribué à

Nerciat par la _Biographie Didot_. On le trouve une fois, mentionné dans

un catalogue belge, mais il n'est accompagné d'aucune description. En

somme, c'est un livre inconnu. Vital-Puissant dit dans son jargon:

«Est-ce une pièce de théâtre? Est-ce un roman? Aucune bibliographie ne

l'indique. Ce livre presqu'inconnu doit être très rare. Peut-être est-il

une satire sur Mesmer ou Cagliostro, très célèbres à l'époque de

Nerciat, par leur charlatanisme et leurs découvertes prétendûment

scientifiques».

* * * * *

On a en outre attribué à Nerciat des ouvrages dont manifestement il

n'est point l'auteur.

_L'Etourdi_, roman. Lampsaque 1784. Réimprimé depuis et qui a été

attribué, faussement aussi d'ailleurs, au marquis de Sade. Peut-être

est-il du chevalier de Neufville-Montador qui, alors, serait aussi

l'auteur de:

_L'Almanach de nuit_, à l'instar de celui de la marquise D. N. N. C.

contenant des anecdotes nocturnes... Aux Etoiles, chez Vesper, rue du

Croissant, à la Lune.--Nerciat n'est certainement pas l'auteur, et celui

de l'_Etourdi_ dit dans ce roman avoir publié un petit livre qu'on ne

trouve nulle part: _L'Almanach de nuit_, année 1776.

L'oeuvre du chevalier Andrea de Nerciat (1/2) · 第 13 / 74 题