_Les premières de ces pièces ont été écrites à coups de lectures--nous
dirions: prématurées, si le cas de Rimbaud n'était si prodigieux de
précocité--sur les bancs du collège de Charleville; et, malgré çà
et là de beaux vers d'une saveur très particulière, elles marquent
vraiment trop d'influences étrangères. Les autres, faites au cours de
premières fugues et laissées en province, chez différentes personnes,
furent répudiées par l'auteur en une lettre datée du 10 juin 1871, où,
textuellement, il mande à son correspondant: «Brûlez, je le veux, et
je crois que vous respecterez ma volonté comme celle d'un mort, tous
les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mes séjours à
Douai.» Ce n'est donc pas tout à fait arbitrairement qu'elles sont
rejetées en appendice._
_La prose_ CHARLES D'ORLÉANS À LOUIS XI, «_discours français donné
en classe», a paru pour la première fois en novembre 1891, quelques
jours après la mort de Rimbaud, dans une revue scientifique intitulée
l'_Evolution. _Collationnée sur le manuscrit qu'en possède M. H.
Saffrey, il nous a semblé que cette prose devait figurer en tête de ce
recueil._
_On sait que_ LES ÉTRENNES DES ORPHELINS, _premiers vers français
connus du poète--il venait d'avoir quinze ans lorsqu'il les
composa,--furent adressés par lui à_ la Revue pour tous, _qui les
publia en janvier 1870. Toutes les autres poésies qu'on va lire ont
été, sauf la dernière, imprimées en premier lieu dans le fâcheux volume
du_ Reliquaire.
L'HOMME JUSTE, _manuscrit incomplet de la collection Barthou, est ici
publié pour la première fois. D'après une indication numérique écrite
de la main de Rimbaud, il y manquerait les trente premiers vers; et
c'est pour cela que nous avons cru ne pas devoir lui faire prendre
place à côté des_ Premières Communions, _dont il est contemporain.
Peut-être, à la réflexion, ce poème n'est-il autre que les_ Veilleurs,
_tant admirés par Verlaine dans_ les Poètes maudits: _Rimbaud changeait
volontiers le titre de ses poésies._