LES ÉTRENNES DES ORPHELINS

I

La chambre est pleine d'ombre. On entend vaguement

De deux enfants le triste et doux chuchotement.

Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,

Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève.

Au dehors, les oiseaux se rapprochent, frileux;

Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux.

Et la nouvelle année, à la suite brumeuse,

Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,

Sourit avec des pleurs et chante en grelottant.

Oeuvres de Arthur Rimbaud: Vers et proses Revues sur les manuscrits originaux et les premières éditions mises en ordre et annotées par Paterne Berrichon; poèmes retrouvés · 第 168 / 220 题