[1: Fragment d'une lettre de M. Fouché à l'Empereur, le 21 mars.]
[2: Jeu d'enfant qui consiste à changer continuellement de place et à
tâcher de prendre celle de son voisin.]
[3: On m'a assuré depuis, que M. Réal l'avait fait prévenir par Madame
Lacuée, sa fille, que l'Empereur savait tout.]
[4: La plupart des députés n'étaient point encore nommés; mais il
m'était bien permis d'anticiper sur les événemens.]
[5: Lorsque le duc d'Otrante devint ministre du Roi, et fut chargé de
dresser les listes de proscription, je voulus savoir à quoi m'en tenir
sur les effets de son ressentiment et je lui écrivis pour sonder ses
dispositions. Il me fit appeler, m'accueillit avec beaucoup de bonté, et
m'assura de sa protection et de son amitié: «Vous faisiez votre devoir,
me dit-il, et je faisais aussi le mien. J'avais prévu que Bonaparte ne
pourrait point se soutenir. C'était un grand homme, mais il était devenu
fou. J'ai dû faire ce que j'ai fait, et préférer le bien de la France à
toute autre considération.»
Le duc d'Otrante se conduisit avec la même générosité vis-à-vis de la
plupart des personnes dont il avait eu à se plaindre; et s'il fut forcé
d'en comprendre quelques-unes au nombre des proscrits, il eut du moins
le mérite de leur faciliter par des avis, par des passeports, souvent
par des prêts d'argent, les moyens d'échapper à la mort ou aux fers qui
leur étaient réservés.]
[6: Ce préambule, qui tua l'acte additionnel, est, je crois, l'ouvrage
de M. Benjamin Constant.]
[7: Ce tableau et celui dont il est question art. 33, n'étant d'aucune
importance, n'ont point été joints ici.]
[8: Malgré la charte et les lois rendues chaque jour, on est encore
obligé de revenir journellement aux règles établies par l'ancienne
législation du sénat.]
[9: Paroles bien connues des Cortès d'Aragon aux rois d'Espagne lors de
leur couronnement.]
[10: L'Empereur avait ordonné de brûler cette proclamation; mais je la
trouvai si belle, que je crus devoir la conserver. Au moment du départ
de Napoléon pour l'armée, je n'étais point à Paris; un premier commis du
cabinet, M. Rathery, l'ayant trouvée dans mes cartons, eut le courage de
la jeter au feu.]
[11: Je parle en général; je sais qu'il est des départemens où les
colléges électoraux, par des causes différentes, ne furent composés que
d'un petit nombre d'individus.]
[12: Voici sur le jeune Napoléon une anecdote que je n'ai lue nulle
part. Lorsqu'il vint au monde, on le crut mort: il était sans chaleur,
sans mouvemens, sans respiration. M. Dubois (accoucheur de
l'Impératrice) faisait des efforts multipliés pour le rappeler à la vie,
lorsque partirent successivement les 100 coups de canon destinés à
célébrer sa naissance; la commotion et l'ébranlement qu'ils
occasionnèrent, agirent si fortement sur les organes du royal enfant,
qu'il reprit ses sens.]
[13: L'Empereur Alexandre, lors de l'événement de Fontainebleau, avait
garanti au duc de Vicence, pour Napoléon, la possession de l'île d'Elbe.
M. de Talleyrand et les ministres étrangers lui remontrèrent vivement
les dangers de laisser l'Empereur sur un point aussi rapproché de la
France et de l'Italie, et le conjurèrent de ne point s'opposer à ce
qu'on le forçât de choisir une autre retraite. Alexandre, fidèle à ses
engagemens ne voulut point y consentir. Lorsque l'Empereur reparut,
Alexandre se fit un point d'honneur de réparer la noble faute qu'il
avait commise, et devint plutôt par devoir que par animosité, l'ennemi
le plus acharné de Napoléon et de la France.]
[14: Il avait, en Allemagne et en Angleterre, des agens qui
l'instruisaient avec une exactitude parfaite de tout ce qui s'y passait;
il est vrai que ces agens lui faisaient acheter chèrement leurs
services. Il avait notamment à Londres deux personnes qui lui coûtaient
2000 guinées par mois. «Si mes Allemands, dit-il à ce sujet, étaient
aussi chers, il faudrait y renoncer.»]
[15: Foyer ordinaire de la rébellion.]
[16: Les secours si pompeusement annoncés par les émissaires royalistes
se réduisirent à 2,400 fusils et à quelques barils de poudre. Les chefs
de l'insurrection, trompés dans leur attente, reprochèrent amèrement à
M. de la Roche-Jaquelin de les avoir abusés et compromis par de fausses
promesses.]
[17: L'Empereur avait destiné ce commandement en chef au duc de Rovigo,
ou au général Corbineau; mais il prévit qu'on serait peut-être obligé
d'en venir à des mesures de rigueur; et il ne voulut point qu'elles
fussent dirigées par un officier attaché à sa personne.]
[18: L'Empereur considéra cette mesure rigoureuse comme une juste
représaille des moyens employés par les chefs Vendéens pour recruter
leur armée. Voici ces moyens.
Lorsque les familles qui règnent dans la Vendée, ont résolu la guerre,
elles envoient l'ordre à leurs agens de parcourir les campagnes pour
prêcher la révolte et pour indiquer à chaque paroisse le nombre d'hommes
qu'elle doit fournir. Les chefs d'insurrection de chaque paroisse
désignent alors les paysans qui doivent partir, et leur enjoignent de se
rendre tel jour, à telle heure, au lieu fixé pour le rassemblement.
S'ils y manquent, on les envoye chercher par des bandes armées,
composées ordinairement des hommes les plus redoutés dans le pays; s'ils
résistent, on les menace de les fusiller ou d'incendier leurs maisons;
et comme cette menace n'est jamais vaine, les malheureux paysans
obéissent et partent.
On a prétendu que l'Empereur avait donné l'ordre de mettre à prix la
tête des chefs des insurgés; les instructions données au ministre de la
guerre ont été transcrites par moi, et je ne me rappelle nullement qu'il
y fût question d'un ordre semblable.]
[19: 14,000,000 francs avaient été affectés à la reconstruction des
maisons incendiées.]
[20: Elles annonçaient et promettaient aux Napolitains le rétablissement
sur le trône de Ferdinand leur ancien roi.]
[21: Les départemens du Centre et de l'Est se distinguèrent
particulièrement. Un grand nombre de leurs habitans donnèrent des sommes
considérables, et firent équiper, à leurs frais, des compagnies, des
bataillons, des régimens entiers de partisans ou de gardes nationaux.
À Paris, un seul citoyen, M. Delorme, propriétaire du beau passage du
même nom, offrit à la patrie cent mille francs.
Un autre fit remettre à l'Empereur, le jour de la revue de la garde
nationale, un rouleau de papier attaché avec un ruban de la légion
d'honneur. On l'ouvrit; il renfermait vingt-cinq mille francs, en
billets de banque, avec ces mots: _à Napoléon, à la patrie_. L'Empereur
voulut connaître l'auteur de cette mystérieuse et délicate offrande; et
il parvint à savoir qu'elle était due à M. Gevaudan, dont plusieurs
actions semblables lui avaient déjà révélé les nobles sentimens et le
patriotisme.]
[22:
Votes. Affirmatifs....... 1,288,357
Négatifs.......... 4,207
Armées. Affirmatifs....... 222,000
Négatifs.......... 320
Marine. Affirmatifs....... 22,000
Négatifs.......... 275
31 départemens n'envoyèrent point à tems leurs registres. Un grand
nombre de soldats, ne sachant pas signer, ne votèrent point; et les
registres de 14 régimens ne parvinrent qu'après le recensement des
votes.]
[23: Montesquieu. Grandeur et Décadence des Romains.]
[24: Jour de l'apparition de l'Acte du Congrès.]
[25: À l'époque de la discussion de l'acte additionnel, M. de Bassano,
causant avec l'Empereur, de la chambre des députés, lui dit, que le
mutisme du corps législatif était une des choses qui avait le plus
contribué à décréditer le gouvernement impérial: «Mon corps législatif
muet lui répondit, en riant, Napoléon, «n'a jamais été bien senti.
C'était un grand jury législatif. Si l'on trouve bon que douze jurés
prononcent par oui, ou par non, sur la vie et l'honneur de leurs
concitoyens, pourquoi trouver étrange ou tyrannique que 500 jurés,
choisis parmi l'élite de la nation, prononcent de la même manière sur
nos simples intérêts sociaux?»]
[26: Il avait épousé une demoiselle Beauharnais, si célèbre depuis par
son généreux dévouement.]
[27: Ce fut le duc de Vicence qui, le premier, conçut l'idée de conférer
la pairie à de grands propriétaires et à des négocians renommés. Il
n'était point d'avis que la pairie devînt héréditaire, et que le choix
des pairs fût exclusivement laissé à la couronne. Il aurait désiré que
les grands propriétaires, les manufacturiers, les négocians du premier
ordre, les hommes de lettres, les publicistes, les jurisconsultes qui se
seraient fait un grand nom, fussent admis à proposer une liste de
candidats, parmi lesquels l'Empereur aurait été libre de choisir un
certain nombre de pairs.]
[28: Lucien Bonaparte n'avait point été reconnu prince de la famille
impériale par les anciens statuts. Il pouvait en conséquence être
considéré comme ne faisant pas partie de droit de la chambre des pairs.]
[29: Cette opinion n'empêchait point l'Empereur de rendre justice au
courage et au patriotisme que M. Lanjuinais avait montrés dans des
circonstances difficiles.]
[30: Avocat célèbre, défenseur du maréchal Ney et des trois généreux
libérateurs de M. de Lavalette, Wilson, Bruce, et Hutchinson.]
[31: Depuis ministre des finances du Roi.]
[32: MM. Dupin et Roi qui lui paraissaient les chefs du parti de
l'insurrection.]
[33: Elle fut attaquée et prise, le 30 Avril, près l'île d'Ischia.]
[34: Félix Lepelletier.]
[35: Le duc d'Otrante excellait dans l'art de contourner les faits à sa
guise. Il les aggravait, ou les atténuait, avec tant de talent, les
groupait avec tant d'adresse, en déduisait les conséquences avec tant de
naturel, qu'il parvenait souvent à fasciner Napoléon. Pour le tromper et
le séduire plus sûrement, il l'accablait, dans ses rapports, de
protestations d'attachement, de fidélité; et il avait soin de se ménager
l'occasion d'y ajouter des apostilles de sa main, dans lesquelles il
faisait valoir et briller adroitement son dévouement, son discernement
et son activité. Généralement tous ses rapports étaient marqués au même
coin: beaucoup d'astuce, beaucoup de talent; ils offraient à l'oeil le
rare et précieux assemblage de l'esprit et de la raison, de la
modération et de la fermeté; on y reconnaissait à chaque mot
l'administrateur habile, le profond politique, l'homme d'état consommé;
en un mot, rien n'aurait manqué à M. Fouché, pour être placé au rang des
grands ministres, s'il eût été ce que j'appelerai un ministre honnête
homme.]
[36: Le 5e corps devint l'_armée du Rhin_, et le 6e qui d'abord n'était
qu'un corps de réserve, prit sa place sans changer de numéro.]
[37: L'ascendant qu'il exerçait sur l'esprit et le courage des soldats
était vraiment incompréhensible. Un mot, un geste suffisait pour les
enthousiasmer et leur faire affronter avec une aveugle joie les plus
effroyables dangers. Ordonnait-il mal à propos de se porter sur tel
point, d'attaquer tel autre: l'inconséquence ou la témérité de cette
manoeuvre frappait d'abord le bon sens des soldats; mais ils pensaient
ensuite que leur général n'aurait point donné un pareil ordre sans motif
et ne les aurait point exposés impunément. «Il sait bien ce qu'il fait,
disaient ils;» et ils s'élançaient à la mort aux cris de _Vive
l'Empereur!_]
[38: Ces agens soudoyés par le Roi, allaient et revenaient de Gand à
Paris et de Paris à Gand. M. le duc d'Otrante qui sans doute avait de
bonnes raisons pour les connaître, offrit à l'Empereur de lui procurer
des nouvelles de ce qui se passait au-delà des frontières; et ce fut par
eux que l'Empereur connut en grande partie la position des armées
ennemies. Ainsi M. le duc d'Otrante, si l'on en croit les apparences,
livrait d'une main à l'ennemi le secret de la France, et livrait de
l'autre à Napoléon le secret des étrangers et des Bourbons.]
[39: L'Empereur, avant de quitter Paris, avait conçu le projet de rendre
les plaines de Fleurus témoins de nouveaux combats. Il avait fait
appeler le maréchal Jourdan, et en avait tiré une foule de renseignemens
stratégiques très-importans.]
[40: Le duc de Trévise, à qui Napoléon avait confié le commandement de
la jeune garde, fut atteint, à Beaumont, d'une sciatique qui le força de
se mettre au lit.]
[41: GAUCHE,
_Sous le maréchal Ney._
1er Corps.
Infanterie. 16,500
Cavalerie. 1,500
2e Corps.
Infanterie. 21,000
Cavalerie. 1,500
Cavalerie Desnouettes. 2,100
Cuirassiers Kellerman. 2,600
------
45,200