«MONSIEUR,
«En recevant votre lettre, j'éprouvais d'abord la crainte de ne pouvoir
répondre à votre désir; car les archives du secrétariat de l'évêché de
Troyes ne remontent pas au-delà de 1802. Mais bientôt je me rappelai
qu'à l'époque de 1793, quelques actes épiscopaux avaient été transférés
à la Préfecture. Je m'empressai donc d'écrire à M. le préfet, pour le
prier d'ordonner des recherches _depuis_ 1712 _jusqu'à_ 1737. Elles
furent couronnées d'un plein succès. Elles fournirent même des
renseignements imprévus. C'est avec un vif plaisir que je vous transmets
l'extrait de ces documents, destinés a éclaircir, tout à la fois, une
partie de la vie d'un homme justement illustre, et à donner toute la
certitude désirable à un fragment de son histoire.
«Je dois les extraits ci-joints à l'obligeance de M. Ph. Guignard,
archiviste de l'Aube. Ce jeune homme, aussi distingué par sa science que
par sa piété, me demande, pour échange de son travail, un exemplaire de
la notice que vous préparez sur l'abbé de l'Épée. Il vous prévient que,
dans le cas où vous ne relateriez pas ces documents à la suite de votre
ouvrage, il se propose de faire imprimer tout au long ces fragments
précieux pour le nom de l'homme qu'ils concernent, dans la _Bibliothèque
de l'école des chartes_.
«Si je ne craignais d'être indiscret, je vous prierais de m'adresser
également un autre exemplaire de votre notice, que je conserverais avec
soin dans mes archives.
«Agréez l'assurance des sentiments respectueux avec lesquels je suis,
etc.»