La bague de foy

Chapitre .xiiii.

Continuons es pompes que je forge

Parons ma dame d’une bague tresdigne

Qui luy pendra au col & a la gorge

Vaulant dix mille de ducas que l’on forge

D’ung dyament des meilleurs qui se fine

Qui soit naïf & de la bonne myne

Taillez a face par si bonne maniere

Qu’on ne sache laquelle est la premiere

Le dyamant naïf par sa bonté

On ne le peult ne rompre n’amenrir

Le dyamant a de proprieté

Que qui le porte c’est comme une seurté

Et ne peult on le froisser ne perir

On ne le peult trop vaillant acquerir

Heraulx le prisent blasonnant les escus

Sur les couleurs ses metaulx & vertus

Les lapidaires en riches pierreries

Du dyamant font grant pris & estime

Si ne seront ses grans valeurs peries

Par mes escriptz mais plusfort anoblies

Comme pierre de vertu noble & digne

Sus les vertus je luy donne & assigne

Pour mieulx parer la princesse de moy

Se noble tiltre que l’on appelle foy

Foy est l’ensegne la guide & le chemin

Pour parvenir en la gloire parfaicte

Sans foy ne peult errer le pelerin

Pour parvenir au port de bonne fin

Sans ferme foy toute oeuvre est imparfaicte

Foy est de croire Marie pure & nette

Que l’escripture appelle toute belle

Que Dieu conceupt & l’enfanta pucelle

Foy est de croire la saincte trinité

Trois personnes ou n’a division

Dieu le pere est la sourse de bonté

Le filz piteulx qui nous a racheté

Soy faisant homme pour souffrir passion

Sainct esprit c’est paix & union

Qui l’homme a Dieu tient en begnivolence

Et sont ces troys ung Dieu & une essence

Grant foy devons ou digne sacrement

Que nous voyons entre les mains du prestre

Quant par vertu du sainct consacrement

Dieu seuffre a luy joindre pain de froment

Ou il se donne pour ses enfans repaistre

En ceste foy devons mourir & estre

Foy est l’espoir qui nous delivre & donne

Pour parvenir la ou la fin couronne

La foy devons a nostre mere l’eglise

Et obeir a ses commandemens

Au Pape croire qui sur nous a maistrise

Foy maintenir la ou foy est promise

Foy est l’escolle de vrays enseignemens

Foy est le lustre de tous les paremens

Cela gardez madame redoubtee

Vous en serez en triumphe augmentee

Le dyamant qui est dur non comparable

Nous demonstre la foy pour estre telle

Qu’elle ne soit ployant ne corrumpable

Mais toute ferme sans estre variable

Et fust pour perdre ceste vie mortelle

Car qui en foy se fourvoye & chancelle

D’estre perdu la se monstre le signe

S’il n’a secours de la grace divine

Le parement et triumphe des dames · 第 34 / 63 题