Chapitre .iiii.
Or avons nous/ piedz & jambes parees
Mais il convient avoir l’oeil & regart
Que les chausses qui sont si bien tirees
Soyent tenues gentement & gardees
De jarretiers par façon & par art
Que la chausse demeure de sa part
Ferme en la jambe sans tumber ou desmettre
Sans jarretier ne peult une dame estre
Le jarretier se fait communement
Du propre drap couvrant la jambe nue
Le jarretier lye estroictement
La chausse va si bien & proprement
Qu’elle ne bouge ne descend ou remue
Le jarretier c’est chose de value
Et si honneste que homme n’y doit main mettre
S’il n’a cest eur d’estre seigneur ou maistre
Qui met la main jusque a la jarretiere
Il pretendra de plus hault advenir
C’est des habitz une chose plus chiere
Gardez la bien de fait & de maniere
Sans grant dangier nul ne la doit tenir
Pour vostre habit mieulx parer & fournir
A quel vertu se doit ce jarretier
A comparer tant qu’il demeure entier
Le jarretier se doit nommer & dire
Ferme propos en bien: sans contrefaire
Ferme propos ne se pourroit desdire
Desir de bien est celuy qui attire
Toutes vertus ensemble paire a paire
Ferme propos est au vice contraire
C’est le lyen dont vertus sont lyees
Pour les garder sans estre deslyees
Comme se tire le jarretier souvent
Du mesme drap dont la chausse est taillee
Ferme propos nous procede & descent
D’autres vertus/ Ovide s’i consent
Qui des vices fait depart & meslee
Perseverance est par ce point lyé
Par double neu/ & qui ce point bien gouste
Le jarretier vault beaucoup & sans doubte
Ferme propos bon vouloir poursuivons
Mettant arriere varieté de cueur
De ces vertus pour pompes nous parons
Et corps & ame nous en esjouirons
Dieu des biensfaitz est remunerateur
D’ung noble cueur plaisir est conducteur
Quant de vertu se vont acompagner
Et ne vouldroit plus riche don gaigner